samedi 18 avril 2026

Benjamin Stevenson - Tout le monde dans ce train est suspect

Tout le monde dans ce train est suspect, Benjamin Stevenson, Tome 2/? d'Ernest Cunningham, 2024, 370 pages

Après le succès de son premier livre qui racontait son périlleux séjour dans un hôtel de montagne, Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un, Ernest Cunningham est devant l'angoisse de la page blanche alors qu'il doit écrire un deuxième roman, une fiction cette fois. Puisqu'il ne va tout de même pas de nouveau se retrouver au milieu d'une mystérieuse scène de crime, n'est-ce pas ? Si, évidemment. Le tout pendant un festival littéraire organisé à bord d'un train traversant l'Australie, avec à son bord plusieurs auteurices de polars.

Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un était un roman marquant pour son style, brisant allègrement le quatrième mur et jouant avec les codes du polar "à la Agatha Christie". Mais est-ce possible de renouveler l'expérience une deuxième fois, sans être répétitif, lassant ou donner une impression de déjà vu ? Benjamin Stevenson prouve que oui avec ce Tout le monde dans ce train est suspect au moins aussi enthousiasmant que le premier.

Tout le monde dans ce train est suspect n'est pas un récit surprenant. Ne serait-ce que parce l'auteur annonce rapidement le plan de son ouvrage et qu'il met bien en lumière les indices qui seront utilisés lors de la résolution - et qui correspondent à peu près à tous les éléments du roman, comme il se doit. Il est même possible de résoudre quelques petites énigmes en avance. Et pourtant, cela ne l'empêche pas d'être tout de même surprenant, de parvenir à une grande scène finale avec son lot de révélations et avec l'immense satisfaction de voir toutes les pièces du puzzle s'imbriquer parfaitement.

La plus grosse surprise reste surement qu'il tient la route de bout en bout et que le gimmick de briser le quatrième mur reste bien intégré jusqu'à la toute fin, d'être justement bien plus qu'un simple gimmick. La maitrise du récit et le sens du détail de Benjamin Stevenson sont impressionnants. Ce qui lui permet d'offrir autant un bon polar qu'un ouvrage amusant. Et surtout un pur plaisir de lecture.

Couverture : Rémi Pépin / Traduction : Cindy Colin-Kapen
D'autres avis : Le Maki, Sometimes a book, ...

14 commentaires:

  1. En tout cas, l'auteur a le sens des titres. Il en a écrit d'autres ?

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    1. @Tigger Lilly : Deux autres pour le moment. Je ne te divulgâche pas les titres, ils arriveront sans aucun doute ici un jour.

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  2. Oh mais ça a l'air rigolo ça, merci pour la découverte. Un polar qui fait pas dans la surenchère de cruelle sombritude ça peut faire du bien

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    1. @L'ours inculte : Ce n'est clairement pas l'ambiance ici, c'est du meurtre fun et amusant (avec tout mon respect pour les victimes, bien sûr).

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  3. Cool, du polar fun ça change ! Bon pas trop mon truc mais pourquoi pas à l'occasion.

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    1. @shaya : C'est de la bonne détente, mais il faut aimer le style.

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  4. Je l'ai trouvé beaucoup moins bon que le premier et contrairement à toi assez similaire.
    @TigerLilly, le troisième est lui plus intéressant et ca se passe à Noêl ;-)

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    1. @Le Maki : Mais s'il est assez similaire, il devrait être assez identique niveau qualité, non ?

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    2. Mais il n'y a plus l'effet de surprise avec cet étrange narrateur et le franchissement du quatrième mur devient un peu lourd dans celui-ci... trop répétitif (je pense qu'on a du lui faire la remarque car dans le suivant c'est plus discret ;-) )
      Et j'ai trouvé l'intrigue moins intéressante aussi.

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    3. @Le Maki : Ça me rend très curieux du troisième en tout cas.

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  5. Trop cool que ce soit aussi bien que le premier! Je n'ai rien lu de cet auteur, mais les titres donnent tellement envie, ce sont vraiment des pépites!

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    1. @Alys : Ah ça, c'est sûr qu'ils sortent du lot et attirent le regard.

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  6. Je suis passée complètement à côté du premier titre que tu cites (pas très étonnant vu mon assiduité sporadique) mais je suis curieuse de cette notion de briser le 4ème mur, je ne vois pas bien en quoi ça consiste...

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    1. @Ksidra : De base ça consiste en un narrateur qui ne se contente pas de raconter son histoire mais apostrophe directement les lecteurices. Là ça va même plus loin : par exemple dans le premier tome, le narrateur annonce dès le départ les numéros des pages où des meurtres ont lieu.

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