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samedi 11 juillet 2026

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre 1, Avril-Juin)

1Q84 - Livre 1, Avril-Juin, Haruki Murakami, Tome 1/3 de 1Q84, 2009, 534 pages

1Q84 suit en alternance deux personnages. Aomamé est professeure d'arts martiaux... et secrètement tueuse d'hommes violents envers leurs femmes. Tengo est lui professeur de mathématiques et apprenti écrivain. Son éditeur va lui proposer de réécrire le roman d'une jeune adolescente, exceptionnel sur le fond mais manquant de forme.

Et en dire plus serait quasiment divulgâcher l'ensemble du récit tant les rebondissements et les avancées sont peu nombreuses. Ce premier tome de 1Q84 est une longue mise en place, présentant les personnages et semant les graines du problème et de l'aspect imaginaire - à base notamment d'un potentiel monde parallèle. Des graines, car comme toujours avec Haruki Murakami, le fantastique apparait par petites touches pour juste faire bifurquer, de manière presque naturelle, l'ordinaire dans l'extraordinaire.

Ce livre 1 de 1Q84 se lit bien et le mystère, lié à une secte et à cet aspect fantastique, est prometteur. Mais il est aussi un peu frustrant tant il ne fait qu'effleurer les enjeux. Ce premier tome représente un tiers de la série et je n'ai quasiment aucune idée de ce que je lis ni de ce que j'en pense. Si ce n'est que l'obsession des personnages pour les seins, et la relation un peu trouble entre Tengo et l'adolescente, n'est pas pour me plaire, et ce alors que le roman propose aussi de vrais enjeux féministes. Pour ce sujet comme de manière plus générale, 1Q84 est pour le moment un livre ambivalent, à la fois bon et moins bon, comme les deux faces d'une même pièce. À voir de quel côté celle-ci tombera dans le tome 2.

Couverture : ? / Traduction : Hélène Morita
D'autres avis : FeyGirl, ...

jeudi 28 février 2013

Haruki Murakami - Saules aveugles, femme endormie

Saules aveugles, femme endormie, Haruki Murakami, 2006, 428 pages.

Oui, je sais, encore. Promis, c'est le dernier, au moins pour quelque temps. Mais il fallait bien que je finisse mon triptyque sur les nouvelles d'Haruki Murakami. Et en le chroniquant ce mois-ci, je peux dire que février était vraiment le mois Murakami. Grâce au Challenge Écrivains Japonais d'Adalana, encore merci.
Pour rappel, j'ai déjà lu Après le tremblement de terre et L'éléphant s'évapore. D'ailleurs, si vous voulez mon avis sur Saules aveugles, femme endormie, je ne peux que que vous inviter à lire celui de L'éléphant s'évapore, puisque fondamentalement les deux vont se confondre. C'est normal, les deux livres ont le même principe : des nouvelles (23 pour ce recueil) qui partent généralement d'un quotidien banal et normal jusqu'à ce qu'un élément absurde ou fantastique apparaisse. Bon, c'est caricatural (légèrement) car on ne peut pas résumer 40 nouvelles en une phrase, mais l'idée est plutôt là.

Du coup, je ne vais pas radoter et reprendre ce que j'ai écrit sur le premier livre, vous irez lire le premier avis si vous en avez envie. Par contre, je peux me permettre d'évoquer quelques points plus spécifiques. Comme la présence de Murakami en tant que personnage dans une des nouvelles. Son nom est cité et le personnage est aussi écrivain, il est dur d'y voir une simple coïncidence. Bon, c'est surprenant, un joli clin d'oeil, mais pas de quoi en faire des tonnes a priori. Sauf qu'après avoir lu cette nouvelle, j'ai repensé à toutes les autres où le personnage principal est aussi écrivain... une chose assez fréquente avais-je remarqué. Surgit alors l'interrogation : Murakami se met-il en scène très souvent ? Y a t-il une part de vérité dans tout cela ?

Ah, tout plein de questions sans réponse, d'idées filées et mélangées, de petits mystères qu'on se crée nous-mêmes, c'est totalement murakamiesque ! Parce que si cet afflux de questions m'est advenu avec la présence de Murakami, cela arrive fréquemment, notamment au sujet des personnages. Avec par exemple des noms qui reviennent d'une nouvelle à une autre : même personnage ? simple homonyme ? Je n'ai jamais été sûr de rien... Sacré Notoboru Watanabe !

