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dimanche 19 janvier 2020

Thomas Geha - Chuchoteurs du dragon & autres murmures

Chuchoteurs du dragon & autres murmures, Thomas Geha, 1996-2019, 158 pages

Chuchoteurs du dragon & autres murmures est un recueil de 10 nouvelles. Une partie d'entre elles est parue précédemment dans diverses anthologies, certaines ont été réécrites et d'autres sont inédites. Toutes sont des nouvelles de fantasy, au sens large, qui ne se répètent jamais - même si Thomas Geha aime les alternances de points de vue. Cette multiplicité, cette diversité, est surement la plus grande qualité de ce recueil.

En conséquence, on appréciera plus ou moins les tentatives. Chuchoteurs du dragon & autres murmures respecte malheureusement l'habituel adage sur les recueils - "certaines nouvelles sont bonnes, d'autres moins" - mais reste globalement un bon ouvrage. Deux nouvelles sortent du lot, "Chuchoteurs du dragon" qui ouvre le recueil et la courte "Le briquet de Noël", trois si je passe outre la tristesse de "Je serai Joseph". L'ensemble manque toutefois de moments qui dépasse le stade du bien, et ce malgré une trilogie loguivienne.

Un bon recueil malgré tout, et surement ma plus satisfaisante rencontre avec l'auteur après l'intégrale Alone et Des Sorciers et des Hommes. Et la satisfaction, c'est déjà pas mal.

Couverture : Jimmy Rogon
D'autre avis : Célindanaé, ...

mercredi 31 juillet 2019

Thomas Geha - Des Sorciers et des Hommes

Des Sorciers et des Hommes, Thomas Geha, 2018, 318 pages

Hent Guer est un guerrier, Pic Caram un sorcier. Extrêmement doués individuellement, chacun dans son domaine, ils forment ensemble un duo plus qu'efficace. Une alliance qu'ils mettent à disposition de quiconque proposera une récompense sonnante et trébuchante suffisante. En n'oubliant jamais qu'ils ne servent les intérêts que d'un seul maître : eux-mêmes.

Des Sorciers et des Hommes conte les aventures d'un duo de méchants. Pas de ces voleurs gouailleurs et sympathiques qu'on trouve parfois, non, de vrais méchants qui prennent plaisir à arnaquer, voler, tuer et autres joyeusetés. Si vous vous demandiez pourquoi on n'en voit pas plus souvent, une partie de la réponse est ici : on s'y attache quand même beaucoup moins. Heureusement pas au point de rendre déplaisants les cinq premiers épisodes de ce livre, cinq courtes histoires contant chacune une malfaisante aventure du duo.

Le sixième épisode est lui bien plus long et est la conclusion logique - trop logique - des cinq premiers. Passée la surprise initiale, tout y est trop linéaire, sans la fraicheur et la différence des aventures précédentes. Même le développement, attendu, de certains personnages et surtout de l'univers n'est pas si satisfaisant et ne rassasie pas.

Entendons-nous bien : Des Sorciers et des Hommes est loin d'être un mauvais livre, mais je n'ai pas trouvé ça assez plaisant à lire pour en être pleinement satisfait. Ma déception est d'autant plus grande que le roman et l'univers sont remplis de bonnes idées et de potentiel, mais malheureusement leur traitement ne m'a pas convaincu. Il n'en reste pas moins que Thomas Geha fait ici une vraie proposition, offre quelque chose de différent, et, cet aspect-là ne peut être que salué.

D'autres avis : Lune, Lorhkan, Célindanaé, ...

vendredi 28 novembre 2014

Recueil collectif - Super-Héros

Super-Héros, Recueil collectif, 2014, 168 pages.

Alors que les super-héros sont plus que jamais à la mode et que les films, notamment, qui leur sont consacrés déferlent sur nos écrans, Elenya Editions a eu la bonne idée de consacrer un recueil de nouvelles à cette thématique. Avec l'ambition de s'éloigner des habituels clichés et de s'approprier le sujet de diverses manières. Notons dès à présent que chaque récit est accompagné d'un superbe dessin de Jimmy Rogon (à chaque fois sous la forme d'une couverture de comic).

Et l'originalité est au rendez-vous. Ici, point d'aventure classique de gentil contre méchant pour sauver le monde. Car, avant tout, le super-héros, ou tout du moins son pouvoir, n'est pas forcément si exceptionnel que cela. Et puis, il faut réussir à se l'approprier ce pouvoir qui fait rêver les foules. Sans compter que les super-vilains ne sont jamais loin, ni l'attrait du côté obscur de la force. Jusqu'au jour où il faut penser à sa succession...

