Affichage des articles dont le libellé est OCS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est OCS. Afficher tous les articles

vendredi 11 mars 2022

Écran de fumée #19 - OCS(F)

Alex Rider, Saisons 1 & 2, 2020-2021, 8 épisodes de 40 minutes par saison

Adaptée d'une série de romans d'Anthony Horowitz, Alex Rider met en scène le jeune lycéen éponyme, recruté par une cellule du MI6 suite au décès de son oncle qui s’avérait, à l'insu de sa famille, être un espion. Une série d'espionnage donc, avec tout ce qui va avec : un héros aux grandes capacités, des complots, des dangers de morts, des scènes d’infiltration et de combats, ... Une série lambda alors ? Pas du tout.

Certes, Alex Rider ne révolutionne pas le genre. Il y a même quelques rares passages un peu exagérés/improbables - comme tout bon film d'espionnage en quelque sorte. Le mot important ici est "rare" : l'écrasante majorité du scénario reste crédible et d'une ampleur raisonnable, à taille humaine. Avec en plus un petit penchant pour la SF. Grand public et accessible, mais SF tout de même.

Rien de révolutionnaire donc, mais Alex Rider parvient à proposer une série d'une grande fraicheur, lumineuse, portée par un héros sympathique et charismatique, tout comme ses plus proches compagnons (#TeamKyra). C'est simplement très plaisant à regarder et on se prend très facilement au jeu, captivé par la tension développée, oubliant totalement - preuve ultime de qualité - que tout devra nécessairement se résoudre positivement au final. Je me jetterai sur la saison 3 avec gourmandise.

Missions, 3 saisons (série terminée), 2017-2021, 10 épisodes de 25 minutes pour les S1 et S2, 5 épisodes de 45 minutes pour la S3

William Meyer, milliardaire suisse, est à la tête de la première mission habitée vers Mars. Mais alors qu'ils s'apprêtent à se poser après plusieurs mois de voyage, ils apprennent qu'une mission américaine, partie après eux avec un nouveau système de propulsion, est arrivée en premier sur la planète rouge. Sauf que ces derniers ne donnent depuis plus aucun signe de vie.

Missions est une série française de science-fiction. Réellement de science-fiction. Il ne s'agit pas ici juste d'un accessoire ou d'un simple élément de base pour lancer l'histoire, l'intrigue est bien totalement SF. Une SF un peu "à l'ancienne", un peu magique sur les bords mais qui procure - en tout cas me concernant - une vraie excitation au visionnage et un sense of wonder certain. Ça a en un sens un goût de Lost, un compliment qui résume aussi l'une des attentes qu'il ne faut pas avoir en regardant cette série : tout ne sera pas expliqué et conclut de manière définitive.

La série met quelques épisodes pour réellement se lancer et trouver son rythme. Le temps de poser ses bases et de permettre aux personnages de sortir quelque peu de leurs stéréotypes. Des stéréotypes qui s'expliquent par la durée réduite de la première saison et la nécessité de rentrer au plus vite dans le feu de l'action. Cela vaut aussi pour le pitch de base un peu improbable - et encore, tout est relatif vu les derniers développements en matière de missions spatiales privées -, un prix minime à payer pour avoir ensuite un récit intéressant et prenant.

L'une des plus grandes qualités de Missions, c'est surtout la volonté des scénaristes de ne pas rester sur leurs acquis et de prendre des risques. Ainsi chaque saison est unique et renouvelle de manière significative le scénario, avec en point d'orgue une troisième saison très surprenante. Certes, tout n'est peut-être pas parfait. Mais on passe très facilement outre les petits bémols tant la proposition est singulière dans le paysage francophone et tant les qualités sont au rendez-vous - dont l'usage de multiples langues, un détail surement, mais une bonne idée néanmoins. Missions est vraiment une belle surprise. Qu'attendez-vous pour partir sur Mars ?

vendredi 18 décembre 2020

Écran de fumée #16 - Sur OCS

Run, Saison 1 (série terminée), 2020, 7 épisodes de 25-30 minutes

17 ans auparavant, Billy et Ruby ont fait un pacte : si l'un des deux envoie par sms "RUN" à l'autre et que ce dernier lui répond de même, ils laisseront tout derrière eux et partiront ensemble.

Sur un pitch intrigant, Run navigue ensuite entre deux eaux : la comédie romantique, évidemment, auquel s'ajoute une sorte de thriller à la limite parfois du over the top. Ça fonctionne malgré tout grâce à la bonne prestation des deux acteurs principaux et c'est pendant longtemps une sympathique et fraiche "dramédie romantique".

Malheureusement, les incohérences se multiplient au fil de la saison jusqu'à une fin particulièrement ratée. Et comme la série n'a pas été renouvelée pour une deuxième saison, mieux vaut s'éviter cette frustration en regardant autre chose. Avec regret, car le potentiel était bien là et le début si engageant.


Devils, Saison 1, 2020, 10 épisodes de 50 minutes

Alors que tout semble le destiner à devenir PDG adjoint de la New York London Investment Bank, Massimo Ruggero, trader talentueux, se voit finalement refuser le poste par son mentor Dominic Morgan. En explorant les raisons derrière ce choix, Massimo va mettre le doigt dans un gigantesque engrenage qui le conduiront dans les secrets les mieux gardés du monde de la finance.
 
