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mercredi 17 mars 2021

Octavia E. Butler - La Parabole des talents

La Parabole des talents, Octavia E. Butler, Tome 2/2 des Paraboles, 1998, 582 pages
« Le ton eut vite fait de remonter ici et là. Quelques provocations entraînèrent des violations de cessez-le-feu en cascade. Là où des gouvernements, brusquement lucides, avaient entamé des pourparlers de paix, ceux-ci furent bientôt mis en lambeaux. La négociation exige courage et persévérance, la guerre est à la portée du premier imbécile. »
La Parabole des talents reprend le récit de La Parabole du semeur peu de temps après sa conclusion. Si cette dernière concluait de manière satisfaisante l'aventure, elle laissait une place évidente pour prolonger le récit. Ce qui est fait ici par l'autrice, toujours avec talent et réussite. Retour donc dans ces États-Unis d'un futur proche où le chaos règne et les oppressions fleurissent.

La Parabole des talents pourrait être divisé en trois parties : construction, souffrance et reconstruction. La première et la dernière laissent une grande place à Octavia Butler pour développer plus longuement et concrètement les idées déjà entrevues dans La Parabole du semeur. L'autrice y fait preuve d'une grande lucidité sur les rapports de forces et luttes de pouvoirs entre groupes sociaux, parlant tout à la fois du passé, du présent et du futur - car l'oppression et le fanatisme sont malheureusement intemporels.

Ces deux parties sont parfois rudes à lire, mais c'est sans commune mesure avec la partie centrale qui est d'une violence rare. C'est dur, très dur, mais c'est nécessaire pour montrer toute l'horreur dont est capable l'homme - et ce n'est nullement que de l'imaginaire, malheureusement (bis).

La Parabole des talents est un très bon livre dans la continuité de son prédécesseur, le prolongeant et le renouvelant admirablement. Toutes les qualités évoquées dans mon billet précédent restent valables et je ne fais ici qu'effleurer sa puissance. Tout aussi intelligent que violent, Octavia Butler parvient à livrer un récit malgré tout agréable à lire, tant parce qu'elle évite tout pathos ou condescendance que parce qu'elle préserve toujours une lueur d'espoir. Un diptyque à la hauteur de sa réputation, incontournable pour tout lecteurice d'imaginaire engagé.

Couverture : Rampazzo / Traduction : Iawa Tate
D'autres avis : JMG, ...

dimanche 17 janvier 2021

Octavia E. Butler - La Parabole du semeur

La Parabole du semeur, Octavia E. Butler, Tome 1/2 des Paraboles, 1993, 388 pages

États-Unis, 2024. Le chaos se propage : l'eau vient à manquer, les exactions se multiplient, la loi du plus fort prend peu à peu place dans sa version la plus triviale. Dans une petit quartier ceint d'un mur de protection vit la famille Olamina. Fille du pasteur de cette petite communauté, Lauren, jeune adolescente éveillée et lucide sur le destin du monde, souffrant d'hyperempathie - elle partagent physiquement les plaisirs et douleurs des gens qui l'entourent -, rêve de partir pour le Nord et d'y mettre en application ses idéaux.

La Parabole du semeur est un récit apocalyptique dur et violent. Il n'est pas beau de voir ce qu'est devenu le monde et les extrémités auquel il pousse. Ce qu'il est devenu ou ce qu'il devient même, car l'ouvrage d'Octavia E. Butler est peut-être encore plus d'actualité aujourd'hui qu'au moment de sa sortie, désespérément réel.

Fort heureusement, dans toute cette noirceur, La Parabole du semeur est aussi un roman plein d'espoir et de notes positives. L'autrice y parle de résistance, de multiculturalisme, d’acceptation, de mixité, de respect, ... Le tout symbolisé par une "religion", une idée fédératrice portée par l'héroïne, dont les extraits parsèment l'oeuvre et qui touche juste.

Je n'aime généralement pas les romans apocalyptiques/post-apocalyptiques et la religion est très loin d'être un sujet qui m'attire. J'ai adoré La Parabole du semeur. C'est excellent de bout en bout, un road-trip apocalyptique qui présente tout autant la violence et la misère dans lequel notre monde s'enfonce qu'une voie pour s'en sortir. C'est dur, c'est lucide et c'est beau. Un foutu espoir plein de difficultés et de peines, mais surtout un foutu espoir, toujours.

Couverture : Rampazzo / Traduction : Philippe Rouard
D'autres avis : Shaya, ...