mercredi 30 octobre 2013

Natsuo Kirino - Le vrai monde

Le vrai monde, Natsuo Kirino, 2003, 213 pages.

La lecture japonaise du mois d'octobre, toujours dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana. Ce mois-ci est consacré à Natsuo Kirino, auteure de thriller/polar. Ou pas.

Prenez un lycéen, genre détesté de tous, avec un surnom gentil comme "le lombric", et faites le tuer sa mère (et n'en soyez pas triste, parce que ne s'en occupera quasiment pas). Ajoutez quatre lycéennes, genre petites filles modèles en apparence, qui vont l'aider à s'échapper parce que...

Parce que je ne sais pas trop pourquoi en fait. Parce qu'elles ont chacune leurs problèmes, qu'elles ne sont pas si modèles qu'elle pouvaient le laisser croire ? Mouais, cela manque un peu de raisons un peu plus profondes, surtout que le crime n'est quasiment pas traité. C'est le problème majeur que j'ai eu avec ce livre : c'est un peu trop superficiel.

L'intrigue, qui se révélera ironiquement peu intrigante, n'est qu'un prétexte pour pouvoir imager l'expression "les apparences sont parfois trompeuses". À part ça, pas grand chose. Le personnage du lombric est horrible, les autres sont interchangeables (même sur la fin j'avais encore des doutes sur qui est qui...). Un bon point tout de même pour la fin, même si c'est une appréciation légèrement sadique (et là c'est "on récolte ce que l'on sème", c'est ça ?). Pas un roman qui restera dans ma mémoire.

jeudi 24 octobre 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 3

Le Trône de fer, l'Intégrale 3, George R.R. Martin, 2000, 1150 pages.

Après l'Intégrale 1 et l'Intégrale 2, place tout à fait étonnamment à l'intégrale 3. Je me suis permis de bien attendre avant de m'y mettre, recherchant le moment optimal. Et il était là, encore plein d'envie et de motivation après une lecture du Sang des 7 Rois enthousiasmante. Feu à volonté !

Replonger dans Le Trône de fer est une aventure en soi. Tout d'abord parce qu'il faut attendre près de 200 pages pour retrouver tous les narrateurs (même si le dernier rencontré n'était pas forcément la meilleure nouvelle possible, désolé Sam). Et puis parce qu'il y a toujours cette impression par moment de lire Le Silmarillion, avec sa douzaine de noms de personnages et de lieux par page. Cela fait un peu peur au départ, jusqu'à se qu'on reprenne ses marques et tout le bonheur qui va avec. Ne vous inquiétez, il y a du temps pour ça.

Avant d'ouvrir cette nouvelle intégrale, je doutais un peu. Est-ce que c'est vraiment aussi bon que ça ? Est-ce que je ne me suis pas un peu emballé sur les deux premiers tomes ? Est-ce que je ne me le survends pas du fait de sa réputation ? Ahaha, que de bonnes blagues. Non, définitivement, cette saga est légendaire.

Aux alentours de la page 700, je me suis rendu compte qu'il n'y avait eu aucun gros rebondissement. Pourtant, je ne m'ennuyais absolument pas. J'apprécie plus ou moins tous les narrateurs (même Sansa désormais, c'est dire), même si j'avoue avoir un faible pour les chapitres de Tyrion et de Jaime. Ce qui peut s'expliquer par le fait qu'ils sont souvent les plus immergés dans les complots et jeux de pouvoir, ce qui reste le plus intéressant. Et quelle ne fut pas ma joie quand la première scène de Tyrion eut lieu avec Pod et Bronn : le trio légendaire est dans la place ! Par la suite, on ne verra malheureusement que trop peu Podrick Payne, qui reste l'un de mes personnages préférés.

