La République des voleurs, Scott Lynch, Tome 3/7 des Salauds Gentilshommes, 2013, 669 pages.
Cela fait relativement peu de temps que j'ai découvert Les Salauds Gentilshommes. Ce qui aura eu une conséquence heureuse : je n'aurais pas, comme tant d'autres, attendu des années pour lire la suite. Enfin, ce n'est pas comme si le tome 2 se terminait sur un demi-cliffhanger terrible.
Allons à l'essentiel. La République des voleurs - un très bon titre, qui trouvera un double écho dans ses pages - est du très bon Scott Lynch. Satisfaisant et absolument pas décevant. Au jeu des classements, je le placerais tout de même en dessous des deux autres. Mais cela reste très bon.
On retrouve Locke et Jean peu de temps après les avoir laissés. Fidèles à eux-mêmes, avec cette gouaille (Définition : Attitude impertinente, moqueuse, insolente ; Synonyme : Locke Lamora) et ce bagou quasi-suicidaire. Le style de Scott Lynch est toujours identique et efficace. La forme du récit renoue avec ses origines : une imbrication du présent et d'interludes du passé. Deux histoires en une. Avec la prouesse d'avoir réussi à retenir mon intérêt et le suspense même dans l'histoire ancienne (alors que l'on sait très bien comment cela va finir).
Mais l'élément essentiel de ce roman, c'est Sabetha. La Sabetha, attendue depuis le tout premier tome. Du coup, La République des voleurs, c'est presque un roman Harlequin. Et on aime ça. Étonnamment, cela parvient à ne pas tomber dans le gnangnan alors que certains éléments en sont caractéristiques. Alors, pourquoi ça marche ? Il y a une raison selon moi : c'est le troisième tome. Une histoire pareille dans le premier tome n'aurait pas fonctionné. Mais là, on connait les personnages, on les apprécie, on est fan et accro. Alors on apprécie. C'est le syndrome "Sherlock saison 3" : tout seul, ce n'est pas si bon que ça ; avec les deux premières saisons/tomes, cela fonctionne parfaitement.
Tout de même, ce volume est un peu en dessous de ses prestigieux prédécesseurs, pour des raisons que je n'explique pas forcément. Un point qui ne m'a pas réellement dérangé mais qui trouvera un impact chez d'autres, c'est le manque d'arnaques et de ruses de grande ampleur. Il y a toujours un bon lot de petits effets, mais globalement l'action prend le pas sur la réflexion (en comparaison des deux autres tomes). Personnellement, le vrai point faible se trouve dans l'histoire elle-même. Dans deux scènes précisément. J'ai haï les révélations sur le passé de Locke. J'ai plutôt détesté l'épilogue. Oh, à chaque fois c'est bien maîtrisé et il y a quelque chose à quoi se raccrocher pas très loin. Mais globalement j'ai peur de la tournure que prennent les événements. Cela se résume en une phrase : la magie prend trop de place.
J'ose espérer que le tome 4 infirmera mes propos. Et fera par la même occasion remonter le tome 3 dans mon estime. Ce qu'il a déjà fait entre ma fin de lecture et les quelques jours qui se sont écoulés depuis. Ce qu'il fera peut-être encore dans les prochaines semaines, quand la lecture sera vraiment froide et que les trop grandes attentes que j'en avais s'estomperont pour laisser place à un réalisme enjoué : La République des voleurs, c'est excellent.


