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mercredi 14 octobre 2020

Bulles de feu #28 - Valeurs sûres

Le Retour, Bruno Duhamel, 2017, 92 planches

Artiste contemporain ayant fait carrière à New-York, Cristóbal trouve la mort dans un accident de voiture. L'enquête d'un inspecteur de police permettra de découvrir le parcours de cet homme revenu sur son île natale pour la transformer en gigantesque oeuvre d'art et empêcher ainsi l'invasion du tourisme balnéaire de masse.

Les chemins pavés de nobles intentions sont fleuris de mauvaises herbes. Tel pourrait presque être le dicton mis en scène par Duhamel, l'excellent Duhamel (#NouveauContact_, Jamais), avec - je cite le préambule de l'auteur - ce "duel entre conviction et pragmatisme".

Pour cela, l'auteur s'inspire très librement de la vie de César Manrique, artiste ayant changé la face de l'île de Lanzarote. Mais plutôt que de proposer une biographie, Duhamel prend cette idée de base d'un homme cherchant à préserver son île et la pousse plus loin pour proposer une réflexion sur l'art mais surtout sur le combat entre les intentions et la réalité et sur l'évolution des idéaux.

Intéressant et prenant. Bien, comme toujours avec Duhamel.

Quelques planches ici.

L'Homme qui tua Chris Kyle, Fabien Nury et Brüno, 2020, 154 planches

Chris Kyle est le sniper le plus prolifique de l'histoire américaine, avec 160 tués "confirmés" lors de la guerre en Irak. Surnommé "La Légende", héros national des USA, il fit l'objet d'un film en 2015, American Sniper (réalisé par Clint Eastwood), adapté de son autobiographie. Un film qui lui sera posthume puisqu'il meurt en 2013, abattu par Eddie Ray Routh, un ancien marine souffrant de stress post-traumatique.

L'Homme qui tua Chris Kyle raconte tout ça et bien plus. C'est autant l'histoire de Chris Kyle que celle d'Eddie Ray Routh ou de Taya Renae Kyle, la veuve de Chris. C'est l'histoire d'une légende, littéralement, et de comment elle se crée, se diffuse et se propage. C'est la démonstration d'un pays si particulier, les États-Unis. C'est un véritable documentaire nourrit de faits, exposés de manière clinique - mais ce n'est pas froid pour autant. Le dessin - le si particulier mais excellent dessin - de Brüno est parfait pour l'exercice, clinique lui aussi, contribuant à la "neutralité" qui entoure le récit, mais une neutralité ayant du caractère.

L'Homme qui tua Chris Kyle n'est peut-être pas le grand coup de coeur que j'attendais, mais c'est malgré tout une très bonne BD, dans la veine habituelle du binôme Nury/Brüno. Pour plus de détails, Gromovar a déjà tout dit ici. Une BD précise et efficace. Clinique.

dimanche 28 octobre 2018

Bulles de feu #11 - Votre BD, avec ou sans morale ?

L'Ombre d'Hippocrate, Undertaker Tome 4, Xavier Dorison et Ralph Meyer, 2017, 48 planches.

Suite et fin du deuxième diptyque d'Undertaker, après le gros suspens laissé à la fin de L'Ogre de Sutter Camp. Et la qualité ne diminue pas, que cela soit au scénario ou au dessin. Une autre chose qui ne diminue pas, c'est la "violence", surtout morale. Cela reste parfaitement lisible, sans presque broncher, mais on est très loin d'un western spaghetti et les personnages sont loin d'être des enfants de chœur...
Quoiqu'il en soit, ce quatrième tome prouve, s'il en était encore besoin, qu'Undertaker est l'une des meilleurs séries de ces dernières années.
« - La mère a le pouvoir de donner la vie, le soldat, de donner la mort. Le médecin est le seul à pouvoir donner les deux.
- Pas selon Hippocrate.
- J'emmerde Hippocrate ! »

 Miami, Tyler Cross Tome 3, Fabien Nury et Brüno, 2018, 88 planches.

Oubliez ce que j'ai dit : Undertaker est un enfant de choeur à côté de Tyler Cross. Et ça ne s'arrange pas dans ce troisième tome, car même si Tyler voudrait bien pouvoir se reposer un peu, les ennuis semblent le suivre à la trace. Des ennuis qui laissent des traces de sang et des corps dans la nature.

