mercredi 20 juin 2018

Eric Faye - Quelques nobles causes pour rébellions en panne

Quelques nobles causes pour rébellions en panne, Éric Faye, 2002, 148 pages.

Quelques nobles causes pour rébellions en panne est un recueil de 9 nouvelles qui oscillent entre léger fantastique et parfois une pointe de SF. Et il ne s'y passe pas grand chose : soit les histoires sont anodines et inintéressantes, soit on a l'impression que l'auteur écrit pour le plaisir d'écrire.

Soyons positif et admettons que De la vitesse en toute chose sort du lot et qu'il y a quelques bonnes idées par-ci par-là - malheureusement sous-exploitées à mon sens. Mauvaise pioche, vous pouvez aisément vous en dispenser il me semble...

samedi 26 mai 2018

Bulles de feu #7 - Les Rois Forgerons

Les Rois Forgerons, Série complète en 2 tomes, Nicolas Jarry et Tregis, 2011-2013, 46 et 52 planches.

Vous prendrez bien un peu de fantasy classique ?
Non, ne fuyez pas ! N'ayez pas peur de ces deux mots : fantasy classique. Car comment pourrait-il y avoir des choses qui sortent de l'ordinaire s'il n'y avait pas d'ordinaire ? Reste encore à savoir faire de l'ordinaire de qualité, chose bien trop rare. Et puis, mieux vaut du très bon ordinaire que du moyen différent.

Les Rois Forgerons en est la preuve. En suivant un schéma assez classique qui reprend les éléments habituelles de la fantasy, Jarry et Tregis nous offrent une oeuvre qui fonctionnent du début à la fin, sans temps mort et sans ennui, en allant à l'essentiel et s'en nous donner l'envie de baffer les personnages - ce qui est assez rare dans le genre pour être souligné. Pour ne pas être dithyrambique, notons que le titre n'est peut-être pas des mieux choisis puisqu'il ne représente pas vraiment la lecture. Mais à part ça... Ça fonctionne, c'est plaisant à lire, alors pourquoi se priver d'un peu de fantasy classique ?

mercredi 23 mai 2018

Bulles de feu #6 - Des tomes en vrac !

 
 Jirô Taniguchi, Les Gardiens du Louvre, 2014, 130 planches.


C'est du Jirô Taniguchi, c'est donc joli. Mais même si ça se lit bien, l'histoire n'est pas passionnante. "Simple" visite du Louvre, sous différents angles et avec toujours un brin de fantastique, c'est certainement bien plus intéressant si on est passionné par le sujet.
On notera quand même une très bonne partie sur la seconde guerre mondiale. Mais ça n'en fait pas une lecture indispensable.


Dernières migrations, Le Grand Mort tome 7/?, Régis Loisel, Jean-Blaise Djian et Vincent Mallié, 2017, 58 planches.

Je ne sais déjà pas trop comment j'en suis arrivé à ce septième tome, mais je crois bien que je vais devoir arrêter avant que les auteurs ne le décident pour moi. Un résumé de ce tome ? Rien. Il ne se passe rien, ça n'avance pas. Je suis vraiment incapable de dire à quoi sert ce tome.

Comment faire fortune en juin 40, Fabien Nury, Xavier Dorison et Laurent Astier, 2015, 112 planches.

Adapté d'un roman de Pierre Siniac, il n'est pas étonnant que Comment faire fortune en juin 40 ait été rédigé à l'origine comme un scénario de film tant on a l'impression de lire un film (aussi étrange que cette phrase soit). 
Le pitch : une bande de personnages détonnants cherchent à voler un convoi de 2 tonnes d'or que la Banque de France tient à mettre en sécurité à Bordeaux. Et si vous n'êtes pas allergique au genre, c'est tout bon, avec son lot d'actions et de surprises (pas toutes joyeuses, loin de là). Un bon divertissement.

Ils ont fait l'histoire, Mao Zedong et Saladin, 2016 et 2015, 46 et 46 planches.

Découverte pour moi de la collection "Ils ont fait l'Histoire", énième collection dédiée à l'Histoire, ici axée sur des personnages historiques, retraçant leurs vies et agrémentée de postfaces d'universitaires. Pour ne pas faire les choses simplement, j'ai lu deux tomes de personnages non-européens dont je ne maitrisais pas vraiment le cadre historique, cela participe peut-être, surement, de mon avis un poil négatif, étant donné qu'il était compliqué pour moi de me situer.
Mais au-delà de ça, l'angle choisi pour Mao est étonnant (dans le mauvais sens du terme malheureusement) et la chronologie non linéaire vraiment ardue à suivre et peu utile. C'est simple : j'ai préféré lire la postface que la bd en elle-même. Quant à Saladin, c'est une lecture correcte sans être plus enthousiasmante que ça.
Une collection à réserver aux férus d'Histoire pour l'apport de chercheurs et d'universitaires.

