Emma G. Wildford, Zidrou & Édith, 2017, 100 planches
Angleterre, début du XXème siècle. Emma G. Wildford attend le retour de son fiancé, parti à l'aventure en Laponie, sur les traces d'une légende samie. Après un an d'absence sans nouvelle, la jeune femme prend à son tour la direction du nord, sous le regard choqué de l'époque.
Le personnage d'Emma G. Wildford, femme n'ayant que faire du regard de la société et bien décidée à vivre sa vie comme elle l'entend, fonctionne plutôt bien. (En tout cas bien mieux qu'une certaine Valentine Pitié.) Néanmoins, plus que le personnage, la qualité d'Emma G. Wildford tient surtout dans son esprit d'aventure et son récit quasi-initiatique, très plaisant à suivre.
Une bonne BD, pas nécessairement exceptionnelle, mais qui est assurément un cran au-dessus de la normalité, et ce notamment grâce à l'excellent travail d'édition. On trouve ainsi à l'intérieur des pages d'Emma G. Wildford quelques objets - photo, ticket d'embarquement et lettre - liés au récit et l'écrin se referme d'une double couverture à rabats magnétiques. Du détail, certes, mais qui donne ce petit plus, cette impression de lire quelque chose de différent. Et c'est parfois tout ce qu'il faut pour devenir marquant.
Tourne-Disque, Zidrou & Raphaël Beuchot, 2014, 102 planches
Invité au Congo belge pour donner un concert, le violoniste Eugène Ysaÿe se retrouve bloqué par un torticolis et doit prolonger son séjour. Ce sera l'occasion pour lui de faire une rencontre inattendue et marquante avec la culture locale.
Eugène Ysaÿe est un personnage réel mais cette histoire est, à priori, une totale invention. Cela n'en reste pas moins un intéressant coup de projecteur qui donne envie d'aller en lire plus sur cet homme. Pour continuer sur ce que n'est pas cette BD, le colonialisme y est une toile de fond qui apparait en filigrane mais est très loin d'être le point focal de l'histoire.
Mais alors, qu'est-ce qu'il y a dans ce Tourne-Disque ? Une histoire très simple, la rencontre de deux hommes unis par les liens de la musique. C'est simple, certes, mais ça ne fait que renforcer la gentillesse et l'émotion qui se dégagent de ce récit. C'est beau, tout simplement. Les mêmes compliments peuvent d'ailleurs s'appliquer aux dessins, dans un style très propre, et encore plus aux couleurs, très colorées et très chaudes. C'est simple, c'est beau, c'est efficace. Un petit bijou comme une douce mélodie.

