vendredi 30 janvier 2026

Louise Carey - Mutinerie

Mutinerie, Louise Carey, Tome 3/3 de Le Programme Harlow, 2023, 393 pages

Quelques mois séparaient la fin de Aux ordres du début de Insubordination. C'est de nouveau le cas avec ce troisième tome. Quelques mois qui n'ont pas changé la situation mais ont permis aux héros - comme à leurs lecteurices - de se poser un peu, de reprendre des forces et d'être prêt à repartir de l'avant.

Mutinerie est une très bonne conclusion à la trilogie, dans la droite lignée des deux premiers volumes. Aucune surprise au programme : le récit ne révolutionne rien mais l'histoire est plaisante à suivre et les personnages sont attachants - particulièrement l'évolution de la relation amicale entre Tanta et Cole. Ça se dévore comme une bonne série télé, où suivre les personnages est aussi important, voire plus, que leurs actions en elles-mêmes. Des actions qui ont d'ailleurs le bon goût de ne pas être trop nombreuses, de ne pas du tout faire "liste de péripéties" et de ne pas tourner au blockbuster.

Mutinerie est un tome totalement satisfaisant, à l'image du Programme Harlow dans son ensemble. Sans incroyable coup d'éclat peut-être mais, surtout, sans aucune fausse note. Une très bonne conclusion pour une série dont la qualité et le plaisir procuré auront été constants de la première à la dernière page.

Couverture : Simon Prades / Traduction : Florence Bury

samedi 24 janvier 2026

Lucie Baratte - Roman de Ronce et d'Épine

Roman de Ronce et d'Épine, Lucie Baratte, 2024, 205 pages

Deux soeurs jumelles. Ronce la blonde qui s'épanouit à l'intérieur en brodant. Épine la brune qui s'épanouit à l'extérieur en chassant. Filles de baron, elles vivent dans un château isolé, en marge d'une mystérieuse forêt dont le coeur est réputé dangereux et maudit.

Roman de Ronce et d'Épine est un ouvrage étonnant à plus d'un titre. À commencer par l'écriture de Lucie Baratte, à la rythmique particulière, qui nécessite quelques pages pour s'acclimater. Ce qui arrive rapidement et participe de l'ambiance particulière du roman. Une ambiance d'abord feutrée - un quasi-huis clos où seulement une poignée de personnages interagissent - qui va peu à peu s'enfoncer dans le fantastique que le pitch laisse présumer. Un fantastique de conte de fées avec des "princesses" et une forêt enchantée, mais pas la version Disney, la version originelle, celle des contes terribles et sombres.

À ma plus grande surprise et sans que je l'explique totalement, Roman de Ronce et d'Épine m'a emballé dans sa première partie, celle qui est la plus ancrée dans la réalité et qui voit les deux héroïnes grandir et se développer. J'ai malheureusement un peu décroché dans la deuxième partie, celle qui tombe dans le fantastique, parce que l'univers devient très sale et peu agréable à parcourir et parce que la finalité est assez floue, il m'a manqué quelque chose à quoi me raccrocher. Mais il n'en demeure pas moins une très forte ambiance et une écriture marquée qui donne envie de poursuivre la découverte de l'autrice.

Couverture : Tristan Bonnemain
D'autres avis : Alys, ...

dimanche 18 janvier 2026

Luis Sepúlveda - Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur

Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur, Luis Sepúlveda, 2014, 94 pages

Tout le résumé de Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur tient dans son titre. C'est donc l'histoire d'un escargot, membre d'une communauté d'escargots vivant dans un champ, qui souhaite avoir un nom à lui et comprendre les raisons de sa lenteur. Il va entreprendre un (pas très) grand voyage qui va littéralement changer sa vie.

Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur est un bon petit conte jeunesse. Il ne fait rien d'extraordinaire mais il permet de vivre une bonne aventure à hauteur (et vitesse) d'escargot, tout en parvenant à trouver une réponse philosophique à cette question de la lenteur. L'ensemble est très simple mais c'est vivant et ça fonctionne bien.

