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mardi 13 avril 2021

Paul McAuley - Cowboy Angels

Cowboy Angels, Paul McAuley, 2007, 467 pages

En 1966, les États-Unis sont parvenus à créer des "portes de Turing", des portails vers des mondes parallèles où l'Histoire a suivi un cours différent. Cette découverte a amené la création d'une nouvelle force secrète, la Compagnie, visant à unir les États-Unis des différents mondes. Retraité de cette unité, Adam Stone va devoir reprendre du service quand un ancien équipier, à qui il doit la vie, est accusé d'avoir assassiné la même femme dans six univers différents.

Cowboy Angels est un roman qui coche un paquet de cases, en traitant à la fois d'uchronies, d'univers parallèles et de voyages dans le temps. Le mélange est globalement réussi, avec pas mal de bonnes idées, et sert de cadre à une intrigue entre roman d'action et thriller d'espionnage qui parvient à rester claire de bout en bout.

Si le récit est efficace, les deux premiers tiers ne sont pourtant pas vraiment satisfaisants. Un peu longuets, le problème vient surtout des personnages, absolument lambdas et ne créant aucune émotion. Heureusement, la dernière partie est bien plus prenante et se termine sur une fin plus humaine et un peu plus profonde que tout ce qui a précédé. Dommage qu'il faille passer par une première partie désespérément froide pour en arriver là.

Couverture : ? / Traduction : Bernard Sigaud

jeudi 19 septembre 2019

Paul J. McAuley - Le Choix

Le Choix, Paul J. McAuley, 2011, 83 pages

Le jour où un dragon marin s'échoue sur une plage, Damian et Lucas n'hésitent que peu avant de monter à bord de la frêle embarcation de ce dernier : l'occasion est trop rare de pouvoir approcher d'un engin extraterrestre.

Oui, il y a des choix, plutôt au pluriel d'ailleurs, dans Le Choix, des décisions qui vont impacter la vie de nos deux protagonistes. Oui aussi, je n'aurais jamais écrit cette phrase ni penser à cette histoire sous cet angle s'il n'y avait pas eu ce titre. Et pour cause : il y a suffisamment de bonnes choses dans cette novella pour ne pas la résumer à un simple choix.

Le Choix est un récit éminemment fluide et humain qui se lit d'une traite. En seulement 80 pages, Paul J. McAuley parvient à donner réellement corps à un monde, le nôtre dans un possible futur, et à raconter une histoire complète, le tout dans un rythme parfait permettant de s'imprégner de l'univers et de profiter d'une solide intrigue, sans que l'un n'empiète sur l'autre.

Le Choix n'est pas un récit qui tire de grands "wahou" du lecteur, ni qui laisse un sentiment de "chef d'oeuvre". Il est de la catégorie juste à côté - la catégorie des mal-aimés, ceux qui ne finissent jamais dans les tops de fin d'année - celle des récits qui font les choses bien, très bien, sans fausse note, qu'on lit avec plaisir et satisfaction. Et c'est déjà beaucoup. Une vraie novella de choix.

D'autre avis : Lorhkan, Lune, Yogo, L'Ours inculte, Lhisbei, Vert, ...

jeudi 27 février 2014

Paul J. McAuley - L'Homme

L'Homme, Paul J. McAuley, 2012, 26 pages.
« L’homme lui vint une nuit, en pleine tempête de flux. »
L'Homme est une nouvelle de Paul J. McAuley publiée dans le Bifrost 71. Elle a remporté le prix des lecteurs Bifrost 2013 de la meilleure nouvelle étrangère. À la suite de quoi Le Bélial' l'a très gentiment proposée gratuitement pour les hérétiques qui ne lisent pas leur Bifrost trimestriel (tel l'infâme qui écrit ces lignes).

Ziyi, une veille dame vivant seule avec ses deux huskies, voit un jour un homme, nu et muet, frapper à sa porte. Qui est-il ? D'où vient-il ? Ce sont les questions que Ziyi se posent. À cette liste, le lecteur rajoutera : Où sommes-nous ? Quand sommes-nous ? Quel est ce monde ?

Le début du récit fait un peu peur, avec pas mal de néologismes et une situation mystérieuse. On se sent un peu perdu. De la même façon que si un inconnu venait frapper à notre porte ? Bien vite néanmoins, le texte se simplifie, on prend nos marques et on apprécie l'histoire. De la même manière que Ziyi et l'homme s'apprivoise et que leur relation s'installe et se développe.

Il y a un petit goût de "vite fait, bien fait" à la lecture de cette nouvelle. L'histoire est simple et va à l'essentiel. Je me suis fait la réflexion qu'elle aurait peut-être mérité quelques pages supplémentaires pour prendre son temps et se détailler. Notamment sur son background, ce futur dont nous n'avons qu'un aperçu, qui donne envie d'en savoir plus et d'obtenir quelques réponses. Et en même temps, pourquoi ? L'Homme n'est pas vraiment une histoire de science-fiction. C'est l'histoire d'une rencontre entre deux êtres, d'une relation qui se crée. Et en peu de mots, tout comme il y a peu de mots entre les deux personnages, Paul J. McAuley parvient à raconter une touchante histoire.