La Magicienne, Les Vieux Fourneaux tome 4/?, Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, 2017, 54 planches.

Une série qui vieillit aussi bien que ses personnages ! C'est du tout bon, peut-être même meilleur que les tomes précédents : un bon mélange de préoccupations d'actualité et de généralités, par la plume acérée de Lupano et porté par le bon dessin de Cauuet, dans un tome où on en a à se mettre sous la dent. Chapeau !

dimanche 20 mai 2018

Bulles de feu #5 - En quatre tomes

Le chiffre 4 serait-il maudit ? Car si les trois quadrilogies suivantes ont des qualités, aucune n'atteint un vrai sommet de perfection. Pire : on se retrouve même déçu de leurs potentiels non-utilisés.
Spoiler Alert : Lupano s'en sort mieux que les autres, évidemment.

Le Soufflevent, Andoryss et Xavier Collette, 2014-2017, 45/46/46/46 planches.

Le Soufflevent, c'est avant tout un bon point de départ : dans un monde typé fantasy, une jeune fille (et son chat ailé !) cherche à échapper à des militaires qui souhaite lui prendre la création de son père, le soufflevent, étrange "chose" qui contrôlerait le pouvoir des vents. Le tout promet de l'aventure et du voyage, surtout si on en croit la carte présente au début de chaque volume et les différents titres des tomes. Mais...

Mais ça ne décolle jamais. L'aventure et le voyage sont limités à leur minimum, et le plus souvent entre les tomes, dans des parties que l'on ne voit pas. J'ai vraiment eu l'impression de lire toutes les moments inintéressants de l'histoire, les parties figées. Et en parlant de "figer", si le dessin est plutôt joli, je l'ai trouvé trop statique à mon goût.

Dommage, ça aurait pu être bien.

L'Expert, Frank Giroud et Brada, 2003-2007, 46/46/46/54 planches.

L'Expert nous propose une enquête historico-religieuse, entre la Lithuanie du XVème siècle et notre époque. Dis comme ça, ça peut faire peur, mais c'est intéressant et l'aspect complot religieux n'est que peu présent. Il faut certes mieux aimer le genre, mais ça se lit bien.

Sauf que ça part un peu en cacahuètes dans le dernier tome. Bon, s'il n'y avait que ça, on aurait pu le mettre sur le compte de la collection et s'en accommoder. Ce qui passe moins, c'est les innombrables récapitulatifs et ré-explications : j'apprécie qu'on veuille bien poser les choses pour que tout le monde ait compris, mais trop c'est trop. Dois-je considérer qu'on me prend pour un parfait idiot ?

Ça aurait pu faire une bonne trilogie, ça n'est qu'une quadrilogie un peu décevante. Et si jamais vous le lisez un jour, prévenez moi si dans votre quatrième tome la Lada verte annoncée dans une bulle est bien verte. Parce que chez moi, elle était rouge...

L'Assassin qu'elle mérite, Wilfrid Lupano et Yannick Corboz, 2010-2016, 54/56/54/46 planches.
« C'est ça qu'il faudrait faire : créer de toutes pièces un ennemi de la société à partir d'un être innocent ! (...) voilà qui serait une œuvre d'art subversive et véritablement décadente. Donner à cette odieuse société l'assassin qu'elle mérite ! »
C'est le point de départ de ce drame, car il n'y a pas d'autres mots pour qualifier cette histoire, où un riche rentier se joue d'un jeune homme pauvre et honnête. Et c'en est quasi-hypnotisant.

Le seul écueil de L'Assassin qu'elle mérite, qui est plus un double diptyque qu'une vraie quadrilogie, c'est de ne pas répondre exactement à sa promesse de départ : si les deux premiers tomes, qui se déroulent à Vienne, ont une réflexion sociétale, les deux derniers, qui se déroulent à Paris, se concentrent bien plus sur le microcosme des nos personnages principaux. Et c'en est un poil décevant, tant on aurait voulu en voir plus, avec une histoire encore plus impressionnante. La mise en garde se situait peut-être dans le titre de l'oeuvre...

