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samedi 1 août 2015

Roger Zelazny - Les Cours du chaos

Les Cours du chaos, Roger Zelazny, Tome 5/10 du cycle des Princes d’Ambre, 1978, 224 pages.

Après Les Neuf princes d'Ambre, Les Fusils d'Avalon, Le Signe de la licorne et La Main d'Oberon, Les Cours du chaos est le cinquième tome du cycle des Princes d’Ambre. C’est surtout la fin du sous-cycle de Corwin et la conclusion des quatre romans précédents.

Alors que tout était en place, alors que « La Main d’Obéron » avait apporté son lot de nouveautés à détailler et utiliser, Les Cours du chaos ne prend absolument pas la route prévisible. Pas de retournements de situation en série, pas de poker menteur à quadruple anticipations, pas de complot avec triple machination, pas de folle guerre et de fiers combats.

L’action a bien lieu. Mais le lecteur ne la voit pas, il ne fait que l’imaginer en arrière-plan et en rattraper le dénouement au dernier moment. Car la caméra est braquée sur Corwin, et Corwin est seul dans un périple quasi-psychédélique pour la majeure partie du roman.

Les Cours du chaos est un tome étonnant, et la différence avec l’attente du lecteur et avec les tomes précédents peut facilement en faire un tome moins apprécié. Et pourtant, il possède d’autres forces qui lui font garder toute sa qualité. Avec en premier lieu le talent de conteur de Roger Zelazny, qui se permet de revenir plus concrètement à ses influences et thèmes favoris.

Et si ce roman est longtemps étrange et moins dans l’abondance, la dernière partie revient à une formule bien plus connue et offre une très bonne conclusion qui récupérera même l’enthousiasme des plus dubitatifs. Une conclusion à la hauteur de cet excellent cycle de Corwin. Un cycle assurément à conseiller et une œuvre qui mérite bien sa réputation et ses éloges.


Huitième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

mercredi 29 juillet 2015

Roger Zelazny - La Main d'Oberon

La Main d’Oberon, Roger Zelazny, Tome 4/10 du cycle des Princes d’Ambre, 1976, 268 pages.

Après Les Neuf princes d'Ambre, Les Fusils d'Avalon et Le Signe de la licorne, La Main d’Oberon est le quatrième tome du cycle des Princes d’Ambre et vient poursuivre les aventures de Corwin et de sa famille. Pour le résumé complet, le deuxième chapitre fait cela très bien en reprenant tous les éléments des trois premiers tomes, et c’est impressionnant de densité.

Faut-il encore le répéter ? Cette série est bonne, très bonne. Et ce tome le confirme encore une fois. On y retrouve toutes les qualités des romans précédents, bien que l’ennemi et le mystère se situent de plus en plus à l’extérieur de la famille et que la mythologie ne cesse de s’élargir.

La Main d’Obéron est un roman extrêmement vif et compact. En un peu plus de 250 pages, il se passe un nombre incroyable d’événements et de rebondissements. Sans aucun temps mort pour le lecteur, qui ne se retrouve pour autant jamais perdu, la plume de Roger Zelazny étant d’une redoutable efficacité.

Outre le plaisir immédiat de cette rapidité d’exécution et de ce rythme élancé, cela permet aussi d’empêcher le naïf lecteur de réfléchir et d’anticiper le twist final, bien caché mais pourtant parfaitement anticipable. Cela ne fait que renforcer le talent de Roger Zelazny.

À l’issue de ce quatrième tome, tous les éléments sont en place pour que la résolution soit phénoménale. Réponse très vite dans Les Cours du chaos.


Septième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

mardi 30 juin 2015

Roger Zelazny - Le Signe de la licorne

Le Signe de la licorne, Roger Zelazny, Tome 3/10 du cycle des Princes d'Ambre, 1975, 296 pages.

Suite des aventures de Corwin et compagnie après Les Neuf princes d'Ambre et Les Fusils d'Avalon. Aux côtés de la lutte fraternelle pour la conquête du trône, une autre menace prend une forme de plus en plus concrète et accapare l'attention.

Avec la fin du deuxième tome, on aurait pu croire que l'intrigue allait quelque peu varier pour se concentrer hors de la ligne de succession. Il n'en est rien, Le Signe de la licorne étant peut-être le tome où le jeu d'échecs familial est le plus important et le plus au premier plan. Pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprécie d'autant plus le jeu qu'il maîtrise désormais une partie de l'univers.

En parlant de l'univers, on en apprend encore et toujours plus sur celui-ci et son histoire. Mais pas d'inquiétude, dans le même temps de nouveaux mystères et subtilités se dévoilent, notamment dans l'étrange conclusion du roman. Il faudra néanmoins attendre le tome suivant pour espérer quelques réponses au mystère principal qui ne fait que s'épaissir. Définitivement, Roger Zelazny sait donner envie au lecteur de poursuivre l'aventure.


Douzième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

Deuxième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

dimanche 28 juin 2015

Roger Zelazny - Les Fusils d'Avalon

Les Fusils d'Avalon, Roger Zelazny, Tome 2/10 du cycle des Princes d'Ambre, 1972, 327 pages.