Tyler Cross est une série violente où la morale n'existe pas et où personne n'est à l'abri, même les innocents (mais y'a-t-il vraiment des innocents dans le monde de Tyler Cross ?). C'est du polar noir des années 60, jubilatoire là où ça ne le devrait pas. Cela fonctionne parce que le scénario et la narration de Fabien Nury sont millimétrés. Mais cela fonctionne surtout parce que le dessin si particulier de Brüno vient parfaitement contrebalancer cette violence, apportant à la fois un style graphique fort et une échappatoire mentale.

Ce troisième tome reste exactement dans la lignée des deux premiers. Vous en trouverez une très bonne chronique sur Bédéthèque. Il n'y a rien à ajouter : lisez Tyler Cross. Car si Undertaker est l'une des meilleures séries récentes, Tyler Cross est peut-être la meilleure.

mercredi 23 mai 2018

Bulles de feu #6 - Des tomes en vrac !

 
 Jirô Taniguchi, Les Gardiens du Louvre, 2014, 130 planches.


C'est du Jirô Taniguchi, c'est donc joli. Mais même si ça se lit bien, l'histoire n'est pas passionnante. "Simple" visite du Louvre, sous différents angles et avec toujours un brin de fantastique, c'est certainement bien plus intéressant si on est passionné par le sujet.
On notera quand même une très bonne partie sur la seconde guerre mondiale. Mais ça n'en fait pas une lecture indispensable.


Dernières migrations, Le Grand Mort tome 7/?, Régis Loisel, Jean-Blaise Djian et Vincent Mallié, 2017, 58 planches.

Je ne sais déjà pas trop comment j'en suis arrivé à ce septième tome, mais je crois bien que je vais devoir arrêter avant que les auteurs ne le décident pour moi. Un résumé de ce tome ? Rien. Il ne se passe rien, ça n'avance pas. Je suis vraiment incapable de dire à quoi sert ce tome.

Comment faire fortune en juin 40, Fabien Nury, Xavier Dorison et Laurent Astier, 2015, 112 planches.

Adapté d'un roman de Pierre Siniac, il n'est pas étonnant que Comment faire fortune en juin 40 ait été rédigé à l'origine comme un scénario de film tant on a l'impression de lire un film (aussi étrange que cette phrase soit). 
Le pitch : une bande de personnages détonnants cherchent à voler un convoi de 2 tonnes d'or que la Banque de France tient à mettre en sécurité à Bordeaux. Et si vous n'êtes pas allergique au genre, c'est tout bon, avec son lot d'actions et de surprises (pas toutes joyeuses, loin de là). Un bon divertissement.

Ils ont fait l'histoire, Mao Zedong et Saladin, 2016 et 2015, 46 et 46 planches.

Découverte pour moi de la collection "Ils ont fait l'Histoire", énième collection dédiée à l'Histoire, ici axée sur des personnages historiques, retraçant leurs vies et agrémentée de postfaces d'universitaires. Pour ne pas faire les choses simplement, j'ai lu deux tomes de personnages non-européens dont je ne maitrisais pas vraiment le cadre historique, cela participe peut-être, surement, de mon avis un poil négatif, étant donné qu'il était compliqué pour moi de me situer.
Mais au-delà de ça, l'angle choisi pour Mao est étonnant (dans le mauvais sens du terme malheureusement) et la chronologie non linéaire vraiment ardue à suivre et peu utile. C'est simple : j'ai préféré lire la postface que la bd en elle-même. Quant à Saladin, c'est une lecture correcte sans être plus enthousiasmante que ça.
Une collection à réserver aux férus d'Histoire pour l'apport de chercheurs et d'universitaires.

La Magicienne, Les Vieux Fourneaux tome 4/?, Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, 2017, 54 planches.

Une série qui vieillit aussi bien que ses personnages ! C'est du tout bon, peut-être même meilleur que les tomes précédents : un bon mélange de préoccupations d'actualité et de généralités, par la plume acérée de Lupano et porté par le bon dessin de Cauuet, dans un tome où on en a à se mettre sous la dent. Chapeau !