La Dernière Tentation de Judas, Philippe Battaglia, 2025, 527 pages
« - Je vais résumer, juste pour être sûr d'avoir bien compris, reprit Lazare quand Judas eut terminé. Vous me demandez de vous escorter dans une mission autour du monde afin de récupérer des pièces maudites, ceci dans le but de faire la nique au Tout-Puissant. Cette idée vous a été insufflée par un texte provenant du Malin, vous avez le pape et toutes les forces du Vatican au cul, y compris une bande d'apôtres complètement ravagés, et vous êtes protégés, malgré vous, par une confrérie de ninjas en adoration devant le premier meurtrier de l'histoire chrétienne. J'ai juste ?C'est sûr que, dit comme ça, cela résume bien à la fois l'intrigue et le ton du roman. Si ça vous parait un peu loufoque, c'est normal. La Dernière Tentation de Judas revisite, à une époque moderne mais dans la continuité de leur passé, les grandes figures bibliques de manière totalement blasphématoire - voyez le pitch de départ : tout part d'un Judas immortel qui trouve une piste pour enfin mourir et retrouver son amant Jésus au Paradis.
- Oui, admit Judas à contrecoeur. C'est sûr que, dit comme ça... »
Mais La Dernière Tentation de Judas n'est pas juste un entassement de bizarreries. Philippe Battaglia fait preuve d'une bonne cohérence interne et propose quelque chose qui a étonnamment du sens et une (relative) crédibilité pour proposer un autre regard sur quelques évènements millénaires. Le tout avec évidemment l'objectif de questionner les fondements de la religion catholique, ainsi que ses interprétations et ses valeurs.
Si La Dernière Tentation de Judas est réussi dans son concept et ses idées, c'est moins le cas du récit en lui-même. L'intrigue a des allures de blockbuster aux nombreuses scènes d'action qui ont peiné à m'emballer. Si l'enjeu de l'histoire est gigantesque, voire apocalyptique, il ne suscite pas de grande tension et devient même lassant sur la durée. Cela m'a fortement rappelé - pour le meilleur et pour le pire - les premiers tomes du Disque-Monde de Terry Pratchett : d'excellentes idées et un amusant grain de folie mais un déroulé assez lambda et peu entraînant. En souhaitant à Philippe Battaglia de se bonifier aussi bien que son homologue britannique.
Couverture : Leraf
D'autres avis : Zoéprendlaplume, ...












