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dimanche 2 février 2020

Emmanuel Chastellière - Célestopol

Célestopol, Emmanuel Chastellière, 2017, 346 pages

C'est en fusée que l'on se rend à Célestopol - comme le protagoniste au début de la première nouvelle. Et pour cause : la grandiose cité de l'empire de Russie se situe sur la Lune, à l'abri d'un gigantesque dôme de verre. Sous l'autorité du Duc Nikolaï, la ville est devenue, en ce XXème siècle fantasmé, la pionnière en matière de technologies grâce au sélénium, une ressource lunaire, permettant notamment la création d'automates perfectionnés.

Célestopol est un recueil de 15 nouvelles steampunk. Steampunk dans l'esprit, nécessairement, avec ce sélénium, sa brume et ces automates, mais bien loin des poncifs steampunk dans le ton. Plus qu'un recueil, Célestopol est un fix-up tournant autour de la ville éponyme et du Duc Nikolaï - l'un pouvant-il vraiment aller sans l'autre ? La découverte de ces deux fascinantes figures se fait en filigrane de récits axés sur leurs personnages et leur humanité, l'auteur parvenant habilement à développer à la fois des histoires en soi et un cadre d'ampleur. Un équilibre admirable où l'arrière-plan est aussi le premier plan, mais sans faire d'ombre au premier plan originel.

Ouvrage maitrisé, Célestopol ne reste pas au stade des promesses et des présentations mais finit aussi par oser un vrai développement - même si ce dernier pourra s'avérer quelque peu frustrant, ce qui n'enlève en rien à sa qualité. Le tout est un vrai grand plaisir de lecture, à tous les niveaux. Dans ses remerciements, Emmanuel Chastellière indique que d'autres textes basés sur Célestopol pourraient voir le jour. Prolonger l'aventure et parcourir une nouvelle fois les rues et canaux de la cité lunaire ? Avec grand plaisir !

Couverture : ?

jeudi 23 août 2018

Fabien Clavel - Feuillets de cuivre

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel, 2015, 329 pages.
« - Une bibliothèque, c'est une âme de cuir et de papier. Il n'y a pas meilleur moyen pour fouiller dans les tréfonds d'une psyché que de jeter un oeil aux ouvrages qui la composent. (...) Me croiriez-vous si je vous disais que j'ai résolu toutes mes enquêtes à partir de livres ? »
Ainsi parle, pense et agit Ragon, le policier héros des Feuillets de cuivre, un livre où tout tourne, d'une manière ou d'une autre, autour de la littérature. Tout en restant, fort heureusement, parfaitement lisible pour qui n'a pas les références : Fabien Clavel n'étale pas son savoir, il l'utilise à bon escient en n'oubliant pas ses lecteurs et en ne les rabaissant pas.

Mais avant Fabien Clavel, je dois remercier Étienne Barillier pour cette lecture, lui qui signe une magnifique préface m'ayant convaincu au moment où je doutais de lire un nouveau roman "steampunk lambda". Et lambda il en est loin, l'aspect steampunk, un steampunk fantastico-ésotérique, étant ici un arrière-plan et non pas l'élément primordial du livre. Mais Étienne Barillier détaille ça bien mieux que moi et vous convaincra assurément, donc n'hésitez pas à lire la préface si vous passez devant le roman !

Roman ou fix-up d'ailleurs, la frontière est mince. La première partie étant un enchainement de courts chapitres - nouvelles - détaillant chacun une enquête avant que la seconde partie ne se concentre sur un duel Moriarty-esque. Car osons la comparaison facile : lire les aventures de Ragon, c'est comme lire du Sherlock Holmes, où le plaisir n'est pas, en tant que lecteur, de résoudre l'énigme mais bien d'admirer les démonstrations d'intelligence et de logique du détective. Et elles sont ici à la hauteur.

Ces Feuillets de cuivre sont donc un grand livre - jusque dans son écrin - qui ne peut se résumer à du steampunk, du polar ou un hommage à la littérature. C'est un savant assemblage de tous ces ingrédients, et bien d'autres, par le maître horloger Clavel qui ménage ses effets et garde toujours un tour dans sa manche. Il mérite de passer outre quelques scènes un peu - très - crues : la récompense vaut très largement l'effort.

« - Et comment procédez-vous lorsque la victime ne possède pas de publications ?
- Dans ce cas, il s'agit d'un meurtre sans intérêt et sans finesse. Ces affaires ne méritent même pas d'être mentionnées. Elles reposent toujours sur les mêmes canevas primitifs. On les résout en un claquement de doigts. »

mardi 14 juillet 2015

Nicolas Le Breton - Les Âmes envolées

Les Âmes envolées, Nicolas Le Breton, 2014, 321 pages.

