mardi 8 avril 2014

Scott Lynch - La République des voleurs

Fiche technique :

Titre : La République des voleurs
Auteur : Scott Lynch
Date de première publication : 2013
Nombre de pages : 669
Taille de l'écriture : Moyenne-basse

Série : Les Salauds Gentilshommes
Tome : 3/7

Quatrième de couverture :

Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire.
À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision...

Mon avis :

   Cela fait relativement peu de temps que j'ai découvert Les Salauds Gentilshommes. Ce qui aura eu une conséquence heureuse : je n'aurais pas, comme tant d'autres, attendu des années pour lire la suite. Enfin, ce n'est pas comme si le tome 2 se terminait sur un demi-cliffhanger terrible.

   Allons à l'essentiel. La République des voleurs - un très bon titre, qui trouvera un double écho dans ses pages - est du très bon Scott Lynch. Satisfaisant et absolument pas décevant. Au jeu des classements, je le placerais tout de même en dessous des deux autres. Mais cela reste très bon.

   On retrouve Locke et Jean peu de temps après les avoir laissés. Fidèles à eux-mêmes, avec cette gouaille (Définition : Attitude impertinente, moqueuse, insolente ; Synonyme : Locke Lamora) et ce bagou quasi-suicidaire. Le style de Scott Lynch est toujours identique et efficace. La forme du récit renoue avec ses origines : une imbrication du présent et d'interludes du passé. Deux histoires en une. Avec la prouesse d'avoir réussi à retenir mon intérêt et le suspense même dans l'histoire ancienne (alors que l'on sait très bien comment cela va finir).

   Mais l'élément essentiel de ce roman, c'est Sabetha. La Sabetha, attendue depuis le tout premier tome. Du coup, La République des voleurs, c'est presque un roman Harlequin. Et on aime ça. Étonnamment, cela parvient à ne pas tomber dans le gnangnan alors que certains éléments en sont caractéristiques. Alors, pourquoi ça marche ? Il y a une raison selon moi : c'est le troisième tome. Une histoire pareille dans le premier tome n'aurait pas fonctionné. Mais là, on connait les personnages, on les apprécie, on est fan et accro. Alors on apprécie. C'est le syndrome "Sherlock saison 3" : tout seul, ce n'est pas si bon que ça ; avec les deux premières saisons/tomes, cela fonctionne parfaitement.

   Tout de même, ce volume est un peu en dessous de ses prestigieux prédécesseurs, pour des raisons que je n'explique pas forcément. Un point qui ne m'a pas réellement dérangé mais qui trouvera un impact chez d'autres, c'est le manque d'arnaques et de ruses de grande ampleur. Il y a toujours un bon lot de petits effets, mais globalement l'action prend le pas sur la réflexion (en comparaison des deux autres tomes). Personnellement, le vrai point faible se trouve dans l'histoire elle-même. Dans deux scènes précisément. J'ai haï les révélations sur le passé de Locke. J'ai plutôt détesté l'épilogue. Oh, à chaque fois c'est bien maîtrisé et il y a quelque chose à quoi se raccrocher pas très loin. Mais globalement j'ai peur de la tournure que prennent les événements. Cela se résume en une phrase : la magie prend trop de place.

   J'ose espérer que le tome 4 infirmera mes propos. Et fera par la même occasion remonter le tome 3 dans mon estime. Ce qu'il a déjà fait entre ma fin de lecture et les quelques jours qui se sont écoulés depuis. Ce qu'il fera peut-être encore dans les prochaines semaines, quand la lecture sera vraiment froide et que les trop grandes attentes que j'en avais s'estomperont pour laisser place à un réalisme enjoué : La République des voleurs, c'est excellent.

5 commentaires:

Lorhkan a dit…

Ouais ouais, j'ai compris, faut que je l'achète pour me faire mon avis quoi ! ;)

Kissifrott a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse sur ce que vous appelez le "syndrome Sherlock Saison 3", mon cher Baroona :p

Après, je vois qu'on est d'accord sur la qualité moindre, peut-être à des niveaux différents, surtout parce que ce ne sont pas les mêmes choses qu'on a aimé. J'ai personnellement adoré tout le volet révélations.

Après, que ça tourne trop vers la magie par la suite, ça me fait moins peur, bien que ça dépende de la manière. J'espère que toujours Locke restera tel qu'il est, et donc qu'il affronte la magie.

Baroona a dit…

@Lorhkan -> Non, pas pour te faire un avis, juste pour passer un super moment. =P

@Kissifrott -> Vous m'en voyez ravi mon cher ami ! =P
J'ai justement peur que Locke change (quelques réminiscences peut-être...). Mais même avoir des alliés magiques pourraient être fatiguant à la longue et perdre le sel de ses exploits...
Enfin, je chipote, je suis sûr que Scott Lynch va gérer ça de main de maître !

Nathalie L. a dit…

Comme Kissifrott, moi j'ai beaucoup aimé les révélations sur le passé. Il y a une véritable arnaque construite en parallèle de l'intrigue principale et ça m'a bien tenue en haleine, je ne le cache pas ! :P Par contre, je fais partie de ceux qui ont un peu regretté "le manque d'arnaques et de ruses de grande ampleur" comme tu dis. Les jeux politiques c'est un peu moins palpitant.

Pour info, le tome 4 en VO est prévu pour le 21 juillet 2016. Vu qu'il a été reporté plusieurs fois, faudra voir... Argh, quel suspense !

Baroona a dit…

J'ai cessé de regarder les dates de sorties du tome 4, tant j'ai l'impression que cela change à chaque fois que je cherche... Une chose est sûre, on n'est pas près de le lire. ^^'