jeudi 15 octobre 2026

Robert Jackson Bennett - Vigilance

Vigilance, Robert Jackson Bennett, 2019, 165 pages

Aux États-Unis, dans un futur proche, une nouvelle édition de l'émission de télévision la plus regardée du moment est sur le point de démarrer. Son nom : Vigilance. Le concept : trois individus armés sont lâchés dans un lieu public avec l'objectif de tuer un maximum de personnes. La récompense : une grosse somme d'argent pour les tireurs qui en sortent vivants, ou pour celleux qui les abattent.

Vigilance c'est les dérives de la société américaine poussées à leur paroxysme. C'est un mélange de télé-réalité et de tueries de masse, chapeauté par l'IA et par des publicitaires. Ça résonne évidemment fortement avec l'actualité, et ça résonne de plus en plus fort chaque année. Nul doute que le concept est très bien imaginé.

L'efficacité rythmique de Vigilance lui confère des allures de blockbuster. C'est dynamique et ça ne donne pas le temps de respirer. Comme dans un blockbuster vitaminé, on rate une action si on cligne des yeux... et on ne s'en portera pas plus mal, tout du moins au niveau de la compréhension. Car au-delà de son concept, Vigilance ne brille pas par son scénario, globalement attendu et pas particulièrement plaisant à suivre.

Vigilance est un très bon concept et un bon livre. Je n'ai rien à lui reprocher, c'est bien fait et bien tourné. Mon seul bémol c'est qu'il n'apporte pas grand chose au-delà de ce concept. Je ressors de ce livre exactement comme j'y étais entré. Peut-être m'aurait-il plus marqué si je l'avais lu à sa sortie, mais j'en doute. Il a par contre le potentiel d'être un intéressant ouvrage d'archéoSF dans quelques dizaines d'années. Sous réserve qu'il existe encore à ce moment-là des livres et des lecteurices.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Gilles Goullet
D'autres avis : Vert, Tigger Lilly, TmbM, Le Maki, Lorhkan, Anne-Laure, Le chien critique, Xapur, Yuyine, Célinedanaë, FeydRautha, FeyGirl, Gromovar, Sometimes a book, Elwyn, Boudicca, Jean-Yves, Apophis, ...

vendredi 9 octobre 2026

Céline Minard - Faillir être flingué

Faillir être flingué, Céline Minard, 2013, 326 pages

Quelque part dans le Far West, différents personnages - d'âges, sexes et origines variées - sont sur les routes en quête, consciemment ou non, d'un quelque part où ils pourraient vivre une belle vie. Leurs destins vont se croiser, notamment autour d'une petite bourgade en pleine expansion.

Et l'intrigue ? Quelle intrigue ? Qui a besoin d'une intrigue quand on a des personnages attachants, une belle écriture et une fabuleuse ambiance western ? Faillir être flingué est simplement un excellent western. Et ces trois mots ont autant d'importance les uns que les autres. Il est simple, limpide malgré un nombre important de protagonistes, fluide dans sa gestion des différentes situations et du passage du temps. Il est excellent, prenant de bout en bout, faisant s'attacher à cette communauté qui se crée sous nos yeux. Il est western, convoquant quasiment tous les éléments habituels du genre, personnages comme lieux, pour en proposer une vision qui respecte les codes tout en apportant sa propre touche.

Faillir être flingué sent le sable et le cow-boy. Mais il n'est pas aride pour autant. C'est même un ouvrage qu'on pourrait, un peu étonnamment, qualifier de joyeux. Il a un côté très satisfaisant qui rend heureux pour les personnages. Faillir être flingué est donc simplement un excellent western hautement plaisant à lire.

Couverture : /
D'autres avis : TmbM, ...

samedi 3 octobre 2026

Bulles de feu #90 - Septembre 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Ces lignes qui tracent mon corps - Mansoureh Kamari

Un témoignage autobiographique sur la répression iranienne vis-à-vis des femmes. Assez minimaliste mais ça ne l'empêche d'être rude et effroyable. Très joliment et intelligemment dessiné.


Peanut rain - Yôjirô Orita

Un manga étonnamment bon alors que son point de départ - un quiproquo sur un baiser volé élève/prof - avait tout pour être hasardeux. Une volonté de lueur d'espoir dans un désespoir crédible et sans pitié.


Blue Lock T.11-13/? - Muneyuki Kaneshiro et Yûsuke Nomura

Un manga hyper efficace, avec pour le moment une bonne créativité pour les matchs, et un côté malsain qui s'atténue.


La Maison - Paco Roca

Une bonne histoire sur une adelphie qui se retrouve suite au décès de leur père. Un peu classique sur le principe et pas forcément renversant, mais c'est bien réalisé et c'est plein d'humanité.