Couverture : ? / Traduction : Anne-Marie Métailié

lundi 12 janvier 2026

Philippe Battaglia - La Dernière Tentation de Judas

La Dernière Tentation de Judas, Philippe Battaglia, 2025, 527 pages
« - Je vais résumer, juste pour être sûr d'avoir bien compris, reprit Lazare quand Judas eut terminé. Vous me demandez de vous escorter dans une mission autour du monde afin de récupérer des pièces maudites, ceci dans le but de faire la nique au Tout-Puissant. Cette idée vous a été insufflée par un texte provenant du Malin, vous avez le pape et toutes les forces du Vatican au cul, y compris une bande d'apôtres complètement ravagés, et vous êtes protégés, malgré vous, par une confrérie de ninjas en adoration devant le premier meurtrier de l'histoire chrétienne. J'ai juste ?
- Oui, admit Judas à contrecoeur. C'est sûr que, dit comme ça...
»
C'est sûr que, dit comme ça, cela résume bien à la fois l'intrigue et le ton du roman. Si ça vous parait un peu loufoque, c'est normal. La Dernière Tentation de Judas revisite, à une époque moderne mais dans la continuité de leur passé, les grandes figures bibliques de manière totalement blasphématoire - voyez le pitch de départ : tout part d'un Judas immortel qui trouve une piste pour enfin mourir et retrouver son amant Jésus au Paradis.

Mais La Dernière Tentation de Judas n'est pas juste un entassement de bizarreries. Philippe Battaglia fait preuve d'une bonne cohérence interne et propose quelque chose qui a étonnamment du sens et une (relative) crédibilité pour proposer un autre regard sur quelques évènements millénaires. Le tout avec évidemment l'objectif de questionner les fondements de la religion catholique, ainsi que ses interprétations et ses valeurs.

Si La Dernière Tentation de Judas est réussi dans son concept et ses idées, c'est moins le cas du récit en lui-même. L'intrigue a des allures de blockbuster aux nombreuses scènes d'action qui ont peiné à m'emballer. Si l'enjeu de l'histoire est gigantesque, voire apocalyptique, il ne suscite pas de grande tension et devient même lassant sur la durée. Cela m'a fortement rappelé - pour le meilleur et pour le pire - les premiers tomes du Disque-Monde de Terry Pratchett : d'excellentes idées et un amusant grain de folie mais un déroulé assez lambda et peu entraînant. En souhaitant à Philippe Battaglia de se bonifier aussi bien que son homologue britannique.

Couverture : Leraf
D'autres avis : Zoéprendlaplume, ...

mardi 6 janvier 2026

Bulles de feu #81 - Décembre 2025

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Thermae Romae T.6/6 - Mari Yamazaki

Un tome en totale roue libre pour un final sans vrai enjeu. Mais l'essentiel était ailleurs et la réussite déjà acquise dans les premiers tomes.


Ajin T.13-14/17 - Gamon Sakurai

L'histoire n'a rien d'exceptionnel mais c'est très efficace dans son genre, très rythmé et actif, avec une vraie tension.


Eco T.1/3 - Guillaume Bianco et Jérémie Almanza

Une revisite de Jack et le Haricot magique avec quelques problématiques féminines. Un bon conte illustré pour tous les âges.
Très bien


Phoolan Devi - Claire Fauvel

Une adaptation de l'autobiographie de Phoolan Devi, la "Robin des bois indienne" à l'histoire tragique. Fluide et aérée, une très bonne manière de découvrir son histoire - attention, il y a toutefois quelques scènes violentes.


Undertaker T.7-8/? - Xavier Dorison et Ralph Meyer

Un vrai bon diptyque, un bon western aux thématiques pleinement d'actualité (liberté d'avortement, liberté de disposer de son corps, fanatisme et contrôle des masses).
Excellent


Blue Giant T.6-10/10 - Shinichi Ishizuka

Dans la lignée des 5 premiers tomes, excellent et sans fausse note. Des personnages attachants et énormément d'émotions, pour eux et pour la musique. C'est passionné et passionnant. Le cycle est excellent en lui-même mais donne évidemment envie de suivre les aventures de Dai dans les suivants.