Si la déception peut pointer le bout de son nez, L'Assassin qu'elle mérite reste une belle oeuvre, avec un scénario précis à la Lupano et un beau dessin de Corboz. Attention cela dit, ce n'est pas joyeux. Quant à la morale... Quelle morale ?

jeudi 17 mai 2018

Clifford D. Simak - Voisins d'ailleurs

Voisins d'ailleurs, Cliffod D. Simak, 1953-1980, 397 pages.

Voisins d'ailleurs est un recueil de 9 nouvelles. Ou plutôt 8 + 1 tant la dernière nouvelle, Le Puits siffleur, est à part, quelque part entre le weird et l'horrifique (en tout cas de mon point de vue de néophyte).

Comme le titre du recueil l'indique, toutes les histoires reposent sur la rencontre d'un ou de plusieurs être humains avec un objet ou un être extraterrestre.
Et, chose étonnante pour un recueil, le niveau est plutôt constant : c'est simple et efficace, propre. Alors même que je peux élever quelques critiques ou reproches à la majorité des nouvelles : les fins un poil prévisibles de La Maternelle et de Le Cylindre dans le bosquet de bouleaux, l'anecdotique Le Bidule ou les conclusions trop ésotériques pour moi de Un Van Gogh de l'ère spatiale et de La Photographie de Marathon.
[Nota : on peut donc facilement en déduire mes trois nouvelles préférées : Le Voisin, La Fin des maux et la multi-primée, à raison, La Grotte des cerfs qui dansent, sublime.]

Malgré ça, j'ai passé un bon moment dans toutes mes lectures et je sors content de ce recueil, réconcilié avec Clifford D. Simak. Si vous tombez dessus, vous pouvez y aller !

jeudi 3 mai 2018

Bulles de feu #5 - Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu

Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu, Matz et Léonard Chemineau, 2015, 90 planches.

Connaissez-vous Julio Popper ? Non ? Alors cette BD est parfaite pour découvrir ce personnage "bigger than life", ingénieur et aventurier infatigable avide de nouvelles découvertes et de nouveaux territoires. Un homme qui n'aurait surement pas paru crédible s'il avait été inventé par un auteur... et dont la vie est toute une histoire, jusqu'à la fin.

Bien que présentant rapidement son parcours, Matz se concentre surtout sur la période la plus marquante de Julio Popper : la recherche d'or en Terre de Feu et la quasi-création d'un nouvel état. Il en profite pour réhabiliter le personnage, souvent associé au massacre des indigènes de Terre de Feu. Le parti-pris est indéniable mais compréhensible.

Il y a presque un sentiment de trop peu quand on referme le livre, mais c'est surtout la vie - ou plutôt la mort - qui en aura décidée ainsi. Il n'en reste pas moins une très bonne BD qui met en lumière un personnage méconnu. Et qui le fait d'une manière bien plus intéressante, à mon sens, que la majorité des BD historiques génériques... Sans oublier, évidemment, le beau dessin, style "peinture", de Léonard Chemineau.

lundi 9 avril 2018

John Scalzi - Imprésario du troisième type

Imprésario du troisième type, John Scalzi, 2005, 407 pages.

Les extraterrestres sont là ! Enfin, presque, puisqu’ils sont pour le moment en orbite, attendant de savoir comment faire leur apparition pour ne pas effrayer les humains. Car les Yherajks sont des tas de gélatine informes, des blobs, et qui plus est puants ! Pour les aider, ils embauchent Tom Stein, agent de stars à Hollywood. Trouvera-t-il une solution ?

C’est ainsi que se présente l’intrigue, tant en quatrième de couverture que dans les premières pages. Ce qui peut s’avérer tentant à lire, non ? Fausse joie. L’histoire ne conte quasiment pas cette problématique, préférant se concentrer sur le travail d’agent du héros et nous plonger au cœur d’Hollywood.

Malgré tout, ça se lit très facilement, notamment car tout est quasiment en dialogues, et c’est même plutôt plaisant dans son style. Mais il n’en reste pas moins l’impression de s’être fait un peu floué et de n’avoir pas vu l’idée de base être réellement développée. Dommage.

vendredi 6 avril 2018

Bulles de feu #4 - Marcel Pagnol en BD

La Gloire de mon Père, Le Château de ma Mère, Le Temps des secrets, Serge Scotto, Eric Stoffel et Morgann Tanco, 2015/2016/2017, 85/80/85 planches.