Devils est une série sur les dessous du monde de la finance, et donc du monde de manière générale. les banquiers y sont les rois, jouant avec les nations et les institutions comme avec des pions. La série s'attache à montrer ces mécanismes, avec un aspect pédagogique visible mais relativement bien intégré,  ainsi que leurs conséquences. Les "devils" - les diables - du titre, ce sont ces grands financiers. Y'a-t-il besoin d'en rajouter sur le parti pris de la série ?

L'originalité principale de la série vient de l'intégration de séquences réelles, de reportages ou de conférences de presse notamment, s'étant déroulées pendant la crise économique de 2008. Car le cadre de la série, c'est notre réalité. Ce n'est peut-être pas parfait, mais c'est une belle tentative.

C'est d'ailleurs ce qu'on peut globalement dire de la série : imparfaite mais avec de bonnes idées. Elle tente d'ailleurs peut-être trop de choses pour son propre bien. Entre les rouages financiers, un miroir de notre monde, un thriller à coup de "qui mène la danse ?" et des flashbacks, elle en oublie de se focaliser sur le duel entre Massimo et Dominic qui est pourtant présenté comme le centre de la série - dans chaque introduction d'épisode notamment. Une confrontation plus directe qui arrivera peut-être dans la saison 2. Et si elle corrige en plus quelques petits problèmes de rythme, le potentiel pourrait se réaliser. Est-ce que j'en serai ? Pourquoi pas.


Succession, Saisons 1-2, 2018-2019, 10 épisodes de 55 minutes par saison

Patron d'un gigantesque conglomérat de chaines de télévision, de parcs d'attractions et de croisières, Logan Roy doit passer la main de l'entreprise familiale à son fils Kendall. Ou plutôt devait, car le milliardaire change finalement d'avis et reste aux commandes. L'occasion pour toute la famille d'essayer d'être dans les bonnes grâces du doyen et d'avoir dans le futur sa part de la succession.

Cette série n'a de prime abord rien pour être appréciable. Les personnages sont antipathiques au plus haut point, voire gênants à regarder dans de nombreuses situations, et, plutôt que de chercher un personnage à chérir, on se retrouve rapidement à se demander lequel est le plus détestable. Et pourtant.

Pourtant ça fonctionne et ça devient rapidement prenant, nous scotchant à l'écran. Les personnages gagnent certes en profondeur et en caractère au fil des épisodes - sans jamais être pleinement appréciables, la réalisation n'oublie jamais de nous rappeler à quel point ils sont infects - mais la principale qualité de Succession, c'est son écriture. Le scénario est ciselé, le rythme est excellent, toutes les scènes sont utiles, les rebondissements sont de qualité et la tension dramatique est complètement au rendez-vous.

Et le pire dans tout ça ? Tout cet univers qui semble parfaitement improbable et too much - bien que très librement inspiré de Rupert Murdoch - doit être désespérément proche de la réalité. Un petit bijou de série, étonnamment méconnue au regard de sa très grande qualité.

D'autres avis : Tigger Lilly - merci pour la découverte ! -, ...

mercredi 18 novembre 2020

Écran de fumée #15 - Pépites françaises

Moah, Saison 1, 2020, 10 épisodes de 20-25 minutes

Moah conte l'histoire de Moah, un jeune homme préhistorique vivant au sein d'une petite tribu. Né ailleurs, Moah est différent, sensiblement plus malin que ses comparses, ce qui va tout autant lui amener des contrariétés que des solutions à ces mêmes problèmes.

Moah est surtout un petit OSNI - Objet Sériel Non Identifié - car il ne comporte ni musique, ni dialogue dans une langue connue. Un mélange forcément déroutant au démarrage mais qui s'avère rapidement assez hypnotisant. Les bruits de la nature, seul fond sonore (ou presque), apportent une ambiance suffisante et les acteurs, les excellents acteurs, parviennent à faire comprendre tout ce qu'il y a à comprendre, en plus d'une réalisation très maline, vraiment accrocheuse et qui ne fait nullement cheap.

L'histoire quant à elle est forcément plus limitée que d'autres séries mais développe tout de même un fil principal et quelques secondaires. Sorte de comédie dramatique, la série démarre de manière assez grave pour ensuite se tourner vers quelque chose de plus comique - de manière assez cru par moment, à éviter de regarder en prenant ses repas - et loufoque pour la majorité de ses épisodes. Si cela fonctionne bien car les épisodes sont courts, c'est peut-être le petit bémol pour le moment : la série aurait quasiment pu être plus ambitieuse et développer plus amplement une intrigue "sérieuse" qui reste sous-exploitée mais dont on sent le potentiel. Cela ne doit néanmoins pas venir ternir cette première saison : le pari Moah est tout à fait réussi.

À voir sur OCS.