Suite des aventures de Corwin, peu de temps après la fin des Neuf Princes d'Ambre. Toujours en quête du trône, Corwin se met en route vers Avalon pour y trouver de l'aide.

Roger Zelazny prouve ici sa capacité à mélanger les influences tout en gardant une parfaite harmonie. Ainsi, la mythique Avalon côtoie des monstres légendaires et notre bonne vieille Terre dans un cadre de fantasy à la fois habituel et novateur. L'univers est ici un vrai personnage à part entière.

Quant à l'histoire, elle se poursuit avec les mêmes qualités que dans le premier tome. Le mystère est moins grand pour Corwin, mais il reste de taille pour le lecteur qui continue de découvrir pas à pas le fonctionnement d'Ambre et ses secrets.

Il y a peu de choses à rajouter sur Les Fusils d'Avalon. Dans la directe lignée des Neuf Princes d'Ambre, il vous satisfera si vous avez apprécié ce dernier et confirme la qualité de cette série. Il possède tout de même une particularité supplémentaire : une fin abrupte, peut-être la plus abrupte que j'ai jamais lu. De quoi donner encore plus envie de poursuivre immédiatement avec le troisième tome.


Onzième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

Première lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

samedi 9 mai 2015

Roger Zelazny - Les Neuf princes d'Ambre

Les Neuf princes d'Ambre, Roger Zelazny, Tome 1/10 du cycle des Princes d'Ambre, 1970, 251 pages.

Les Neuf princes d'Ambre est le premier tome du cycle des Princes d'Ambre, une grande saga qui comporte 10 romans. Plus précisément, ce cycle comporte deux séries de cinq livres : le cycle de Corwin et le cycle de Merlin. Nous sommes ici au commencement du commencement : le premier livre du cycle de Corwin.

S'il veut parfaitement être dans l'ambiance et apprécier totalement l'expérience, le lecteur ne voudra rien savoir de l'histoire avant de se lancer dans sa lecture. Ainsi, il commencera avec exactement les mêmes informations que Corwin : aucune. Car à son réveil, l'amnésie est là et il devra tâtonner pour comprendre la situation qui l'entoure. Comme le lecteur.

L'écriture de Roger Zelazny est parfaite. L'amnésie permet d'entrer pas à pas dans l'univers et de s'attacher dès le départ à ce héros qui est au même niveau de connaissances que le lecteur. L'avancée est intelligente, en en disant toujours suffisamment sans jamais être didactique. Dans la logique de l'époque, l'aventure est fort rythmée, malgré le peu de pages, mais ne donne jamais l'impression d'être expédiée, au contraire, l'écriture de Zelazny faisant là aussi des merveilles.

Les Neufs princes d'Ambre est une très belle entrée en matière dans ce cycle mythique. Ambre et ses infinités de possibilités se dévoilent, autour d'un attachant Corwin. La conclusion ne laisse qu'une seule possibilité et envie : lire la suite.


Neuvième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

samedi 16 février 2013

Alfred Bester & Roger Zelazny - Le Troqueur d'âmes

Le Troqueur d'âmes, Alfred Bester & Roger Zelazny, 1998, 221 pages.

Ce n'est pas tous les jours que l'on lit une oeuvre doublement posthume. Surtout écrite par deux des pionniers de la science-fiction américaine (enfin, je crois, plus ou moins...). C'est pourtant le cas ici. Commencée par Alfred Bester, elle sera terminée par Roger Zelazny (dont je pense avoir déjà entendu le nom, cité par Asimov dans The Early Asimov) après la mort de ce premier, mais publié seulement trois ans après le décès de ce dernier. C'est déjà une aventure en soi.

Compliqué ? Pourtant, ce n'est que la partie facile à comprendre du livre.
J'en rajoute peut-être un peu. C'est vrai, le début n'est pas si dur. Il est même plutôt engageant. Un journaliste en reportage dans une bourse d'échange de morceaux d'êtres humains (ou pas, d'ailleurs), c'est prometteur. On sent le mystère sous-jacent, et on imagine le potentiel qu'a ce système d'échange de capacités.
La peur commence légèrement à percer quand on se rend compte qu'il faut un peu de connaissance pour comprendre les péripéties en référence à Beethoven ou Poe... Mais cela passe, on comprend au moins dans les grandes lignes, et on se dit que, de toute manière, par la suite on va avoir le droit à une plus grosse intrigue.

Bingo ! Sauf que c'est le début de la fin. C'est peut-être seulement moi, puisque je sais que j'ai toujours un peu de mal avec la science-fiction quand ça se complexifie un peu trop, que la technicité est trop présente. Mais tout de même... c'est super compliqué.
De deux manières : dans les explications de certains phénomènes (ça encore, ça peut passer), mais aussi dans l'intrigue en elle-même (qui découle en partie des explications ardues, mais pas que). Réellement, j'ai rarement aussi peu compris un livre. Je suis quasiment incapable de vous expliquer la deuxième moitié de l'histoire. Ce qui n'est pas bon signe.

On ne peut pas nier qu'il y a de bonnes idées. Mais peut-être trop d'idées justement, qui ne se permettent pas les unes les autres de se développer correctement. Une petite déception après un bon départ.