Coup de projecteur sur la collection "Marcel Pagnol en BD" chez Grand Angle. Où comment rattraper un peu de culture et de classiques à moindre temps.

Le gros morceau en est évidemment la trilogie des souvenirs d'enfance. Trilogie qui sera une quadrilogie dans la version planches puisque le troisième tome, Le Temps des Secrets, sera divisé en deux volumes en BD : Le Temps des Secrets, sur la partie scolaire et qui déjà sorti, et Le Temps des Amours, sur la partie amoureuse et qui sera disponible prochainement.

N'ayant jamais lu les livres de Marcel Pagnol, je ne peux comparer avec l'original. Mais à voir la préface du petit-fils de Pagnol et la postface détaillée, et très intéressante, des auteurs dans chaque volume, cela parait fort documenté et le plus fidèle possible.

En tout cas, l'esprit de l'oeuvre semble respecté et c'est bien cet esprit qui fait la force de ces lectures. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai préféré les deux premiers volumes, se déroulant presque entièrement dans la garrigue, au troisième qui se déroule en milieu scolaire et qui est bien plus commune.

Envie d'une lecture gentille, douce, portée par un superbe dessin, symbole d'une époque et qui permet de (re)découvrir une grand auteur français ? Vous pouvez vous lancer sans hésitation !


Mais la collection ne s'arrête pas aux souvenirs d'enfance puisque les autres oeuvres de Marcel Pagnol sont, ou seront, aussi transposées en bd ! Sont sortis à ce jour : Topaze (en deux tomes), Jazz, Jean de Florette (la première partie seulement), Le Schpountz et Merlusse. J'ai d'ailleurs lu ces deux derniers.
Le Schpountz est amusant à défaut d'être un grand spectacle comique. C'est assez particulier et loufoque, mais je me suis surpris à me prendre un peu au jeu au fil des pages.

Merlusse est un gentil conte de Noël. C'est assez anecdotique dans son ensemble, l'histoire est loin d'être riche et il n'y a quasiment aucune surprise, mais c'est gentil.

mercredi 28 mars 2018

Regarde le soleil - James Patrick Kelly

Regarde le soleil, James Patrick Kelly, 1989, 353 pages.
« Regarde le soleil. Regarde le soleil… » Wing ouvrit sa flasque. « Ça veut dire quoi, de toute façon ?
- C’est comme un koan. Une sorte de proverbe. C’est long à expliquer. »
Long à expliquer, je ne sais pas. Long à venir, c’est certain. Près de 100 pages avant d’enfin avoir quelques informations utiles et comprendre quelque peu le monde vers lequel veut nous faire voyager James Patrick Kelly. Le temps pour Phillip Wing, notre héros humain, de prendre la route pour la planète Aseneshesh où il doit mettre en pratique ses talents d’architecte.

Malheureusement, ce n’est pas mieux après. Il y a de bonnes idées dans Regarde le soleil, de bons axes : la découverte d’une nouvelle espèce avec son mode de vie, une mise en avant de l’architecture, une imagination technologique, une réflexion sur la religion, … Sauf que tout est survolé et que rien ne donne satisfaction. Pire : la fin est frustrante, entre non-réponse et résolution par le mysticisme.

La quatrième de couverture osait la comparaison à Ursula Le Guin et il est facile de voir pourquoi. Sauf que la réalisation n’est pas du tout la même. Plutôt que de lire Regarde le soleil, préférez (re)lire un Ursula le Guin.

dimanche 25 mars 2018

La Fille Automate - Paolo Bacigalupi

La Fille automate, Paolo Bacigalupi, 2009, 639 pages.

Étonnamment, la fille automate n’est pas le personnage principal de ce roman. Certes elle en est un élément central, pivot, mais on ne la voit finalement que peu. Elle n’est qu’une parmi tous les personnages que suit ce livre.

Le vrai personnage principal, c’est la ville de Bangkok, luttant pour sa survie et son indépendance, luttant contre les puissances extérieures et contre ses démons intérieurs. C’est notre monde, tel qu’il pourrait devenir…

Mais toute la force de La Fille automate, c’est de ne pas être moralisateur et d’être discret. Ian MacDonald Paolo Bacigalupi nous conte simplement l’histoire de personnages essayant chacun de survivre et d’avancer, sans chercher ouvertement à passer un message. Et c’est ainsi qu’il passe de manière encore plus frappante.

