Pennyworth, Saison 1, 2019, 10 épisodes de 55 minutes
Pennyworth conte la jeunesse d'Alfred Pennyworth, futur majordome de Batman, dans un Londres des années 60 où il revient après avoir passé dix ans dans le SAS, les forces spéciales britanniques, et cherche à s'établir comme conseiller en sécurité.
Le seul défaut de la série est peut-être dans ce résumé : la série semble liée à l'univers Batman, ce qui pourra rebuter plus d'une personne. Ce serait une erreur. Il n'est pas nécessaire de connaitre ou aimer l'univers Batman pour apprécier Pennyworth, tant les liens entre les deux sont ténus - deux/trois noms de personnages en fait, et c'est à peu près tout. Mieux : ne rien savoir de la mythologie batmanienne enlèverait une certaine inéluctabilité planant sur quelques personnages, et rendrait donc la série encore meilleure.
Voilà pour le défaut de la série, ne pas être pleinement indépendante. Reste le plus important : des qualités innombrables. Pennyworth est une sorte de "roman noir" prenant place dans une ambiance assez sombre. Pourtant, la série reste visuellement très lisible, n'abusant pas des habituelles - et inregardables - scènes dans la pénombre. Une série claire dans tous les sens du terme, tant dans le visuel que dans la compréhension de l'intrigue. Et pourtant une aura sombre plane bel et bien sur la série, un joli tour de force de la part des réalisateurs.
Ce côté sombre se retrouve dans quelques passages sensiblement violents, dans les actes et dans quelques visuels, mais cela reste en quantité raisonnable. Surtout, c'est compensé par d'autres moments bien plus sympathiques et agréables, dans un parfait équilibre. L'équilibre, c'est aussi le mot d'ordre de l'histoire, très bien construite et rythmée, aux rebonds réguliers, qui se déroule tout au long des 10 épisodes. Et si la fin laisse facilement de la place pour une saison 2 - quelle joie ! - l'arc ouvert dans cette saison 1 se clôt globalement au terme du dernier épisode - un peu à la manière des saisons de Peaky Blinders, série avec qui Pennyworth partage plus d'une qualité commune et dont les fans de l'une pourraient bien apprécier l'autre.
Une de ces qualités communes se retrouve d'ailleurs dans les personnages, en nombre restreint, bien caractérisés et agréablement interprétés. Jack Bannon en tête dans une excellente incarnation d'Alfred, bien plus profond et nuancé que ce que sa délicieuse morgue peut laisser imaginer.
Pennyworth est une excellente série, que cela soit au niveau de la réalisation et de l'ambiance, patinées mais résolument modernes en même temps, que des personnages ou de l'histoire. Même le générique est top. Une très bonne surprise pour cette série injustement passée sous la plupart des radars. À découvrir.





