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samedi 18 octobre 2014

Mike Resnick - La Belle ténébreuse

La Belle ténébreuse, Mike Resnick, 1987, 320 pages.

Leonardo est un extraterrestre, gentil et pur, expert en art "humain". Engagé par un riche collectionneur, sournois et raciste, il part à la recherche d'oeuvres représentant "La Belle Ténébreuse", une femme en noir qui semble hanter des artistes méconnus depuis des millénaires.

La Belle ténébreuse a un gros problème : il ne faut que trois pages pour connaître toutes les informations concernant l'intrigue et sa "résolution". Pendant le reste du temps, on suivra les personnages balbutiant des explications et émettant des hypothèses dont nous connaissons déjà le résultat. Tout cela pour une conclusion qui n'en est pas une, bien trop ouverte pour être satisfaisante, à l'image du livre : n'apportant rien au mystère.

Au-delà de cette frustration, La Belle ténébreuse est pourtant un livre qui se lit facilement, bien aidé par la prédominance de ses dialogues. Mais pas que. L'évolution du personnage de Leonardo, herbivore candide influencé par son contact avec les hommes, est intéressante. Les péripéties du gentil extraterrestre entouré de méchants humains ne font pas ressentir une certaine caricature et donnent envie de les suivre plus longuement. Et puis, en arrière-plan, Mike Resnick n'oublie pas ses thèmes favoris et évoque le racisme, l'apartheid, l'acculturation.

Malheureusement, même si le cadre est sympathique, il n'est tout de même pas suffisant pour faire oublier une histoire trop faible. La Belle ténébreuse est bien loin d'être un Resnick majeur. On trouvera très facilement de bien meilleures lectures de l'auteur.

jeudi 17 avril 2014

Nancy Kress - Les Hommes dénaturés

Les Hommes dénaturés, nancy Kress, 1998, 263 pages.

J'ai découvert ce livre en lisant la chronique de Vert. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais j'ai eu envie de le lire. De 4 pierres 2 coups, cela me permet aussi de faire mon entrée dans le challenge SFFF au féminin de Tigger Lilly.

Dans un futur proche (à la fois temporellement et en terme d'apparences), la stérilité a pris le pas sur la fertilité. En cause, la pollution de l'air. Les jeunes sont devenus une ressource rare dans cette société vieillissante. Alors, pour combler les besoins de maternité de certains couples, des substituts se créent, pas toujours de manière légale...

L'histoire se découpe en alternance selon trois points de vue et se suit comme un polar. Shana a vu ce qu'elle n'aurait pas du voir et se retrouve, avec Nick et Cameron (c'est un garçon - au cas où vous liriez le livre et vous poseriez comme moi la question pendant assez longtemps), à entrer dans les méandres du système.

Sous couvert d'une histoire de science-fiction futuriste, c'est évidemment le présent que questionne Nancy Kress. Plusieurs sujets au programme : l'impact de la pollution/des produits toxiques, la stérilité, la mort, la recherche scientifique, le rôle et le but des élites,... Pas vraiment joyeux dans l'ensemble mais rien de déprimant pour autant, même une pointe d'espoir. En cela, l'aspect "polar" aide bien à dédramatiser un peu (ou en tout cas à dramatiser sur autre chose).

Les Hommes dénaturés est un bon livre, une lecture qui est relativement facile tout en abordant des sujets "sérieux". Il n'est pas exempt de quelques défauts : une technologie vieillotte (même si personnellement ça ne m'a pas gêné), une vision du monde américano-américaine et un climax qui retombe brusquement à plat. Mais c'est négligeable en comparaison du rythme envolé du récit et de l'intelligence du questionnement.

Première participation au challenge SFFF au féminin

samedi 12 avril 2014

Lucius Shepard - Petite musique de nuit

Petite musique de nuit, Lucius Shepard, 1997, 248 pages.

Le mois dernier, Lucius Shepard est mort. De son vivant, je dois honteusement avouer n'avoir lu que Le Dragon Griaule, un livre qui m'a marqué puisque je jure désormais régulièrement par le nom de Griaule. Alors le peu que je pouvais faire pour lui rendre hommage était de lire un autre de ses ouvrages.

Petite musique de nuit est un recueil de 5 nouvelles (ou 4 nouvelles et 1 novella peut-être) écrites par Lucius Shepard dans les années 90. C'est la VF du recueil Barnacle Bill the Spacer and Other Stories qui comprend 7 nouvelles. Les 2 nouvelles manquantes sont parues dans d'autres recueils en VF (Zone de feu Émeraude et Futurs à bascule).

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par la nouvelle qui termine le recueil : Une histoire de l'humanité. Longue d'une centaine de pages, c'est la seule à être fortement ancrée science-fiction. À la limite du post-apo peut-être. Peut-être, parce que je ne suis pas exactement sûr d'avoir compris l'histoire. Il y a pourtant de bons éléments, un mystère sur la compréhension et la réalité du monde et une ambiance lorgnant vers le western. Mais je n'ai jamais réussi à vraiment visualiser la situation. La dernière partie ne m'aura pas aidé, sans véritable résolution. Une déception.

Avant cela, il y a 4 courtes nouvelles. Deux m'ont moyennement plu. Dans Petite musique de nuit, un critique musical voit sa perception du monde bouleversée après avoir entendu le concert d'un quatuor de musiciens ressuscités. Du potentiel, une montée en puissance mais une fin qui retombe à plat. Cela m'a un peu fait penser à Le Sens secret d'Isaac Asimov mais en moins bien. Concernant Tous les parfums d'Arabie... je ne me souviens déjà plus de la fin. Une histoire d'amour (un point commun à toutes ces nouvelles) sur fond de marché noir. Ça ne décolle pas.

Mais tout n'est pas négatif. La Bête des terres intérieures et L'Amérique du sport ont le point commun de parler de sport. La première est l'histoire d'un boxeur presque aveugle. La deuxième celle de deux tueurs qui parlent baseball et basket pour passer le temps et détourner leurs pensées. Deux histoires touchantes, pour des parcours à la fois exceptionnels et ordinaires, portées par des personnages forts et vrais.

Au final, c'est un recueil en dents de scie. On reconnait la patte Lucius Shepard dans ces histoires où l'intérêt se concentre du côté des personnages. Des personnages tracassés, tiraillés par la vie et leurs vie de couple. Pas un livre indispensable mais le potentiel de faire une bonne découverte au détour d'une nouvelle.