Pourtant le début de l’ouvrage parait parfaitement banal. Un peu ardu même, le temps de réussir à se repérer dans un univers dont on ne nous donne pas clairement les clés. Et puis les pages se tournent. Il ne se passe pas énormément de choses, mais pourtant les pages filent rapidement. Et, sans s’en rendre compte, la dernière page est tournée. Ne reste alors qu’une impression : pas celle d’avoir lu un roman banal, oh non, mais bien celle d’avoir lu un très grand livre. Chapeau !

jeudi 22 mars 2018

Bulles de feu #3 - Le Partisan

Le Partisan, Maurizio A. C. Quarello, 2017, 96 planches.

À l'image de l'excellent Un Océan d'amour de Wilfrid Lupano et Gregory Panaccione, Le Partisan est une BD sans aucun texte, si ce n'est les titres des chapitres. Un tour de force pleinement réussi puisque la compréhension n'est pas du tout gênée par cette particularité. Une compréhension qui est confirmée, et contextualisée, par une courte postface.

Le Partisan conte l'histoire de la résistance italienne fin 1944-début 1945, et plus particulièrement d'un couple : les grands-parents de l'auteur. C'est à prendre comme une tranche de vie qui permet de survoler une petite période de l'Histoire. Ça se lit très facilement et très rapidement, et mérite le détour pour la réussite du "sans parole" et la qualité du dessin. Cela manque tout de même de quelque chose en plus pour en faire une bd mémorable, d'un peu de corps, l'histoire étant trop "simple" et linéaire. Mais cela reste un bon emprunt à faire en bibliothèque.

lundi 19 mars 2018

Jack Vance - Les Langages de Pao

Les Langages de Pao, Jack Vance, 1958, 262 pages.

Les Langages de Pao n’a rien de particulier : il n’a pas d’énergie, pas de personnages attachants, pas de surprises, ... Ça se lit facilement, certes, mais sans grand plaisir. Il y a bien une réflexion intéressante sur le pouvoir des mots et du langage – et c’est tellement la seule particularité du livre que ça se retrouve dans le titre... -, mais elle est d’importance très mineure dans l’histoire et finalement trop peu utilisée.

Malheureusement, Les Langages de Pao est un livre anodin dont la lecture est loin d’être primordiale. On trouvera facilement de meilleurs Jack Vance à se mettre sous les yeux !

vendredi 16 mars 2018

Bulles de feu #2 - La Saga de Grimr

La Saga de Grimr, Jérémie Moreau, 2017, 221 planches.

Fauve d'or lors du festival d'Angoulême 2018, j'ai découvert La Saga de Grimr grâce au Bibliocosme, que je remercie grandement car la qualité est au rendez-vous !

Comme son titre l'indique, l'histoire suit la vie de Grimr, jeune islandais orphelin doté d'une force incroyable. Mais attention, nul grande épopée guerrière ici, "seulement" la survie d'un homme cherchant à faire sa place en ce monde. C'est pas joyeux joyeux, certes, mais c'est fort et beau.

L'histoire est portée par le dessin si particulier de Jérémie Moreau (qu'on avait notamment pu voir dans Le Singe de Hartlepool scénarisé par Wilfrid Lupano). Un dessin qui pourrait en rebuter certains mais auquel on s'habitue très rapidement et qui surtout accompagne parfaitement la narration et participe pleinement de son ambiance. Dépaysement garanti à la lecture devant ces paysages islandais, personnages à part entière de ce livre. Une aura de calme où jaillira encore plus fortement la tempête qui bout à l'intérieur de Grimr.

mardi 13 mars 2018

L.L. Kloetzer - CLEER

CLEER, L.L. Kloetzer, 2010, 406 pages.

Est-il vraiment possible de parler de CLEER ? Le sous-titre, « Une fantaisie corporate », dit certainement tout ce qu’il y a à savoir. Je suis en tout cas heureux de n’avoir pas pris l’habitude de commencer mes « avis » par un résumé de l’histoire...

Fantaisie corporate donc. À la fois capitaliste et onirique, concrète et flou. Ayant déjà lu auparavant Anamnèse de Lady Star, je savais en partie à quoi m’attendre - et je n’ai pas été déçu. Je serais bien incapable de conseiller ce livre à quiconque : comment savoir s’il va plaire ? Personnellement, je l’ai trouvé hypnotisant. Et j’aime être hypnotisé par L.L. Kloetzer.

samedi 10 mars 2018

Vladimir Lortchenkov - Des Mille et une façons de quitter la Moldavie

Des Mille et une façons de quitter la Moldavie, Vladimir Lortchenkov, 2006, 250 pages.

Plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis posé une question essentielle : est-ce que j’aime ce livre ? Étonnamment, j’étais bien incapable d’y répondre - et je le suis toujours.

Des Mille et une façons de quitter la Moldavie se lit facilement, aidé en cela par des chapitres courts et des personnages hauts en couleur. C’est même assez souvent drôle, si on apprécie l’humour noir et loufoque. Il y a un peu des Groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk - un excellent roman soit dit en passant ! - dans ce livre, dans la manière de conter un village entier avec un ton décalé.

Mais. Mais j’ai été aussi trop souvent mal à l’aise en lisant les tentatives de ces moldaves, dépeints comme la lie du monde, pour migrer en Italie. Un sentiment que je n’avais pas eu en lisant « Les Groseilles de novembre ». Peut-être parce que, malgré la loufoquerie, tout parait très premier degré et bien trop réel. Sans que je parvienne vraiment à déceler un autre but que de simplement se moquer.

Est-ce que j’ai aimé ce livre ? Je ne sais pas. Mais je crois qu’il me fait bien trop douter pour pouvoir répondre oui. Dommage.

mercredi 7 mars 2018

Estelle Faye - Les Seigneurs de Bohen

Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye, 2017, 592 pages.

Parlons-en tout de suite : oui, Marc Simonetti signe une nouvelle fois une magnifique couverture. Et en parfaite adéquation avec le roman. Car la joie n’est guère au rendez-vous dans Les Seigneurs de Bohen et le sombre est le ton du livre.

Pour autant, pas de déprime dans cette lecture qui reste parfaitement plaisante. Notamment grâce à sa ribambelle de personnages : chose rare dans un roman à autant de voix, je les ai tous appréciés et n’était jamais déçu en en renvoyant un. Certainement une nouvelle preuve de la finesse d’écriture d’Estelle Faye qui réussit une nouvelle fois un très bel ouvrage dans un style pourtant différent de ces précédentes œuvres.

Besoin d’une autre preuve de la qualité d’écriture d’Estelle Faye ? La fin de l’histoire nous est connue dès le début. Et pourtant, nul ennui à la lecture, bien au contraire. Quand c’est bien écrit, c’est bien le chemin qui est le plus important.

dimanche 4 mars 2018

Fredric Brown - Lune de miel en enfer

Lune de miel en enfer, Fredric Brown, 1944-1958, 366 pages.

Lune de miel en enfer est un recueil de 21 nouvelles, dont un certain nombre de très courtes (3-4 pages), dont les thématiques principales sont le voyage dans le temps et la rencontre avec des extraterrestres. La seule vraiment « longue » (61 pages) est la nouvelle éponyme qui ouvre le recueil... et est loin d’être la meilleure.

Comme dans tout recueil, il y a du bon et du moins bon. Par chance, la qualité a tendance à s’améliorer au fil des récits. Mais deux problèmes subsistent globalement : le manque de punch sur les chutes et le classicisme de certaines histoires, donnant une impression de « banalité ». Ce dernier problème étant à relativiser - ou à expliquer - au vu de la période d’écriture de ces nouvelles (1944-1958). De ce point de vue, le talent de Fredric Brown est indéniable. Pour le lecteur moderne, même si certaines nouvelles restent fort plaisantes (« Galerie de glaces », « Le dernier Martien », « Une souris », « Géométrie plane », « L’arène », « L’arme », « Bruissement d’ailes »), le recueil dans son entièreté n’est ni un chef d’œuvre ni une lecture indispensable, mais reste tout à fait lisible.

jeudi 1 mars 2018

Robert A. Heinlein - Double étoile

Double étoile, Robert Heinlein, 1956, 291 pages.

Encore un bon Heinlein ! Certes, ce n’est peut-être pas une œuvre incroyable et révolutionnaire, mais quel plaisir à lire ! Avec en prime, cette fois, une mise en avant du métier d’acteur saupoudrée d’un peu de coulisses politiciennes.