Paris, 1912. Les dirigeables, le moyen de transport normal de l'époque, fleurissent dans le ciel. Louis Lépine, préfet de police, se retrouve à enquêter sur une mort aux apparences normales mais qui l'emmènera sur les traces d'une mystérieuse organisation qui pourrait bien bouleverser l'ordre du monde.

Steampunk. Ce simple mot suffit à expliquer très facilement l'ambiance de ce roman. L'atmosphère steampunk est là, bien visible, dans l'omniprésence des aérostiers et de leurs atours. Je ne suis absolument pas un spécialiste du genre, mais la thématique semble bien respectée. Et au milieu de cela se côtoient les personnages plus ou moins célèbres, remis en situation pour les besoins de l'intrigue.

Qui dit steampunk dit aventures. Le rythme est enlevé, envolé même, dès le prologue qui nous plonge en plein coeur de l'action. Et cela enchaîne, s'enchaîne, sans cesse, avec tout de même quelques scènes un pu plus reposantes. Et pourtant.

Pourtant, je n'ai pas réussi à accrocher. Je n'ai pas réussi à trouver ce petit plus pour garder mon intérêt passer le premier tiers du livre. Pas d'empathie pour les personnages, pas de véritable intérêt pour suivre ces innombrables péripéties, pas plus d'envie que cela de dévoiler le mystère. Comme souvent pour moi avec ces livres axés sur l'action-aventure, ça passe ou ça casse sans que j'arrive à identifier précisément les raisons. Ici, ça casse.

Les Âmes envolées parlera surement aux amateurs du genre. D'autant plus que sa conclusion est de qualité permettant aussi bien d'en faire un surprenant one-shot ou le départ d'une potentielle série. Elle aura malheureusement été trop tardive pour que mon plaisir général soit comblé.


Troisième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

mercredi 2 octobre 2013

Fabrice Colin & Mathieu Gaborit - Confessions d'un automate mangeur d'opium

Confessions d'un automate mangeur d'opium, Fabrice Colin & Mathieu Gaborit, 1999, 252 pages.

Je connaissais Fabrice Colin, mais pas Mathieu Gaborit. Et je ne vais pas réellement pouvoir dire que je le connais désormais, parce qu'il est difficile de juger un auteur sur un roman à quatre mains. Sinon, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c'est un roman steampunk. On ne sait jamais, ce n'est pas écrit sur la couverture. Ah mince, si, c'est vrai, c'est en partie ça qui ne la rend pas belle d'ailleurs (vous imaginez une couverture d'Harry Potter avec juste un gros Sorcellerie (la magie des temps anciens) ?).

Bon, c'est donc du steampunk, ce qui offre très souvent des univers sympathiques. C'est le cas ici, surtout que cette fois l'histoire se déroule à Paris. La poussée technologique est venu de l'éther, et ce même éther va être continuellement au coeur de l'intrigue, sans que l'on en sache véritablement grand chose.

Tout au long du roman, on suit Théo et Margo, narrateurs en alternance et frère et soeur. La première partie se suit comme un polar, puisqu'une amie de Margo est mystérieusement assassinée et que les deux commencent mine de rien à mener l'enquête. On a l'impression que c'est simple et que l'on va se tourner rapidement vers de l'aventure plutôt que dans du policier, mais il y a finalement un peu plus de profondeur que prévu.

Tout se passe bien jusqu'à un chapitre bizarre/psychédélique. Ce qui m'a posé problème, c'est que je n'ai pas trop compris comment il arrivait là, hormis parce que ça arrangeait bien l'histoire. À partir de là, je dois avouer que je suis quelque peu sorti du récit, et que j'ai moins apprécié la conclusion, alors que je crois qu'il y avait de bonnes idées, notamment concernant l'immortalité.

J'en garderai donc principalement l'ambiance et l'enquête, moins les idées et la logique globale. Mais cela reste une lecture sympathique.

jeudi 5 septembre 2013

Roland C. Wagner - Celui qui bave et qui glougloute

Celui qui bave et qui glougloute, Roland C. Wagner, 1999, 88 pages.

Ayant il y a peu de temps bien aimé Le Serpent d'angoisse, j'ai décidé de tenter une nouvelle novella de Roland C. Wagner, toujours chez ActuSF et leurs couvertures qui attirent l'oeil. Evidemment, c'est aussi une lecture dans le cadre du JLNN de Lune.

Autant le dire tout de suite, j'ai un petit problème avec ce livre : je ne m'en souviens plus vraiment. Ça ne fait pourtant pas si longtemps que ça que je l'ai lu, et cela me confirme donc dans mon ressenti : je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture.

