Le Discours de la panthère, Jérémie Moreau, 2020, 105 planches
Un buffle pousse de toutes ses forces sur les flancs d'une montagne, pour déplacer l'île sur laquelle il se trouve et échapper à la comète qui semble se rapprocher. Il sera bientôt rejoint par un varan. Échapperont-ils au désastre ?Ainsi démarre Le Discours de la panthère. Viendront ensuite une autruche, un éléphanteau ou encore un bernard-l'hermite, chacun vivant ses propres aventures. Car Le Discours de la panthère est en un sens un recueil de nouvelles mettant en scène divers animaux anthropomorphisés dans des aventures "philosophiques". Les Fables de la Fontaine ? Oui, il y a de ça, indéniablement, même si les morales sont moins explicites et frappantes.
Mais Le Discours de la panthère forme aussi un tout, les divers protagonistes se recoupant à l'occasion jusqu'au fameux discours final. Si le résultat peut paraitre un peu anecdotique ou gentillet, il n'en reste pas moins une bonne idée bien mise en place et très sympa à lire, avec une entrée en matière et une fin toutes deux marquantes. Le tout sublimé, bien sûr, par les très beaux dessins de Jérémie Moreau (La Saga de Grimr, Penss et les plis du monde) dans le style caractéristique de l'auteur-dessinateur, vaporeux et aérés, avec des airs quasi-enfantins par moment, mais qui donnent à l'ouvrage un ton unique et très agréable.
Quelques planches ici.
La Bête, Zidrou et Frank Pé, Tome 1/?, 2020, 150 planches
Belgique, 1955. Un cargo arrive au port d'Anvers en provenance d'Amérique du Sud, avec à son bord une cargaison d'animaux exotiques, dont un sort du lot : le Marsupilami. Celui-ci va parvenir à s'échapper et va être recueilli par un jeune garçon, François.La couverture dit quasiment tout ce qu'il faut savoir de cette BD. La Bête revisite la fameuse figure du Marsupilami, dans un style bien plus sombre et réaliste que la joyeuse version initiale. Et le résultat est tout à fait réussi et plus que satisfaisant. Si elle conte une intéressante origin story, elle va au-delà du simple hommage. En situant l'action dans l'après seconde guerre mondiale, Zidrou en profite pour décrire une époque trouble de reconstruction où la violence et la rancune sont omniprésentes.
Les 150 planches de La Bête se lisent toutes seules. Grâce au scénario prenant de Zidrou donc, mais aussi au travail de Frank Pé qui peut s'illustrer dans les grandes largeurs grâce à une majorité de grandes cases très belles - où il parvient même à intégrer naturellement les visages aux traits un peu exagérés de certains personnages. Une très bonne BD qui n'a peut-être qu'un seul défaut : un léger goût de trop peu. Malgré une bonne consistance et s'il peut se lire comme un one-shot triste et amer, La Bête reste un tome 1. Et la dernière page tournée, une seule envie : lire la suite.
Quelques planches ici.