Mais qu’importe les thématiques. Robert Heinlein signe là un nouveau bon roman... ou bien est-ce un film ? Car Double étoile semble être taillé pour le cinéma, au moins dans sa première partie très rythmée, énigmatique et visuelle. Et même si la seconde partie est plus douce, on reste accroché à son siège jusqu’au bout, attaché sans s’en rendre compte à ce (ces ?) personnage principal qui n’inspirait pourtant pas forcément la sympathie au démarrage.

mardi 27 février 2018

Écran de fumée #6 - Marvel's Netflix Universe Phase 1


Tout le monde connait les héros Marvel : Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, ... Les superstars du cinéma* ! Et si tout cela n’était que l’apéritif ? Et si le Marvel Universe** le plus intéressant n’était pas celui qu’on croit ? Et si on regardait plutôt du côté de Netflix ?

* Oui, d’abord des comics.
** Oui, c’est en fait le même, mais les personnages des deux ne se croisent pas, alors autorisez-moi la formulation.

Tout commence en 2015. 4 super-héros, 4 séries, 4 histoires pour les présenter. Plus un crossover pour conclure cette Phase 1.
(Si vous voulez les regarder dans l’ordre, cela donne : Daredevil S1 – Jessica Jones S1 – Daredevil S2 – Luke Cage S1 – Iron Fist S1 – The Defenders S1.)
C’est tout comme au cinéma donc. Enfin, hormis à peu près tout le reste.

Le MNU (Marvel’s Netflix Universe – nom absolument non-officiel), c’est :
- des héros new-yorkais qui s’occupent de problèmes à leur échelle, c’est-à-dire dans leurs quartiers respectifs
- de vraies histoires, crédibles et logiques
- de vraies scènes de combat, crédibles et logiques***
- une ambiance sombre avec des héros tourmentés
- une certaine violence avec du sang qui gicle et des membres qui cassent
- un exceptionnel Daredevil

***Toute proportion gardée : cela reste des super-héros hein.

Nota : je suis une chochotte au niveau de la violence visuelle. Mais ça vaut vraiment le coup de détourner un peu les yeux de temps en temps pour pouvoir profiter de ce MNU.
Car oui, ce MNU est vraiment une réussite en tant que tout, à la fois intelligent et plaisant, et mérite, même si tout n’est pas d’un niveau égal, d’être regardé dans son entièreté pour l’apprécier complètement. Et si jamais ça vous parait trop, allez au moins regarder Daredevil.

Petit tour d’horizon rapide des séries, sans presque rien en dévoiler :

Daredevil S1 et S2
Vous avez en tête le film éponyme ? Ou vous en avez entendu les échos catastrophiques ? Bienvenue à l’exact opposé qualitatif.
Daredevil, c’est LA série qu’il faut voir, celle qui est directement entrée dans mon Panthéon personnel. C’est ce qu’il y a de meilleur en super-héros, cinéma et séries confondus.
C’est surtout un personnage fort, qui est éblouissant dès qu’il apparait et tout autant sympathique que torturé. C’est un méchant génial dans la saison 1, un « méchant » génial dans la saison 2, des personnages secondaires sympathiques, un boulot crédible pour développer des histoires, une impression de ne jamais savoir où l’on va aller, une ambiance sombre très jolie, …

Bref. Allez-y, c’est du tout bon.



Jessica Jones S1
Jessica Jones, c’est surement la moins « super-héros » du groupe. Enquêtrice à la force surhumaine, c’est surtout un personnage au caractère bien trempé. Trempé d’alcool, bien sûr.
Mais le vrai personnage principal de cette saison 1, c’est peut-être Kilgrave, son antagoniste – joué par le génial David Tennant. Un méchant… méchant. Horrible, affreux.
J’ai tout de même deux bémols :
- C’est vraiment trop violent pour moi, un cran au-dessus des autres, et ça m’a un peu gâché le plaisir.
- Ça aurait mérité d’être un peu plus court, il y a quelques passages/épisodes qui ne sont pas nécessaires.
Malgré tout, c’est une bonne saison 1. Et si celle-ci se concentre essentiellement sur l’histoire personnelle de Jessica Jones, il y a un potentiel énorme pour de futures saisons, son caractère et son boulot s’y prêtant parfaitement.



Luke Cage S1
Le raté de cette Phase 1 pour moi. Ce n’est pas non plus complètement mauvais, mais c’est là que j’ai pris le moins de plaisir. Pour deux raisons :
- Par définition, Luke Cage est quasi-invincible et donc un peu chiant. C’est comme Superman : on ne tremble pas pour quelqu’un à qui rien ne peut arriver.
- Il n’y a pas de méchant digne de ce nom. Et on sait comment va finir l’histoire dès le début, on peine juste à y arriver.
Tout n’est pas à jeter. Mais l’ensemble parait un peu forcé, dommage.




