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jeudi 12 juin 2025

Paolo Bacigalupi - Machine de guerre

Machine de guerre, Paolo Bacigalupi, Tome 3/3 des Cités englouties, 2017, 312 pages

Après Ferrailleurs des mers et Les Cités englouties, Paolo Bacigalupi revient une dernière fois dans l'univers post-apocalypse climatique des Cités englouties. Mais alors que le deuxième tome pouvait être considéré comme indépendant du premier (et possédait une fin en soi), ce troisième volume en est une suite quasi-directe, avec un focus encore plus important sur le personnage de Tool, le mémorable mi-homme mi-bête à la puissance dévastatrice et au passé compliqué.

Machine de guerre n'est pas le meilleur des trois récits proposés par Paolo Bacigalupi. Il est un chouïa moins bon parce que son déroulé est un peu trop évident et qu'il est un tout petit peu répétitif. C'est peut-être juste le contrecoup d'être la suite du tome précédent : il lui manque l'effet de surprise et de découverte. Cela dit, la différence est assez minime et, sans rien révolutionner, cela reste une lecture agréable et efficace qui offre une bonne conclusion tant au personnage de Tool, fil conducteur de la trilogie, qu'à la série dans son ensemble - tome 1 compris, oui. Agréable et efficace, ça aura été le mot d'ordre de ces Cités englouties.

Couverture : Olivier Fontvieille / Traduction : Sara Doke
D'autres avis : Xapur, ...

mardi 13 mai 2025

Paolo Bacigalupi - Les Cités Englouties

Les Cités englouties, Paolo Bacigalupi, Tome 2/3 des Cités englouties, 2012, 342 pages

Mahlia et Mouse sont deux jeunes orphelins qui survivent à Banyan Town, à proximité des Cités englouties. Mais dans un monde où les seigneurs de guerre se battent pour le contrôle du territoire à coup d'enfants-soldats, l'avenir ne peut être que sombre. Encore plus quand on est une bâtarde avec un moignon à la place de la main droite. La rencontre avec Tool, un mi-bête à la puissance dévastatrice, pourrait-elle changer leur destin ?

Les Cités englouties n'est pas réellement la suite de Ferrailleurs des mers. Il se situe dans le même univers post-apocalyptique où les eaux sont montés, modifiant totalement le sens du monde et les avancées technologiques. Et il partage le personnage de Tool, hybride génétiquement modifié, moitié-humain moitié-animal. Pour le reste, et même pour cela, c'est totalement indépendant. La preuve : je l'ai totalement apprécié sans me souvenir du 'premier'.

Les Cités englouties partage une dernière chose avec Ferrailleurs des mers : toutes ses qualités. C'est une bonne histoire, efficace et bien rythmée - sans temps mort mais sans jamais non plus donner l'impression d'aller trop vite -, prenante de la première à la dernière ligne. Le récit est loin d'être gentillet, il baigne dans la guerre et les situations dramatiques, mais est pourtant toujours agréable à lire. C'est de la vraie bonne littérature d'action-aventure, simple mais pas simpliste, efficace dans son déroulé, attachant par ses personnages, intelligent dans son propos en arrière-plan sur la guerre et les décisions impossibles qui font la survie. et le tout accessible au plus grand nombre. Une très bonne lecture.

Couverture : Olivier Fontvieille / Traduction : Sara Doke
D'autres avis : Xapur, ...

mercredi 25 décembre 2019

Paolo Bacigalupi - Water Knife

Water Knife, Paolo Bacigalupi, 2015, 486 pages

États-Unis, dans un futur où l'eau est la denrée la plus précieuse, où les pénuries sont nombreuses et où les États s'affrontent à coup de tribunaux et de milices pour le contrôle des fleuves. Angel est un "water knife" pour le compte de la Direction de l'Eau du Sud Nevada. Il envoyé en mission à Phoenix, une ville qui se meurt. Il y croisera Lucie, une journaliste intrépide ne pouvant s'empêcher de mettre son nez dans de dangereuses affaires, et Maria, jeune femme en proie à la misère espérant trouver une porte de sortie pour quitter l'Arizona.

Water Knife est certainement un bon thriller dans son genre, calibré par des chapitres courts et des changements de points de vue réguliers, avec un rythme tout en pression et essoufflement, à défaut d'un énorme suspense. Dans son genre disais-je ? Oui, car plus qu'un thriller, Water Knife est quasiment un blockbuster d'action où le réalisateur l'auteur n'a pas lésiné sur les doses d'hémoglobines, de tortures et de sexe. Que le lecteur soit prévenu.

