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lundi 14 octobre 2019

Megan Lindholm, Steven Brust & Gregory Frost - Liavek

Liavek, Megan Lindholm, Steven Brust et Gregory Frost, 1985-1988, 282 pages

Cité portuaire multiculturelle où les habitants reçoivent chaque année une dose de « chance », Liavek est un univers partagé par de nombreux auteurs qui comprend au total 56 nouvelles (et 7 poèmes). Ce recueil, créé spécialement pour la France, en reprend 6 qui suivent, notamment, les personnages de Kaloo et Dashif dans une montée en puissance qui pourrait faire croire que ces nouvelles ont toujours été conçues pour être un fix-up.

Les deux premières nouvelles servent surtout d'introduction aux deux protagonistes principaux, les intrigues étant encore plus simples que les suivantes - qui ne sont pourtant déjà pas bien compliquées. Quant à l'univers, il est juste brossé. S'il paraît être riche et avec un bon potentiel, il ne sera jamais pleinement découvert ici, pas de manière satisfaisante en tout cas, la faute peut-être au format d'univers partagé.

Les deux nouvelles écrites en solo par Steven Brust manquent de consistance, jouant bien trop sur de nombreuses et courtes ellipses pour donner du rythme. Heureusement la présence de Megan Lindholm dans les quatre autres apportent plus de satisfaction. La palme revenant à Un acte d'amour, la dernière nouvelle, qui est le vrai plat de résistance de ce recueil et y apporte une véritable conclusion.

Lecture agréable s'il en est, Liavek ne peut clairement pas se targuer d'être l'oeuvre majeure de Megan Lindholm. Un recueil sympathique néanmoins, tout en simplicité, un peu trop, dans un univers qu'on aimerait plus développé. Reste pour cela 50 nouvelles à lire en VO...

D'autres avis : Vert, Shaya, Cédric, ...

samedi 30 août 2014

Megan Lindholm - Le Peuple des rennes

Le Peuple des rennes, Megan Lindholm, Tome 1/2, 1988, 421 pages.

Âge du bronze, quelque part. Tillu, guérisseuse, vit seul avec son fils, Kerleu, apprenti chaman et souffrant d'une certaine déficience mentale, suscitant la moquerie et le rejet de l'enfant par toutes les tribus où la famille s'installe. Ils s'isolent donc en forêt, sans savoir qu'ils se trouvent à proximité du peuple des rennes.

À la croisée du roman (pré)historique et de la fantasy (pour la touche de chamanisme essentiellement), Le Peuple des rennes ne sent pas le vieux. Et pour cause, tout semble normal et presque actuel. Les dialogues ne souffrent d'aucun problème de compréhension, le vocabulaire semblant même parfois trop élaboré, les personnages semblent vivre normalement, comme n'importe quel fermier du XIXème siècle. Les évocations de la préhistoire sont bien présentes, le contexte est très visuel, mais le dépaysement n'est pas immense.

Mais ce qui pourrait être une faiblesse est aussi la plus grande force du récit : l'intemporalité de son sujet. Car si l'intrigue principale, qu'on suit avec intérêt, est la survie de Tillu et Kerleu, l'attention est portée sur la relation entre cette mère et son fils "différent". Et bien plus généralement sur la gestion du handicap mental, que cela soit pour la mère, entre amour et désespoir, que vis-à-vis du reste de la communauté. Peu importe la préhistoire, ces situations sont toujours pleinement d'actualité.

Le Peuple des rennes est un roman qui sonne juste. Tillu et Kerleu ne sont pas toujours forcément des plus sympathiques (ce rôle est assumé par Heckram, la gentillesse incarnée) mais ne peuvent pas laisser indifférent. La préhistoire n'est qu'un prétexte pour conter les cheminements de personnages intemporels, sans que l'intrigue n'en pâtisse. Une très bonne lecture qui donne toutes les raisons d'aller lire le second volet de cette duologie : Le Frère du loup.


Troisième participation au Rupestre Fiction

Vingtième participation au challenge SFFF au féminin