L'Homme programmé, Robert Silverberg, 1972, 316 pages.
Après quatre ans de thérapie, Paul Macy sort du Centre de Réhabilitation pour commencer sa vie. Créé de toute pièce, son esprit occupe le corps appartenant jadis à Nat Hamlin, sculpteur de génie mais aussi violeur en série, dont l'esprit a été totalement annihilé suite à son jugement. Sauf que ce dernier n'a peut-être pas tout à fait disparu...
Plusieurs esprits en un corps ? Comment ne pas penser à un trouble dissociatif de l'identité ? Bien qu'il s'agisse ici d'un cas créé - malencontreusement - scientifiquement et que tous les "codes" ne soient pas complètement respectés, le parallèle est inévitable. Si ce trouble est assez régulièrement utilisé en fiction - notamment dans des oeuvres dont on doit taire les noms au risque de divulgâcher le twist - cela évoque pour moi principalement le fascinant Les mille et une vies de Billy Milligan de Daniel Keyes. Mon avis est de ce point de vue quelque peu "faussé" car L'Homme programmé ne peut tenir la comparaison sur le sujet.
Malgré cela, L'Homme programmé possède des qualités propres et offre une réflexion intéressante sur ce qui fait l'humain. Néanmoins, le récit est loin d'être parfait, notamment à cause de l'accumulation de scènes sexuelles, dont certaines assez violentes. Si je peux envisager le pourquoi de ces scènes (et encore...), j'ai tout de même l'impression que beaucoup ne sont pas nécessaires. Ajoutez à cela une résolution peu satisfaisante et vous obtenez un roman qui m'a laissé un goût un peu amer. Ce n'est pas mauvais, loin de là, mais c'est très imparfait.