Bref, c'est un recueil à lire. Particulier, mais tellement bon. D'ailleurs, je pense que pour le savourer au maximum, il faut aller y piocher une nouvelle par-ci, par-là, de temps en temps, et ne pas le lire d'une traite. Pour laisser à chaque histoire le temps d'être savouré et de libérer ses sensations, individuellement. Enfin, je dis ça, mais vous pouvez aussi le dévorer d'un bout à l'autre comme moi, et n'y revenir ainsi que plus tard. Libre à vous !

lundi 25 février 2013

Haruki Murakami - Après le tremblement de terre

Après le tremblement de terre, Haruki Murakami, 2000, 158 pages.

Haruki Murakami ? Tiens, n'aurions-nous pas déjà vu ce nom il y a peu de temps ? Il se pourrait bien... Peut-être avec L'éléphant s'évapore, recueil de nouvelles que j'avais fortement apprécié. Le tout découvert dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana.

Une deuxième lecture de Murakami donc. Et encore un recueil de nouvelles, 6 cette fois. Je n'ai même pas fait exprès. Je l'ai découvert, tout petit, tout fébrile, dans les rayons de la bibliothèque, exhibant à mes yeux le nom de Murakami, m'implorant de le lire. Je n'ai pas pu résister (après un petit coup d'oeil à la quatrième de couverture quand même). Ainsi je me retrouve devant 6 nouvelles, traitant chacune de la vie d'un personnage, affecté d'une manière ou d'une autre par le séisme de Kobe (fait réel). Plutôt d'une autre manière d'ailleurs, car les références au tremblement de terre ne sont pas forcément très explicites, ni très cruciales à première vue.

Je dois l'avouer, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus concret (vis-à-vis du séisme). Pour moi, chaque nouvelle pourrait exister indépendamment du "recueil spécial séisme", et quasiment du séisme en lui-même. Après, c'est sûr qu'en y réfléchissant, on peut véritablement trouver des liens entre les réactions des personnages et le désastre, mais on ne sait jamais si c'est ce qu'a voulu dire l'auteur, ou si c'est nous qui cherchons trop loin, pour forcément y trouver une raison. D'un autre côté, c'est un peu la magie de Murakami : on ne sait jamais véritablement, il faut juste accepter et apprécier. Mais quand même.

Au final, je crois que je n'ai pas trouvé cette lecture aussi fantastique que la première. D'ailleurs, dans tous les sens du terme, car les histoires sont plus réelles, moins surnaturelles et inexplicables. A l'exception de Crapaudin sauve Tokyo, qui est totalement folle, et encore, il peut y avoir une rationalisation. Cela reste néanmoins une lecture sympathique.

mardi 19 février 2013

Haruki Murakami - L'éléphant s'évapore

L'éléphant s'évapore, Haruki Murakami, 1993, 416 pages.

Ma deuxième lecture faite dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana, qui permet de découvrir chaque mois un auteur japonais différent. Et le mois de février est consacré à Haruki Murakami. Autant avec Keigo Higashino le choix était restreint, autant cette fois les possibilités sont nombreuses. J'ai pas mal hésité avant de me décider : de nombreux romans étaient à disposition, mais aucun résumé ne m'a totalement emballé. Heureusement, Murakami n'écrit pas seulement des romans, mais aussi énormément de nouvelles. Et après avoir lu la quatrième de couverture présente au-dessus, comment ne pas être tenté ?
C'est donc parti pour L'éléphant s'évapore, recueil de 17 nouvelles.

Des nouvelles qui ont toutes quelques caractéristiques communes. En effet, elles prennent toutes racines dans  la vie d'une personne ordinaire, d'un quidam (oui, je suis assez fier de pouvoir placer "quidam"). Une personne quelconque vivant sa vie normale (mais si, fabriquer des éléphants est tout à fait commun). Jusqu'à ce qu'un petit quelque chose dérape et qu'un soupçon de fantastique et d'irréalisme apparaisse. Avis à ceux qui n'aiment que les histoires carrés, où tout est expliqué et où les histoires ont un début et une fin, mieux vaut que vous passiez votre chemin.

Je ne peux que citer la quatrième de couverture, puisqu'elle dit vraiment bien les choses : "délicieusement drôle, poétique et bizarre", "des situations d'apparence anodine qui basculent dans l'absurde". C'est exactement ça. Il y a une vraie part de mystère, de folie et de poésie. Et souvent pas de véritables fins : l'histoire peut se terminer à n'importe quel moment, laissant plus ou moins de travail à notre imagination. Cela peut être déstabilisant. Mais cela créé aussi une atmosphère autour de ces histoires, et nous plonge dans un état d'esprit tout particulier.

Il faut que je le dise : j'ai trouvé ça tout simplement beau. Des petits moments de vies qui font voyager et réfléchir. De l'ordinaire qui devient unique.
Cela ne peut que me pousser à continuer ma découverte d'Haruki Murakami, et aller surement flâner du côté de ses romans, voir si on y retrouve la même magie.