L'idée de base était plutôt alléchante, avec les Indiens qui se trouvent des alliés intergalactiques, et la Terre qui se retrouve finalement au milieu de quelque chose de bien plus grand. Sauf que cet aspect est finalement retombé assez vite, se concentrant plus sur le côté mystère et créatures bizarres. En plus, je n'ai étonnamment pas vraiment accroché à cet univers Far West combiné à des extraterrestres (dont les références se révèlent assez anecdotiques).

À côté de ça, il me faut souligner les autres clins d'oeil intégrés par Roland C. Wagner, dont ceux à H.P. Lovecraft, que bien qu'étant complètement inculte j'ai cru pouvoir déceler. Vous verrez assurément plus de choses que moi.

Au final, je suis plutôt passé à côté de ce livre, qui bien que commençant bien, a évolué sur des territoires qui ne sont pas mes préférés (ni ceux que je connais le mieux). Mais elle pourrait tout de même vous plaire, vu tout le bien dont j'en ai lu ailleurs.

lundi 26 août 2013

Thomas Day - L'Instinct de l'équarrisseur, Vie & mort de Sherlock Holmes

L'Instinct de l'équarrisseur, Vie & mort de Sherlock Holmes, Thomas Day, 2002, 359 pages.

Un roman mettant en scène Sherlock Holmes est toujours quelque chose qui est tentant. Et quand c'est par Thomas Day, encore plus. Je ne vous parle même pas du cas où cela sent l'histoire qui va partir dans tous les sens... Enfin, si, dans quelques lignes.

L'instinct de l'équarrisseur se déroule dans deux univers parallèles : le notre, où vit Arthur Conan Doyle, et un parallèle, où vivent Sherlock Holmes et John Watson ainsi que les Worsh, une espèce extraterrestre pacifique. Doyle a été recruté par le duo pour être leur biographe - d'où les aventures d'Holmes que nous connaissons. Mais nos versions ne sont que des histoires édulcorées, presque des contes pour enfants, en comparaison du véritable Sherlock, qui se complaît dans la torture et le meurtre.

Le récit se découpe en trois parties. La première est une ancienne novella de Thomas Day, présentant l'univers et les protagonistes par une première enquête liée à Jack l'éventreur. La deuxième partie est centrée sur les "méchants" du roman, dont un certain Moriarty. Enfin, la troisième est la conséquence de la deuxième, le grand affrontement final après une aventure survoltée. Cette découpe en parties donne encore plus de rythme à un récit qui va à tout allure, et, surtout, part à vau-l'eau.

Ce livre est un hommage à Arthur Conan Doyle et à Sherlock Holmes, au créateur et à sa créature. Il suffit de lire la préface ou l'impressionnante bibliographie finale pour s'en rendre compte. Pour moi, la grande force de Thomas Day, c'est de ne pas avoir fait une copie de Doyle. Ce n'est pas vraiment une enquête que nous suivons, mais bien une grande aventure, où s'enchaînent les nombreux clins d'oeil et références à Holmes, ainsi qu'à une multitude d'autres personnages (Jack London, Oscar Wilde, Butch Cassidy,...). Une mention spéciale à la brève participation de Sigmund Freud, hilarante (oui, ce livre pourra en plus vous tirer quelques sourires).

C'est un bon livre, un hommage réussi à un personnage connu de tous, une histoire agréable et passablement loufoque, non dénuée de bonnes idées de science-fiction, qui vous fera rencontrer nombre de personnalités, dans des situations légèrement différentes que ce que l'Histoire a bien voulu nous en dire.
« - Vous êtes sûr de tout ça, Holmes ?
- Bien sûr que non, mais c'est toujours amusant de se lancer dans une telle narration déductive. »

samedi 11 mai 2013

Fabrice Colin - Dreamericana

Dreamericana, Fabrice Colin, 2003, 442 pages.

Il y a peu de temps, j'ai fait mon entrée dans la mirobolante bibliographie de Fabrice Colin avec A vos souhaits, un roman déjanté qui ne m'avait pas totalement emballé, mais m'avait fait penser du bien de Fabrice Colin. Du genre "Oh, il a forcément dû écrire des romans épatants !". Effectivement (et je m'offre gratuitement un moment d'auto-satisfaction).

Je vais directement commencé par ce qui pourrait être ma conclusion, et mon avis d'ensemble. A vos souhaits était un livre qui avait tout pour me plaire, notamment par son univers de douce folie. Et j'avais étonnamment eu du mal à accrocher, et n'avais pas pleinement apprécié. Dreamericana avait son lot d'éléments pour que je n'aime pas totalement sa lecture, notamment son aspect compliqué, aux réponses un peu floues. Et étonnamment, alors qu'il n'est pas parfait, j'ai trouvé ce livre énorme et en garde un très bon souvenir (il aura même le droit à un 5/5, qui ne veut pas dire grand chose, mais que d'autres n'ont pas eu). Tout le monde n'aimera pas, c'est certain.