Attardons-nous rapidement sur chaque texte, en commençant par ceux pour lesquels je dois avouer être passé plutôt à côté. "Colorman" de Christophe Gallo m'a essentiellement mis mal à l'aise et je n'ai pas réussi à envisager un quelconque double sens. "Le Cambrioleur masqué" de Tiphaine Levillain (le plus "classique" des textes avec une tentative de polar en quelques pages) et "Mauvais plan" de Doris Facciolo pâtissent d'un manque de surprise général, deux nouvelles à chute dont les chutes n'étonnent pas vraiment. Quant à "Thérapie" de Rémy Garcia, le texte est maîtrisé et sympathique, mais j'ai eu le problème d'être absolument certain de la chute au bout de la deuxième page...

Je suis plus enthousiaste avec tout le reste. Dans un genre (presque) aussi troublant que la nouvelle de Christophe Gallo, "Mille éclats" de Davy Artero a réussi à me garder jusqu'au bout malgré son étrangeté. "Worms" de John Steelwood et "L'Apocalypse selon Jonas" de O'Scaryne font partie des rares textes du recueil à avoir des fins assez ouvertes : j'ai aimé le côté machiavélique du premier ; le deuxième réussit à avoir une ampleur inattendue pour un sujet déroutant au premier abord.

Si j'ai déjà cité quelques nouvelles à chute ayant fait un flop, il y en a tout de même qui sont parvenus à mieux. "L'interview" de Louise Laurent, où je suis fait avoir comme un débutant, en est le parfait exemple. "Retraite anticipée" de Camille Courtain et "Apprenti" de Florent Baudry, deux nouvelles à la thématique proche, ont tout aussi bien fonctionné. Mais ma préférée du recueil n'est pas un récit qui tient sur sa chute : "Super 8" de Thomas Geha est une nouvelle très drôle de bout en bout, une utilisation parfaitement déjantée du super-héros (j'ai même envie de dire qu'avec cette nouvelle, "ça plane pour moi").

Super-héros est un recueil vif où l'on ne s'ennuie pas. En onze courts textes, on retrouve quasiment onze visions différentes du super-héros, onze idées originales que ce soit dans le style, le genre ou le sujet. Et même si aucune des nouvelles n'est véritablement exceptionnelle, la grande majorité est de bonne qualité et l'on passe un sympathique moment à la lecture de ce recueil.


Livre gagné chez Doris, merci à elle (Ô ingrat que je suis).

Sixième participation au Challenge Francofou

Vingt-sixième participation au challenge SFFF au féminin

lundi 28 juillet 2014

Thomas Geha - Alone, L'Intégrale

Alone, l'intégrale, Thomas Geha, 2014 (2005 et 2008 originellement), 436 pages.

Cette intégrale contient deux romans, A comme Alone et Alone contre Alone, ainsi que deux nouvelles, L'Ère du Tambalacoque et Le Silence est d'or. Passons rapidement sur ces deux dernières. En soi, elles n'ont rien d'exceptionnelles mais sont pour le fan un sympathique ajout à l'ensemble.

France, futur proche. Les nadrones, robots nettoyeurs des villes, ont dégénérés, semant mort et apocalypse et rendant les villes impraticables. Dans ce nouveau monde, les survivants se divisent en deux catégories. D'un côté les Rasses, ceux qui se regroupent, souvent sous la coupe d'un leader fanatique. De l'autre les Alones, ceux qui vont seuls et évitent les premiers. Pépé, le narrateur, est un Alone.

En résulte deux bons romans d'action/aventure dans une France dévastée. Comme toute oeuvre écrite à la première personne, il faut un narrateur fort. Pépé l'est. Héros gouailleur et sympathique, il a cette petite touche de désillusion et de solitude qui le rendrait presque touchant. On pourra d'ailleurs regretter que Thomas Geha ne s'attarde pas plus à développer la profondeur et les faiblesses de son héros.

C'est un mal pour un bien. L'histoire est simple, va à l'essentiel. On ne se perd pas dans des considérations philosophiques, on évite toutes péripéties inutiles. Et c'est hautement agréable, une lecture plaisir sans prise de tête. Elle réveille même les instincts patriotiques en situant son intrigue dans l'hexagone, et ce n'en est que plus sympathique que de suivre les protagonistes déambuler sur des territoires connus.