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mercredi 23 décembre 2020

Ray Bradbury - Un dimanche tant bien que mal

Un dimanche tant bien que mal, Ray Bradbury, 1950-1976, 186 pages

Un dimanche tant bien que mal est un recueil de 10 nouvelles, dont les deux dernières (Le Terrain de jeu et Mañana) furent initialement publiées à la suite du célèbre Fahrenheit 451, où l'aspect imaginaire est léger voire parfois absent. Des nouvelles globalement courtes, d'une quinzaine de pages en moyenne, qui affichent une certaine vivacité dès les premières lignes.

Ce sont malgré tout les ambiances qui font le principal point d'intérêt de ce recueil. À partir de situations ou personnages ordinaires, Ray Bradbury trace des récits simples, parle d’acceptation et de bienveillance, et crée des finals à sentiments plutôt qu'à chutes. Des sentiments quasi-mélancoliques mais certainement pas dénués d'une grande beauté. Jusque dans le bijou qu'est Le Plus sage de la sagesse, sublime nouvelle pleine de non-dits entre un grand-père et son petit-fils, qui vaut à elle-seule le détour.
« "Grandpa", dit Tom, (...) "tu t'inquiètes pour moi ?
- Non." Le vieil homme ajouta : "Mais quant à ce que fera la vie de toi, comment elle te traitera, bien ou mal -
ça, ça me fera veiller tard le restant de mes nuits." »
Couverture : Vincent Froissard / Traduction : Roland Delouya & Henri Robillot

samedi 7 novembre 2020

Ray Bradbury - Chroniques martiennes

Chroniques martiennes, Ray Bradbury, 1950, 318 pages

Le titre est explicite : Ray Bradbury conte ici quelques instants de vie sur Mars, des débuts de sa colonisation par les humains jusqu'à bien loin dans son expansion. Il élabore pour cela un fix-up, format idéal et excellemment bien utilisé par l'auteur pour exprimer ce qu'il a à exprimer. Ainsi chaque nouvelle vient à la fois proposer une histoire propre, qui se tient réellement par et pour elle-même, tout en participant à l'écriture d'un récit plus global qui court tout au long du recueil.

Et si la forme est excellente, le fond l'est tout autant. En plus de récits intéressants et variés, que ce soit les nouvelles les plus conséquentes comme les plus courtes venant ponctuer la trame générale à la manière d'interludes - L'Été de la fusée, qui ouvre le recueil, est tout simplement sublime -, Ray Bradbury offre un regard acéré sur l'être humain. Un regard doux-amer, où la découverte, l'émerveillement et l'imagination de l'auteur apporte une douceur bienvenue quand l'humanité et l’inéluctabilité de sa bêtise apporte une touche d'amertume malheureusement nécessaire.

Un classique qui mérite amplement son statut - et ses innombrables rééditions - et qui, à quelques rares visions féminines vieillottes près, n'a presque pas pris une ride. Si ce n'est pas encore fait, prenez vite un ticket pour Mars.

Couverture : Mark R. Wagner / Traduction : Jacques Chambon & Henri Robillot
D'autres avis : Lune, Le chien critique, Vert, Lorhkan, Xapur, ...