Mais la vraie question, outre l'intérêt de ces scènes, est de savoir si Water Knife est plus qu'un thriller bourrin. Beaucoup diront - ont dit - qu'il s'agit d'un excellent livre. Je suis plus mitigé. Le cadre est indéniablement réfléchi et basé sur des projections possibles de notre monde. Mais le cadre reste un cadre, et à mon sens il sonne moins fort que dans d'autres ouvrages de l'auteur. Il se résume malheureusement en un simple "le dérèglement climatique va bouleverser, en plus que mal, notre univers". Le lecteur pourra y extrapoler ce qu'il souhaite, Paolo Bacigalupi lui ne dit rien de plus. C'est frappant, certes, mais ça ne prêchera que des convaincus et ça n'apporte rien de plus.

À l'exception peut-être d'une autre idée : tout ça ne sert à rien, c'est la loi du plus fort, il n'y a aucun espoir. Et c'est peut-être là mon problème avec ce roman, moi qui ne suis adepte ni de dystopie ni de post-apo : Water Knife est un livre désespérant et il m'a désespéré.

D'autres avis : Lhisbei, Yogo, Cédric, Lorhkan, Xapur, Lune, Gromovar, Le chien critique, ...

mardi 19 mars 2019

Paolo Bacigalupi - Ferrailleurs des mers

Ferrailleurs des mers, Paolo Bacigalupi, 2010, 394 pages.
« - Ce n'est pas parce qu'un marché existe qu'il faut le servir. (...)
- T'essaies de me dire que tes dealers de rouille ont la conscience propre ? Que raffiner du pétrole est plus sale que d'acheter notre sang et notre rouille pour vous fournir en matières premières ? »
Aux États-Unis, dans un futur proche, dans un monde changé par le dérèglement climatique. Nailer fait partie d'un groupe de légers : comprendre un groupe de ferrailleurs qui vit en récupérant du cuivre, au péril de leurs vies, sur les câblages électriques des navires échoués. Il ne rêve que d'une chose : un "Lucky Strike", une grosse découverte - du pétrole par exemple - pour lui permettre de devenir riche et changer de vie. Le Dieu Ferrailleur sera-t-il de son côté ?

Évidemment il va se passer quelque chose d'inhabituel, sinon le roman n'aurait pas de raison d'exister. Et ça aurait été bien dommage, tant il est de qualité. Pourquoi ? En grande partie pour son rythme à la limite de la perfection. Pour un roman aussi "simple" dans le déroulé - le vrai aspect "Young Adult" de l'ouvrage - tout s'enchaine très bien, ni trop rapidement ni trop lentement, et surtout, encore plus rare, sans scène inutile ou ennuyante.

L'autre force de Ferrailleurs des mers, c'est son contexte, tout autant futur que présent, et les thématiques abordées intelligemment. Car pas de didactisme au programme : les idées passent naturellement, en toile de fond de l'oeuvre, sans être forcés. C'est une bonne chose : au-delà des messages, Ferrailleurs des mers n'oublie pas d'être avant tout un bon livre dans son déroulé, et ce pour tous les publics. Il n'en est que d'autant plus recommandable.
« - Ça fait foutrement beaucoup d'argent, dit-il. Et, si tu penses que t'as une moralité, c'est parce que t'as pas besoin d'argent. »
D'autre avis : Lune, Xapur, Kissifrott, Vert, Lhisbei, ...

dimanche 25 mars 2018

La Fille Automate - Paolo Bacigalupi

La Fille automate, Paolo Bacigalupi, 2009, 639 pages.

Étonnamment, la fille automate n’est pas le personnage principal de ce roman. Certes elle en est un élément central, pivot, mais on ne la voit finalement que peu. Elle n’est qu’une parmi tous les personnages que suit ce livre.

Le vrai personnage principal, c’est la ville de Bangkok, luttant pour sa survie et son indépendance, luttant contre les puissances extérieures et contre ses démons intérieurs. C’est notre monde, tel qu’il pourrait devenir…

Mais toute la force de La Fille automate, c’est de ne pas être moralisateur et d’être discret. Ian MacDonald Paolo Bacigalupi nous conte simplement l’histoire de personnages essayant chacun de survivre et d’avancer, sans chercher ouvertement à passer un message. Et c’est ainsi qu’il passe de manière encore plus frappante.

Pourtant le début de l’ouvrage parait parfaitement banal. Un peu ardu même, le temps de réussir à se repérer dans un univers dont on ne nous donne pas clairement les clés. Et puis les pages se tournent. Il ne se passe pas énormément de choses, mais pourtant les pages filent rapidement. Et, sans s’en rendre compte, la dernière page est tournée. Ne reste alors qu’une impression : pas celle d’avoir lu un roman banal, oh non, mais bien celle d’avoir lu un très grand livre. Chapeau !