Reprenons les choses d'une manière correcte. Dreamericana est l'histoire... Hum, non. Dreamericana commence par l'histoire d'Hades Shufflin, écrivain d'un gigantesque saga sur un monde alternatif, se retrouvant en panne d'inspiration. la première partie du récit nous raconte sa vie, présente et passé, entrecoupée de divers autres textes (résumés de ses romans, extraits de journaux, extraits de thèse sur son univers, ...). Un peu brouillon au départ, on finit par réussir à mettre les choses plus ou moins en ordre, et nous nous retrouvons devant un récit amenant à réfléchir sur l'écriture. C'est intéressant. Ça le devient encore plus à partir de la page 126, où tout part en cacahuètes, que ce soit au niveau de l'histoire que de la typographie.

Tout cela pour nous amener à la page 143, où l'on peut commencer la lecture de Dreamericana, le dernier roman écrit par Hadès Shufflin, avec lui-même à l'intérieur. Vous êtes en droit de trouver ça compliqué (surtout que je n'aide pas trop à rendre les choses claires), mais à la lecture cela passe bien. La deuxième partie du roman est une oeuvre de science-fiction steampunk, où deux grandes entités jouent le destin de la planète. Et jouer est le terme exact, puisque la métaphore du jeu d'échec est présente tout au long du récit. Autant vous le dire, cela un peu tendance à partir en "j'avais prévu que tu aurais prévu que j'aurais prévu...".

Les personnages ne sont pas particulièrement attachants. L'intrigue est un peu compliquée, et pas forcément claire une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai complètement accroché, et j'ai aimé même les moments d'incompréhension. Je crois que ce livre est un jeu. Un jeu de pistes à la suite du héros, un jeu de stratégie pour comprendre l'histoire, un jeu de réflexion pour saisir tous les sous-entendus, références et mises en abyme, un jeu pour stimuler notre imagination et nos idées. Et je crois que j'aime les jeux.

samedi 13 avril 2013

Pierre Pevel - Viktoria 91

Viktoria 91, Pierre Pevel, 2002, 186 pages.

J'ai découvert Pierre Pevel sur le blog Naufragés Volontaires. Alors, pour me faire une idée de cet écrivain français (oui madame, oui monsieur, français !) et ne pas commencer directement par une trilogie, je me suis lancé dans la lecture de Viktoria 91. D'autant plus que la couverture n'est pas désagréable. Un peu bizarre peut-être (je n'ai toujours pas compris d'où sort la main noire à gauche), mais j'aime bien le style.

Viktoria 91 se déroule dans un univers steampunk. Et je vous dis ça en toute non-connaissance de cause, c'est juste ce que j'ai lu quelque part. Mais comme le steampunk semble être, grossièrement, un univers victorien/XIXème siècle où la technologie est bien plus évoluée qu'à la normale. Ce qui correspond particulièrement bien à ce livre, se déroulant dans un Londres de 1891 très réaliste, à l'exception des androïdes servant de cochers ou de policiers. Et franchement, je me demande pourquoi je ne lis pas plus de littérature de ce genre (volontairement du moins), parce que l'univers est quand même vachement classe.

Le premier point fort est donc cet univers steampunk. Encore plus avec l'apparition (en filigrane) de Jack l'Eventreur et Sherlock Holmes, qui positionne clairement le texte dans une époque. Et le clin d'oeil est sympathique. Mais tout cela ne peut pas exister sans le deuxième point fort (tout en faisant partie du premier) : le style de Pierre Pevel. Je ne saurais l'expliciter clairement, mais cela colle parfaitement avec l'univers, et il s'en dégage une ambiance toute particulière. De plus, on sent que le monsieur maîtrise parfaitement son histoire.

C'est donc un bon livre, un bon polar. Puisque je ne l'ai pas encore dit, mais c'est un polar, prenant et au rythme soutenu, avec une pointe de mystère bien dosée. Mais il y a tout de même un petit problème : la fin. Et la fin, c'est quand même quasiment le plus important. C'est assez difficile de critiquer une fin sans trop en dévoiler, je vais donc être flou. Oui, elle apporte des réponses, mais je trouve qu'elle tranche trop par rapport au reste du récit, et cela gâche un peu l'atmosphère qui se dégageait. Dans le même temps, cela apporte une part de réflexion et l'idée n'est pas mauvaise, mais je ne sais pas, le contraste m'a un peu gêné.

Malgré tout, c'est un livre sympathique, qu'on lit en passant un bon moment. Et qui me donne envie, bien que le reste de son oeuvre semble différente, d'aller voir d'un peu plus près les autres livres de Pierre Pevel.