Bref, 700 pages complètement prenantes et totalement maîtrisées. Avec même un petit aspect philosophique par moment (bon honnêtement j'avais repéré plusieurs petits instants de réflexions, mais je ne me souviens que d'un seul : un individu vaut-il plus ou moins que la vie d'un groupe, avec Stannis). Pas de grandes surprises, mais les choses prennent leur place petit à petit. Et puis tout changea. Parce que peu de temps après que je me fasse cette réflexion, Monsieur Martin a décidé de faire un peu de rebondissement. Et ce que je viens de dire est pire qu'un euphémisme. De la folie jusqu'au bout, de l'inattendu en veux-tu en voilà encore plus. Et même dans les 150 dernières pages, où j'ai cru que ça allait se tasser et se préparer pour le tome 4, ce n'est qu'une occasion de plus pour bouleverser la vie de Westeros. Rien que l'avant-dernier chapitre est monumental.

J'ai terminé ce troisième tome et je n'ai qu'une envie : lire le tome 4. Après cette fin tonitruante, je n'ai absolument aucune idée de la tournure que vont prendre les événements. Je ne sais qu'une chose : cela sera bien, et même plus que bien.
« On fait par trop ttt ttt dans ce royaume, si vous me demandez. »

lundi 21 octobre 2013

Régis Goddyn - Le Sang des 7 Rois : Livre Premier

Le Sang des 7 Rois : Livre Premier, Régis Goddyn, Tome 1/7 du Sang des 7 Rois, 2013, 400 pages.

Un roman de fantasy paru cette année ? Ecrit par un français ? Avec une magnifique couverture de Yann Tisseron ? Même si cela ne sent pas l'énorme originalité au premier abord ? Oui, ça me va, je tente.

Je dois avouer n'avoir eu aucune attente en commençant ce livre. À vrai dire, c'est seulement après l'avoir terminé que j'ai appris qu'il s'agissait du premier roman de l'auteur, ainsi que le premier tome de cette heptalogie (soit une saga de 7 romans). Et bien chapeau. Ou heaume, c'est plus dans l'univers.

L'intrigue démarre doucement, et on met quelques temps avant de comprendre qui va être le héros de l'histoire. Orville sera celui-ci, capitaine qui m'a semblé légèrement balourd et peu intéressant pour commencer, mais qui s'avérera plus intelligent et sympathique que prévu. D'une simple tâche de suivre des kidnappeurs d'enfants, il va se retrouver plonger dans les grandes intrigues du monde.

Intrigues que l'on suit en parallèle via différents protagonistes, ce qui nous permet de savoir beaucoup de choses. Une bonne chose puisque cela rassasie notre besoin de révélations, mais un petit doute sur la manière dont l'histoire va tenir pendant 7 tomes. Mais n'anticipons pas, et savourons ce premier tome qui pose de bonnes bases, avec des personnages qui s'insèrent petit à petit et son lot de complots à démonter.

Bien sûr, on notera quelques petits défauts (des répétitions dans les explications, les noms des royaumes qui n'en sont pas, une carte peu détaillée, ...), mais il faut avouer que cela fonctionne. La preuve, j'étais plutôt apeuré par les nombreux blocs de texte compacts qui s'offrait à moi (à la manière d'un Trône de Fer ; et bien qu'y ayant déjà pensé, j'attendrai la lecture d'un deuxième tome avant d'oser comparer les deux) mais je ne les ai très rapidement plus remarqués tant l'écriture est fluide, aidée par un style privilégiant les phrases courtes.

Pour finir, il faut que je retourne dans le récit en lui-même et que je parle de l'élément le plus essentiel du livre, sur quoi tout repose et qui est une idée brillante : le sang bleu. Parce qu'il se pourrait que cela soit plus qu'une expression. Et s'il était littéralement bleu pour certains ?
« Il n’y a pas de magie, Orville, mais des capacités et des écarts par rapport à ce que la moyenne des hommes peut faire. »

Et une lecture pour le Challenge Francofou.

samedi 19 octobre 2013

Thomas Day - This is not America

This is not America, Thomas Day, 2009, 122 pages.