Sous un ciel nouveau - Kei Fujii et Cocoro Hirai

Un recueil de quatre histoires portées sur les relations humaines. Une histoire moyenne, deux histoires bonnes et une dernière - qui donne son titre à l'ouvrage et en occupe la moitié - vraiment très bonne, un bel hymne à la vie.
Très bien


Frieren T.15/? - Kanehito Yamada et Tsukasa Abe

Un très bon tome, plein de tension entre trois groupes d'adversaires crédibles. La série parvient à créer plus d'intrigue et d'action tout en conservant son ton particulier, un peu détaché, l'évolution est remarquable.


Beat & Motion T.1-2/? - Naoki Fujita

Ma très bonne surprise du mois. Un très sympathique manga sur la création artistique - musique et animation - avec un duo de protagonistes attachants. Et qui évite les habituelles longues hésitations, tâtonnements et quiproquos, passant rapidement à une relation intelligente et agréable à suivre.


Evol T.9-10/10 - Atsushi Kaneko

Voilà, Evol c'est terminé, avec une conclusion satisfaisante qui ajoute un peu d'explications à l'ensemble. Dix tomes, dix baffes. La série est imparfaite et est certainement critiquable sur plein de points, mais c'est un hurlement qui fait du bien, c'est un exutoire nécessaire pour une rage et un désespoir qui ont besoin de sortir.

dimanche 27 septembre 2026

Loïc Henry - Un Soupçon d'humanité

Un Soupçon d'humanité, Loïc Henry, 2025, 348 pages

Dans un futur proche, la France, comme une majorité du monde, fait confiance aux IA pour diriger le pays. Ce qui semble avoir résolu de nombreux problèmes, pauvreté et criminalité en tête. Mais l'infaillibilité supposée des IA est mise à mal lorsqu'un dirigeant d'une grande société de sécurité est abattu par un drone, sans que l'IA ne trouve à y redire. Deux policiers vont assister l'IA de la police pour résoudre ce mystère et en chemin mettre au jour une frange de la société opposée aux IA.

Avez-vous compris le thème de ce roman ? Indice : j'ai déjà utilisé cinq fois le terme IA. Un Soupçon d'humanité parle donc d'IA, de leur impact mais surtout des conséquences qu'une généralisation et une prise de pouvoir pourraient avoir. Encore plus que l'IA, Un Soupçon d'humanité parle de transhumanisme. Des mots qui peuvent faire peur mais que Loïc Henry traite avec simplicité et accessibilité, dans un roman dynamique découpé en courts chapitres alternant les points de vue.

N'ayant aucune affinité avec le sujet de l'IA, cette relative simplicité était la bienvenue. À défaut d'être emballé, j'ai trouvé la lecture tout à fait correcte. Je ne suis pas totalement convaincu par le contexte et le propos, qui me paraissent un peu trop théorique et basés sur de généreuses hypothèses. Mais le roman a le mérite d'avoir un objectif, une idée claire qu'il veut mettre en avant, ce qui est toujours appréciable et respectable.

Couverture : Kévin Deneufchatel
D'autres avis : Le Maki, FeydRautha, Le nocher des livres, ...

lundi 21 septembre 2026

Adam-Troy Castro - La Marche funèbre des marionnettes

La Marche funèbre des marionnettes, Adam-Troy Castro, Tome 1/2 des Marionnettes, 1997, 116 pages

La planète Vlhan a une particularité. Autre que ses habitants, les Vlhanis, de grands êtres faisant penser à des marionnettes et au langage presque incompréhensible. Non, la vraie particularité c'est le Ballet, une gigantesque danse annuelle de milliers de Vlhanis qui se termine par leur mort. Attirant de nombreux observateurs en quête de compréhension, le phénomène va changer de dimension lorsqu'une humaine, augmentée pour l'occasion, va tenter d'y prendre part.

La Marche funèbre des marionnettes prend place dans un univers bien connu de l'auteur, celui d'Andrea Cort. Son histoire ne pourra pas manquer d'évoquer des souvenirs à celleux ayant lu la trilogie puisque les évènements relatés ici ont été évoqués dans le troisième tome, La Guerre des marionnettes. Et si la novella reste lisible de manière indépendante, mon avis est forcément biaisé par le plaisir que j'ai eu à revenir dans cet univers.

Bien que mes souvenirs étaient déjà assez flous, cela a indéniablement facilité ma compréhension et ma visualisation de la situation de base. Mais les qualités du reste du texte ne peuvent pas être uniquement attribuées à cela. La Marche funèbre des marionnettes est un texte prenant qui se lit d'une traite. Malgré un côté un peu vain de l'intrigue, elle accroche de bout en bout, faisant trembler et réfléchir. C'est tout simplement un très bon texte et une nouvelle preuve qu'Adam-Troy Castro excelle dans le format court.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Benoît Domis
D'autres avis : Tigger Lilly, Le Maki, Yuyine, FeyGirl, FeydRautha, Gromovar, Le nocher des livres, Jean-Yves, lutin82, Anudar, Herbefol, ...


Quatrième et dernière escale pour le Summer Star Wars Grogu