jeudi 3 septembre 2026

Bulles de feu #89 - Août 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Écoute, jolie Márcia - Marcello Quintanilha

Une plongée dans les favelas, dure par son contexte et son intrigue mais lumineuse par son personnage principal.


Loin - Alicia Jaraba

Une bonne BD sur la peur de l'inconnu, intelligente dans son déroulé et crédible dans ses problématiques.


Ajin T.15-17/17 - Gamon Sakurai

Une vraie bonne fin de série, toujours aussi dynamique et essoufflant, satisfaisant à l'image de la série dans son ensemble.


Kagurabachi T.7-8/? - Hokazono Takeru

C'est vraiment très solide, il y a la sensation que tout est bien préparé et anticipé, que ce ne sont pas juste des péripéties improvisées au fur et à mesure.


Silent Jenny - Mathieu Bablet

Un ouvrage massif mais limpide à lire. Du post-apo bien pensé et avec quelques bonnes trouvailles. Ça manque d'un petit truc qui me fasse vibrer mais c'est bien fait et plus digeste que d'autres oeuvres de l'auteur.
Très bien


Lyndon - Irene Marchesini et Carlotta Dicataldo

Une très sympathique BD, mignonnette, sur l'acceptation du passé et la reconstruction. Ça m'a fait penser, graphiquement et thématiquement, à Minuit passé mais avec un peu plus d'intrigue. Rien de révolutionnaire mais c'est bien fait et ça dégage quelque chose.


Akari - Marco Kohinata

Un très beau manga sur un artisan vitrailliste veuf et sa petite-fille. Assez minimaliste mais très tendre et touchant.

vendredi 28 août 2026

Lou Jan - Un corps d'avance

Un corps d'avance, Lou Jan, 2025, 206 pages

Un traitement anti-vieillissement offre désormais à tous les individus un corps avec l'apparence et les fonctionnalités d'un adulte d'une vingtaine d'années. Cela va même plus loin puisqu'il permet de vivre 750 ans. À une condition : effectuer un reset tous les 75 ans et repartir de zéro dans un nouveau pays. C'est ce que s'apprête à vivre Jinseï, qui prend la direction de la France pour sa "deuxième vie".

Malgré son pitch, Un corps d'avance n'est pas vraiment un roman sur la beauté et les apparences. C'est un récit qui parle surtout d'histoires de coeur. Il faut dire que les personnages n'ont pas grand chose d'autre à se soucier dans un monde où tous les problèmes matériels et physiques semblent avoir été résolus. Des histoires de coeur donc, entrecoupées d'étranges interludes moyenâgeux, en écho à l'obsession acquise par Jinseï et d'autres après leurs resets. Il faudra un peu plus de la moitié du roman pour comprendre l'intrigue sous-jacente à tout cela et en quelque sorte le véritable but du récit.

Un corps d'avance a le mérite d'avoir une idée et d'essayer quelque chose. Mais si j'arrive à voir le projet, je n'ai jamais réussi à entrer pleinement dedans. J'avais plutôt envie de suivre Jinseï dans les premiers chapitres mais je m'en suis éloigné peu à peu devant la vanité de son existence. Et je n'ai jamais réussi à regagner cet intérêt, l'intrigue perdant en palpabilité quand elle essaye de gagner en rebondissement. J'ai vu le projet, mais je n'ai pas eu de plaisir à le lire.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Célinedanaë, ...

samedi 22 août 2026

Sarah Beth Durst - La Petite Boutique de sortilèges

La Petite Boutique de sortilèges, Sarah Beth Durst, 2024, 413 pages

Kiela est bibliothécaire. Plus à l'aise avec les livres qu'avec les gens, elle vit littéralement dans la Grande Bibliothèque d'Alyssium. Jusqu'au jour où la révolution éclate dans l'empire et qu'elle doit fuir la bibliothèque incendiée. Elle retourne alors sur l'île de son enfance, dans la maison héritée de ses parents, accompagnée de Caz, son assistant plante araignée, et de quelques livres de sortilèges illégalement sauvés.

La Petite Boutique de sortilèges est un livre de cosy fantasy, un livre amical et bienveillant où les choses finissent bien. C'est évident dès les premières pages et c'est explicité par l'autrice dans ses remerciements. C'est l'effet recherché et c'est aussi l'effet réalisé car Sarah Beth Durst réussit parfaitement son objectif en offrant une petite bulle de joie et de bonheur.