18h30, Saison 1, 2020, 22 épisodes de 5 minutes

18h30, c'est l'heure à laquelle Éric et Mélissa, qui vient d'être embauchée, sortent du boulot. Allant au même arrêt de bus, ils ont un trajet de 5 minutes à passer ensemble tous les soirs. Ce sont ces 5 minutes qui sont mises en scène dans 18h30.

22 épisodes pour 22 trajets lors desquels la relation entre Éric et Mélissa évoluera, des débuts tendus à une certaine amitié - et quelques surprises, car si 18h30 donne l'impression d'être une comédie romantique, elle dévoilera aussi une part de drame. Si la relation entre les deux personnages, très bien incarnés par Pauline Etienne et Nicolas Grandhomme, est primordiale, c'est aussi et surtout la communication et ses difficultés qui sont au coeur de la série. Et ça sonne terriblement vrai.

18h30 est une petite pépite d'une excellente qualité, aussi intelligente sur la forme - tout en plan-séquence - que sur le fond, fraiche, jolie, tendre, plaisante et prenante. Websérie disponible gratuitement sur le site d'Arte, prévoyez deux heures pour dévorer d'une traite tous les épisodes.

Un grand merci à Zina pour la découverte ; à lire aussi la très bonne chronique de Dorothée Barba sur France Inter.

jeudi 21 février 2019

Écran de fumée #11 - The Night of / Bodyguard

Deux séries qui se regardent comme un très long film, avec une histoire complète en une saison. L'une est correcte, l'autre est excellente. Qui est quoi ? Réponse ci-dessous.

The Night Of, Saison 1 (série terminée), 2016, 8 épisodes de 60-90 minutes.

Nasir Khan, étudiant américain d'origine pakistanaise, emprunte un soir le taxi de son père pour aller à une soirée. En chemin, il rencontre une jeune femme, Andrea, et passe finalement la soirée avec elle. Au matin, celle-ci est morte et tout semble désigner Nasir, qui ne se souvient de rien, comme le coupable...

Et voilà 1h30, le premier épisode, résumée - grossièrement certes - en trois phrases. Là est tout le problème de The Night of : c'est trop long. Une série qui prend son temps pour poser les choses n'est pas un problème en soi, mais il y a ici au moins 2 épisodes de trop au vu de toutes les séquences inutiles ou répétitives. La palme revient au dernier épisode où au moins 45 minutes consistent à répéter au tribunal des informations que l'on a déjà eu précédemment, sans aucune nouveauté ni surprise.

C'est dommage car il y a de bonnes idées et de bonnes choses malgré tout, notamment dans la vision des à-côtés d'un tel évènement, montrés très simplement, ou bien, surtout, la performance de Riz Ahmed, interprétant Nasir Khan, dont la transformation au fur et à mesure des épisodes est bluffante. Malheureusement, The Night of ne semble parfois pas trop savoir sur quel pied danser et ne pousse jamais l'excellence nulle part. Caricaturalement, si vous cherchez une série sur une prison vous trouverez mieux ailleurs (en film ou en série) et si vous cherchez une série sur une enquête/procès, Broadchurch est infiniment meilleure.

Attention tout de même, la série reste globalement assez bonne, elle se laisse tout à fait regarder et les fins d'épisodes donnent l'envie de lancer le suivant, ce qui ne peut pas être un mauvais signe. Elle aurait simplement pu être encore meilleure.

Bodyguard, Saison 1, 2018, 6 épisodes de 60 minutes.

David Budd est un sergent de police, vétéran de guerre traumatisé, qui se voit assigner à la garde rapprochée de (l'équivalent de) la ministre de l'intérieur britannique, en pleine campagne pour l'adoption de lois sécuritaires contre la menace terroriste. Évidemment, tout ne va pas se passer sans accroc...

Un bijou. Je ne vois aucune raison de ne pas regarder Bodyguard. C'est un pur thriller prenant du début à la fin et qui est complet - même si apparemment d'autres saisons seraient en réflexion, l'histoire présente est complète à la fin de la saison - en seulement 6 épisodes. Je ne me suis toujours pas remis de cette première scène de 20 minutes qui m'a personnellement scotché à l'écran et même fait manquer quelques battements de coeur.

Et comme il n'y a que 6 épisodes, on ne perd pas de temps. Les choses avancent rapidement - mais sans jamais être rushées - évoluent et ne prennent pas toujours le chemin escompté. L'un des points forts de Bodyguard, c'est de ne pas prendre les spectateurs pour des imbéciles : si l'on sait/devine que cela va se passer, alors on ne va pas poireauter 2 heures avant que cela arrive.

Le tout sur un fond extrêmement - terriblement - moderne et actuel de surveillance et de terrorisme. Bodyguard n'est pour autant pas une série politique dans le sens où la politique n'est pas ici le centre essentiel de la série, elle est utilisée par la série pour la série, tout en évoquant de nombreuses préoccupations en filigrane.

Alors oui, il y a un poil de mindfuck par moment, au point où je ne suis même pas certain que tout colle à la fin - j'ose espérer que si. Qu'importe de toute façon, cela n'enlève en rien à l'excitation du déroulé (ce que j'appelle aussi la loi Lost) et c'est bien là l'essentiel. Bodyguard est une excellente série, prenante et surprenante.