La Maison des Soleils, Alastair Reynolds, 2008, 504 pages
Campion et Purslane sont deux fragments de la Lignée Gentiane, clones d'Abigail Gentian parcourant l'univers depuis des millions d'années. Tous les deux cent mille ans, les mille clones se réunissent pour faire la fête et partager leurs découvertes. Une réunion est justement sur le point de commencer, à laquelle Campion et Purslane sont en retard. Ce qui s'avèrera être une chance, et le début d'une aventure aux enjeux encore plus gigantesques que leurs périples habituels.
Avoir découvert l'univers de la Lignée Gentiane dans La Millième Nuit permet d'entrer plus sereinement et facilement dans La Maison des Soleils mais les premières pages font tout de même leur effet. Un effet wahou tant les chiffres, de distances et de durées, sont vertigineux. Tout est démesuré dans La Maison des Soleils, inimaginable, et pourtant cela reste constamment à portée d'appréhension. Cela ne veut pas dire que tout est parfaitement compréhensible mais cela se fait sans frustration.
Le sense of wonder est sans aucun doute la qualité première de La Maison des Soleils. Ses personnages sont aussi très bons et l'histoire tient bien la route. J'ai un peu plus de bémols concernant la structure et le rythme du récit. J'y ai discerné trois grandes parties qui ne s'imbriquent pas idéalement les unes dans les autres : une première qui prend le temps de présenter, avec force détails, son univers et ses concepts ; une deuxième bien plus terre-à-terre où des êtres surhumains s'avèrent être aussi bêtes et détestables que des humains lambdas ; un brusque basculement vers une troisième partie finale qui propose une aventure et une conclusion. C'est cette dernière qui est d'ailleurs la meilleure parce qu'elle mélange mieux ses différents éléments pour en faire une lecture à la fois prenante et émerveillante, et avec bien moins de lassitude.
Si ce bémol est l'un des éléments les plus saillants de mon ressenti, il ne doit pas éclipser le fait que La Maison des Soleils est un vrai bon roman. Ça n'aura pas été un coup de coeur et j'ai préféré La Millième Nuit, mieux rythmé et plus constant, mais cela reste rare de pouvoir lire un texte avec un tel sens du gigantisme.
Couverture : Amir Zand / Traduction : Pierre-Paul Durastanti
D'autres avis : Tigger Lilly, Vert, Lhisbei, shaya, FeyGirl, Lorhkan, Gromovar, Le Maki, FeydRautha, Anne-Laure, Apophis, Célinedanaë, Anudar, Cédric, ...
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On peut se demander pourquoi ce roman n'a pas été traduit avant. C'est l'un des meilleurs de l'auteur avec un Sense of Wonder qui n'a que peu d'égal aujourd'hui.
RépondreSupprimer@Le Maki : Ah ça c'est sûr que niveau émerveillement et grandeur la barre est mise très haute !
SupprimerC'est pas du vertige de tabouret (wink wink au Maki) !
RépondreSupprimer@Tigger Lilly : Ahah. J'ai la ref' !
SupprimerJe ne me souviens plus du sujet mais ca me dit quelque chose... Il va falloir que je m'élève pour retrouver le tabouret.
Supprimer@Le Maki : Il vaudrait mieux que tu croises un faune la nuit, ça t'aiderait sûrement plus.
SupprimerUn excellent roman même si je vois ce que tu veux dire sur la construction.
RépondreSupprimer@shaya : Ça reste un bon roman malgré tout, c'est l'essentiel.
SupprimerJ'ai hâte de lire ce roman !! Je ne suis même pas sûre que je me rendrais compte de la construction inégale que tu soulignes, donc aucune crainte de mon côté, j'irai les yeux fermés 😁
RépondreSupprimer@Ksidra : J'espère bien que tu ne t'en rendras pas compte et que tu en profiteras pleinement !
SupprimerÇa a l'air très bien. Moi, ça ne me tente pas trop; j'ai tendance à penser que j'aurais du mal avec les durées. Mais ça a l'air bon, en soi.
RépondreSupprimer@Alys : En fait c'est si immense que ça ne demande pas de réussir à les envisager pour apprécier - c'est à peu près impossible de toute façon. Ça fait "juste" un effet 'wahou'.
SupprimerJ'avoue ne pas avoir prêté trop attention à la construction du récit (mais c'est plutôt la fin de la 3e partie qui a failli me sortir du roman maintenant que j'y pense)
RépondreSupprimer@Vert : Moi j'y ai pensé parce que les changements de rythme et de ton m'ont sauté aux yeux mais c'est assurément mieux de ne pas les voir, c'est bon signe.
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