Même la romance, clairement pas ma partie préférée de l'ouvrage, a le bon goût de rester limitée en effusions et de ne pas retarder son dénouement par des péripéties inutiles. Elle reste mignonne, surtout qu'elle est portée par des personnages sympathiques et attachants. C'est d'ailleurs ce qui porte le roman dans son ensemble : les personnages sont agréables et charismatiques. L'intrigue est là pour les mettre en valeur et, à défaut de se demander comment cela va finir, elle est efficace pour se demander de quelle manière iels vont s'en sortir.

Je ne pourrais pas lire ça tous les jours mais en l'occurrence ce fut une vraie bonne lecture. Une dose de bienveillance offerte avec intelligence et sans tomber dans la niaiserie, ça ne fait pas de mal, bien au contraire.

Couverture : Lulu Chen / Traduction : Clémentine Curie
D'autres avis : Lullaby, ...

dimanche 16 août 2026

Ursula K. Le Guin - Searoad

Searoad, Ursula K. Le Guin, 1987-1991, 295 pages

Searoad est un recueil de nouvelles ayant pour point commun de se dérouler dans la ville fictive de Klatsand, dans l'Oregon, en bordure de l'océan Pacifique. Les douze nouvelles proposent des tranches de vie d'habitantes, plus ou moins installées ou de passage, en proie aux difficultés communes de la vie. Chaque récit est indépendant mais certains éléments pourront parfois se faire écho d'un texte à l'autre.

Il ne se passe rien d'exceptionnel dans Searoad. Ce sont de pures tranches de vie, pas particulièrement tristes ou joyeuses. La lecture immédiate est satisfaisante mais je suis assez sûr que je n'en aurai rapidement aucun souvenir. Le seul élément vraiment saillant à la lecture étant l'écriture, particulièrement dans Main, coupe, coquillage qui présente trois points de vue sans aucune différenciation visuelle, pas même un saut de paragraphe, et qui est pourtant extrêmement clair. Ce qui rend assez ironique le fait que La Maison Herne, la dernière nouvelle et la plus longue (une centaine de pages), est celle qui m'a le moins plu, trop décousue alors que les changements de points de vue sont là très bien marqués.

S'il ne m'a pas particulièrement emballé, Searoad reste un bon recueil dont les qualités en font presque autant un recueil de poésie qu'un recueil de nouvelles. Une écriture humaine au service de textes humains.

Couverture : Miles Hyman / Traduction : Hélene Collon

lundi 10 août 2026

James S.A. Corey - La Guerre de Caliban

James S.A. Corey, La Guerre de Caliban, Tome 2/9 de The Expanse, 2012, 620 pages

La Guerre de Caliban est le deuxième tome, après L'Éveil du Léviathan, de The Expanse, la saga spatiale qui prend littéralement tout le système solaire pour cadre de son histoire. Une histoire qui se découpe cette fois encore en deux fils principaux - tous les deux d'un même intérêt - dont l'un suit toujours Jim Holden et son équipage.

La Guerre de Caliban a un défaut : il ne commence pas par un résumé du premier tome - merci aux contributeurices de Wikipédia pour la compensation. À part ça, c'est un pur plaisir du début à la fin. The Expanse, c'est la définition même du space opera : des voyages dans l'espace, des conflits entre superpuissances, du mystère alien, des batailles spatiales, tout y est. De manière dosée et sans jamais perdre de vue le plus important : l'humain. C'est un savant mélange d'actions et de discussions, ainsi qu'une capacité à rendre compte de la grandeur des enjeux et des actions tout en conservant une hauteur humaine dans le point de vue et le ressenti.

Parler de grandeur des enjeux est presque trop faible au regard de ceux qui sont développés ici. C'est absolument gigantesque. Planétairement gigantesque. Et il reste pourtant encore sept tomes. Je n'ai aucune idée de comment ça va bien pouvoir continuer sur ce rythme. Mais j'ai une idée sur comment le savoir : en poursuivant la lecture de cette excellente grande aventure spatiale.

Couverture : DR / Traduction : Thierry Arson
D'autres avis : shaya, Lorhkan, Le Maki, Gromovar, Anudar, Apophis, Herbefol, Lune, ...


Troisième escale pour le Summer Star Wars Grogu