Passing Strange, Ellen Klages, 2017, 240 pages
Au crépuscule de sa vie, Helen Young fait une escapade à Chinatown pour récupérer un coffre caché là bien longtemps auparavant. À l'intérieur, un tableau - ressemblant fort à la couverture de ce livre, mais malheureusement pas de manière tout à fait identique. Pourquoi aller le chercher maintenant ? Et qui sont ces deux personnes dansant sous le ciel étoilé de San Francisco ? La réponse à ces deux questions représente la suite de cette novella, après un premier chapitre introductif qui pourrait quasiment être une jolie nouvelle à elle-seule.
Joli, c'est un qualificatif qui peut d'ailleurs s'appliquer à l'ensemble du récit. C'est doux et plaisant car, malgré l'impossibilité évidente pour les protagonistes d'être libres, les choses se passent plutôt bien pendant la majorité de l'histoire, l'élément réellement perturbateur arrivant finalement bien tard, dans le dernier tiers seulement. Avant cela, on prend plaisir à suivre ces attachants personnages et à découvrir la condition lesbienne à San Francisco dans les années 40 grâce au grand travail de reconstitution historique réalisé par Ellen Klages. Au point que la dernière partie, où l'aspect fantasy entre réellement en jeu, n'est clairement pas ma favorite.
Passing Strange est suivie d'une courte nouvelle, Caligo Lane, qui développe de manière plus précise un élément fantasy aperçu auparavant. Trop technique à mon goût, elle m'a bien moins emporté. Mais elle n'a pas réussi à entamer mon plaisir d'avoir découvert cette charmante novella qu'est Passing Strange.
Couverture : Eiko Ojala / Traduction : Éric Holstein
D'autres avis : Lune, Vert, Anouchka, Lhisbei, Shaya, OmbreBones, Elhyandra, Cédric, Célindanaé, Snow, Les Chroniques du Chroniqueur, Boudicca, Yuyine, ...
