vendredi 24 janvier 2014

Les Lectures du Barouveur #1 : Ursula Le Guin - La Main gauche de la nuit

Fiche technique :

Titre : La Main gauche de la nuit
Auteur : Ursula Le Guin
Date de première publication : 1969
Nombre de pages : 331
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Sur Gethen, la planète glacée que les premiers Envoyés ont baptisé HIVER, il n'y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des êtres humains androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l'un ou l'autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L'Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l'Ekumen ?

Mon avis :
« Le jour est la main gauche de la nuit,
et la nuit la main droite du jour.
Deux font un, la vie et la mort
enlacés comme des amants en kemma,
comme deux mains jointes,
comme la fin et le moyen. »

   Un jour, un certain Kissifrott, Dévoreur de livres de son état, est venu me voir et m'a proposé de faire une lecture commune (et d'autres si affinités). Il apportait même un nom de projet terrifiant : Les Lectures du Barouveur. L'objectif premier, outre se faire plaisir et partager pleinement des lectures, est de lire des vieux livres qu'on ne croise plus tous les jours dans la blogosphère.

   Kissifrott a eu l'idée de commencer par La Main gauche de la nuit, l'occasion pour moi de découvrir Ursula Le Guin, une auteure qui me faisait, je l'avoue, un peu peur. Pourquoi ? Aucune idée. Surement un mélange de préjugés : c'est ancien, c'est de la SF spatiale, ça a l'air compliqué, ... Oui, ma bêtise me fait moi-même peur. Car vous vous en doutez, j'étais totalement dans l'erreur. Mes remerciements publics à Kissifrott pour m'avoir ouvert les yeux.

   La Main gauche de la nuit est un livre intelligent. Les réflexions s'enchaînent sur de nombreux sujets, notamment toutes les facettes du genre humain et la politique, avec souvent une pensée différente, voire novatrice. Mais le plus important, c'est que rien de cela ne semble forcé. Le Guin ne nous sert pas un semblant d'histoire pour pouvoir faire passer ses idées. Au contraire, chaque moment de réflexion vient naturellement dans la continuité du récit.

   L'histoire en elle-même n'est pas des plus compliquées : un homme, représentant l'Ekumène, une association de 83 mondes, arrive sur la planète Géthen pour tenter de la rallier. On suit majoritairement cet Envoyé et l'on découvre avec lui cette planète hivernale, pas à pas, "sur le tas". La première partie se mélange entre l'aspect découverte et l'aspect politique et parvient à joliment se renouveler dans une seconde partie qui ressemble plus à de l'aventure (avec même un petit côté Horde du Contrevent).

   L'ensemble est beau. Il y a une poésie qui se dégage de l'écriture de Le Guin. Ainsi qu'une profondeur touchante (le chapitre 13 est bouleversant, tout comme la fin). Ce livre foisonne de bonnes choses. Je suis incapable de rendre suffisamment hommage à ce qui s'apparente à un sans faute : intelligent, poétique, beau, touchant. Que vous faut-il de plus pour aller le lire ?

« - Dites-moi, Genry, que sait-on de certain, de prévisible, d’inéluctable… la seule chose sûre que vous sachiez sur votre avenir et sur le mien.
- Je sais que nous mourrons.
- Oui. Il n’est vraiment qu’une seule question à laquelle nous puissions répondre, et nous connaissons déjà la réponse… Ce qui seul rend la vie possible, c’est cette incertitude permanente, intolérable : ne pas savoir ce qui vous attend. »

Conclusion :

5/5 : À lire absolument parce que c'est plein d'intelligence sans jamais être ennuyant.

L'avis de Kissifrott

10 commentaires:

Kissifrott a dit…

Mouarf, t'avais une édition Robert Laffont. L'horreur leurs couv' à paillettes, ça pique les yeux ^^

Elle n'est pas si horrible que ça ta chronique, fallait pas avoir peur. Bon, c'est vrai, elle souffre un peu la comparaison, mais bon, c'était prévisible :p

Pas de musique ? Déçu, déçu :o

Endea a dit…

Oh tu avais peur d'Ursula Le Guin ? Bon maintenant tu es rassuré ? Je ne connais pas ce livre ci, enfin si je le connais mais je ne l'ai jamais lu mais ton billet me donne envie. Si tu es convaincu par Ursula, lance toi dans d'autres de ses écrits, tu as ciblé le plus important : c'est très poétique. Pour ma part c'est l'une de mes auteures préférées.

Lorhkan a dit…

Décidément on semble avoir les mêmes lectures ou les mêmes envies en ce moment, puisque ça fait un moment que je veux me pencher sur Le Guin, et que je viens d'acheter son Livre d'Or, avec dans l'idée que si ça me plaît je pourrais m'acheter le volume Opta qui contient "Le monde de Rocannon", "Planète d'exil" et "La cité des illusions", donc les 3 premiers romans du cycle de l'Ekumen.

En tout cas, tu confirmes que c'est du bon, tant mieux ! ;)

Baroona a dit…

@Kissifrott -> Hormis les paillettes (coucou AcrO ! \o/), la couverture en elle-même est pas mal, on sent bien le côté polaire ^^
Je suis enchanté de te servir de faire-valoir, à ton service ! =P
Je crois que je vais arrêter les musiques, le rapport qualité/prix/sens n'est pas optimal... Mais rien que pour toi, pour ce livre, le premier truc qui me vient à l'esprit c'est "Left Hand Suzuki Method" de Gorillaz !

@Endea -> Totalement rassuré et même bien plus que ça ! Elle recroisera assurément ma route =)

@Lorhkan -> Les grands esprits, et les bons livres, se rencontrent !
Je ne lancerai pas de débat sur quel est le début du cycle vu que ça m'a l'air un peu compliqué et que Le Guin elle-même a annoncé que ce n'était pas un cycle =O
En tout cas je confirme grandement, fonce !

Nau Kofi a dit…

Bonsoir,

son livre d'or contient la magnifique nouvelle Ceux qui partent d'Omelas. (pour ceux qui lisent l'anglais)

Quatre chemins de pardon, quatre grandes nouvelles du cycle de l'Ekumen vaut également le détour.

En fait, tout est bon chez elle.

Baroona a dit…

Je prends note de ces conseils, merci, j'essayerai surement mon anglais balbutiant sur la première. ^^

Vert a dit…

J'aimais beaucoup Ursula Le Guin déjà avant de lire celui-là, mais quand j'ai découvert ce texte là... wahouh quoi :D.
(et c'est marrant j'ai fait le même parallèle avec la Horde dans la 2e partie xD)

Tu n'as plus qu'à enchainer sur les Dépossédés et le Dit d'Aka (Le nom du monde est forêt est un poil en dessous pour moi ^^)

Nau Kofi a dit…

Arf, j'aime beaucoup Le nom du monde est forêt, à cause du titre déjà (que faites vous lorsqu'on vient défricher votre planète alors que dans votre langue, il n'y a qu'un seul mot pour "monde" et "forêt" ?).

Ainsi que les notions de rêve éveillé ou de dieu qui enseigne la violence, notions qui donnent toute son épaisseur à la société décrite.

Et il ne faudrait pas oublier Terremer, dans un genre très différent.

Boo a dit…

Je me laisserais certainement tenter par celui-là, la prochaine fois que j'aurais envie de retrouver un univers à la Dépossédés. Surtout avec un avis comme celui-ci :)

Baroona a dit…

N'hésite pas, il est différent mais tout aussi bon ! =)