Iron Fist S1
Le seul super-héros fantastique, les trois autres ayant une explication rationnelle à leurs pouvoirs. Et un ton parfaitement opposé aux autres : c’est la série la plus lumineuse, même si elle se noircit avec le temps. J’ai trouvé ça rafraichissant de voir quelque chose de différent et j’ai trouvé ça plutôt pas mal, avec un petit jeu de complot sympathique.
La bonne surprise pour moi, étant donné que les critiques avait été globalement négatives pour cette série. Un bon moment, qui sert de base de lancement au crossover.


The Defenders S1
Admettons le défaut principal de la série pour commencer : il y a deux personnages qui sont là un peu de manière aléatoire. Et c’est assez logique étant donné que le grand méchant était déjà apparu chez les deux autres...
C’est vraiment le seul point noir, et la série arrive même à en jouer un peu.
Pour le reste, c’est plutôt bien mené. Sur seulement 8 épisodes - contre 13 pour toutes les autres saisons - dont une bonne partie pour créer un groupe de nos 4 héros. Comme à peu près n’importe quel crossover, ça fonctionne grâce à notre expérience avec les personnages et à leurs relations entre eux. Et intelligemment, ça ne multiplie pas les rebondissements, ça va à l’essentiel, et ça monte en puissance au fil des épisodes jusqu’à un dernier épisode scotchant !


Moralité ? Cette Phase 1 fut un plaisir et j’en reprendrai volontiers une Phase 2 !
Ah, et aussi : Daredevil Rules !

dimanche 25 février 2018

Mathieu Rivero - Or et nuit

Or et nuit, Mathieu Rivero, 2015, 250 pages.

« Les Milles et une nuits, volume 2 ». Cela pourrait être le sous-titre de ce roman, qui conte les aventures de Shéhérazade après avoir survécu à son terrifiant mari. On y suit deux histoires en parallèle : l’histoire de Shéhérazade elle-même, enlevée par des bandits, et le conte qu’elle narre à leur chef. Et tout ça sent bon le sable, les palais et l’orient - ou tout du moins tous les clichés que je peux en avoir.

Limpide. Or et nuit est un roman limpide. C’est le mot qui me vient immédiatement à l’esprit pour le qualifier. La lecture est fluide et tout semble couler de source. Presque un peu trop : la fin manque d’ardeur et de surprise. Heureusement, la lecture est globalement « courte » et cette lassitude n’a donc que peu de temps pour arriver, le lecteur pouvant rester sur son impression d’avoir fait un bon voyage.

jeudi 22 février 2018

Lionel Davoust - Port d'Âmes

Port d'Âmes, Lionel Davoust, 2015, 531 pages.

Port d’âmes est un livre étonnant. Contant le retour à la vie « normale » de Rhuys ap Kaledan après 8 années d’enrôlement forcé dans la Marine, il narre aussi une certaine histoire d’amour qui, bien qu’intimement liée à l’histoire de Rhuys, peut être considérée comme une partie à part du roman. Si j’espérais passer un bon moment en suivant la vie de Rhuys, je n’attendais pas grand chose de l’histoire d’amour - voire pire. Pourtant, et c’est là que le livre est étonnant, j’ai été happé, petit à petit, par cette histoire qui sort de l’ordinaire.

Tout n’est pas sans « défaut », notamment un rythme parfois bizarre (un peu lent sur une longue partie puis tout d’un coup rapide, voire trop rapide…) et un héros pour lequel on hésite longtemps entre empathie et antipathie (j’hésite toujours en fait…). Mais Port d’âmes était ma porte d’entrée dans l’univers d’Evanégyre et j’ai désormais envie de lire les autres livres de cet univers. Je crois que cela en dit suffisamment sur mon sentiment vis-à-vis de ce livre, non ?

lundi 19 février 2018

Ian R. MacLeod - Poumon vert

Poumon vert, Ian R. MacLeod, 2002, 144 pages.

Il est des livres qui doivent être bien. Qui ont une particularité de style, une atmosphère particulière ou un mystère qui monte en puissance au fil des pages. Voire un peu de tout ça.

Sauf que parfois, on ne rentre pas dedans. C’est ce qui m’est arrivé avec Poumon vert : impossible de me sentir « concerné » par l’histoire. La dernière partie avait pourtant l’air bien, mais je n’étais pas assez impliqué pour l’apprécier pleinement. Dommage.