Alors qu'est récemment sorti le recueil Sept secondes pour devenir un aigle, je me suis penché sur un autre recueil de nouvelles de Thomas Day : This is not America. Avec en prime une participation de plus pour le JLNN de Lune, ainsi que pour le Challenge Francofou.

This is not America comporte trois nouvelles, dont une inédite (les deux autres ayant déjà été publiées en 1999 et 2002). Une thématique commune : les Etats-Unis, de manière un peu différente de la normale. Avec des petits sous-titres indicatifs pour chaque récit : Naguère, Hier & Ailleurs, Demain. Mais tout ça n'est qu'un prétexte. Un prétexte pour lire trois grandes nouvelles.

Cette année-là, l'hiver commença le 22 novembre débute par sa fin, à la manière d'un épisode de Breaking Bad. Pourtant, l'histoire de ces trois cow-boys des années 60 va rester prenante tout du long, bien servie par un rebondissement inattendu (en tout cas personnellement je ne l'ai pas vu venir, même si après la lecture on se rend compte qu'il y avait de gros indices).

American Drug Trip est une nouvelle plus drôle et complètement loufoque, avec une des meilleures utilisations des mondes parallèles que j'ai pu lire. Pour le résumé, je ne peux que citer la nouvelle elle-même : « C'est un film dont on aurait mélangé les bobines, avec un bout de comédie misérabiliste, un bon bout de film de gangsters, un passage porno et un final que j'appellerai juste pour le fun « Danse avec les ours ». »

Éloges du sacrifice a un titre particulièrement explicite, même s'il aurait aussi pu s'intituler "Le sacrifice à travers les âges". La nouvelle qui pose le plus de questions concrètes et offre le plus de réflexions immédiates. Je suis un peu incertaine sur la conclusion, mais cela reste une bonne nouvelle. Les fans d'Histoire se régaleront.

Trois belles nouvelles, même si elles ne sont pas dénuées d'une certaine cruauté. Comme à son habitude, Thomas Day nous offre le plaisir de la lecture par de bonnes histoires, mais avec toujours de grandes idées et un contexte recherché et documenté. N'hésitez pas !


jeudi 17 octobre 2013

Maurice G. Dantec - Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute

Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute, Maurice G. Dantex, 2009, 211 pages.

Un tel titre, c'est presque du racolage, non ? Parce que forcément cela donne envie de savoir ce qui se cache derrière une si énigmatique accroche. Je suis faible, j'ai été voir pour vous (oui, je ne l'ai fait que pour vous, absolument pas pour ma propre curiosité).

Heureusement qu'il y avait ce titre d'ailleurs, parce que la couverture, mélange entre Kill Bill et S.A.S., est à la fois moche et sans véritable sens. Si ce n'est que le roman commence par un braquage, point de départ de la fuite de nos deux héros qui sera le fil conducteur du roman. Enfin je crois, puisque le principal problème que j'ai eu avec ce livre est cette impression que l'auteur n'a pas su choisir quelle intrigue utiliser.

Il y a donc la fuite des deux personnages, qui va amener la grande majorité des péripéties. Mais il y a aussi la station Mir en déroute (et le fantôme d'un jazzman bien sûr, Albert Ayler pour ne pas le citer), dont on ne parle que rapidement deux fois avant la scène finale qui lui est complètement liée. Et puis un certain neurovirus, qui sert de lien entre les deux faits cités précédemment, tout en apportant un peu de background aux personnages ainsi que plus de questions que de réponses.

En bref, un beau petit bazar. Avec lequel on ne sait jamais trop sur quel pied danser (ou plus réalistement sur quel oeil lire), conséquence à mon avis du titre du roman qui en fait attendre trop. Cela restait une lecture plutôt bonne et facile, avant la fin qui semble sortir de nulle part et dont le sens m'a légèrement échappé. Je suis venu, j'ai lu, j'ai perdu. Dommage.

Et une première lecture pour le Challenge Francofou.