Genèse de la Cité, N.K. Jemisin, Tome 1/3 de Mégapoles, 2020, 504 pages
Ils sont cinq. Cinq comme le nombre d'arrondissements de New-York. Cinq à se sentir tout d'un coup différent, liés entre eux et à la Ville. Cinq qui devront s'unir pour redonner toutes ses forces à New-York et vaincre l'Ennemi et ses tentacules blancs.
Avec ce pitch, vous avez à la fois le point de départ, le déroulé et la conclusion de Genèse de la Cité. Car aucune surprise ne se trouve à l'intérieur de ces pages, tout se dirige vers où l'on suppose que cela va se diriger, en quasi ligne droite. Cela dit, la prévisibilité n'est pas forcément un aspect rédhibitoire si le chemin est intéressant. Le problème, c'est que les péripéties ne sont guère plus emballantes, tout se résolvant par "l'instinct" des personnages, des "je ne sais pas pourquoi je fais ci ou dis ça, mais je sens que". Vous connaissiez le deus ex machina, bienvenue dans le deus ex civitas.
Tout n'est pas fondamentalement mauvais dans ce livre. L'idée de départ - de l'urban fantasy au sens littéral ! - est maline et a un bon potentiel. On sent aussi que N.K. Jemisin s'est fait plaisir à dépeindre New-York et à proposer une galerie de personnages inclusive, pour mieux taper avec de gros sabots sur celleux que ça dérange. Et si je tairais mon appréciation des scènes d'action, ça se lit globalement plutôt facilement et les interactions entre les représentants des arrondissements proposent des passages sympathiques.
Ça n'est toutefois pas suffisant - et ce même en mettant de côté mon avis sur l'utilisation, encore et toujours, d'un certain auteur de Providence - pour faire de Genèse de la Cité un roman satisfaisant. La bonne nouvelle toutefois, c'est que même s'il est le premier tome d'une trilogie, il se tient parfaitement en tant que one-shot. Je peux sereinement en rester là.
Couverture : AkuMimpi / Traduction : Michelle Charrier
D'autres avis : Gromovar, Lune, Célinedanaë, Le nocher des livres, Boudicca, Anudar, ...




