samedi 26 novembre 2016

Mack Reynolds - Les Gaspilleurs

Les Gaspilleurs, Mack Reynold, 1967, 102 pages.

Il n'y a fondamentalement rien de SFFF dans cette nouvelle de Mack Reynolds. Si ce n'est une troublante lucidité sur les enjeux de notre monde capitaliste. Car par le biais de l'infiltration de Paul Kosloff, agent secret américain qui voue une haine aux communistes, dans un nouveau milieu gauchisant, Mack Reynolds nous donne une leçon de politique, d'écologie et de sémantique.

Mais attention, la leçon est loin d'être pompeuse ou ennuyante. De manière simple, l'auteur nous livre les bases de notre monde actuel et de notre société de consommation. L'histoire est quasiment insignifiante et pourtant la lecture se fait avec plaisir car le ton n'est absolument pas moralisateur.

Étonnamment, malgré la maigreur de l'intrigue, Les Gaspilleurs est une bonne lecture, intelligente et toujours d'actualité. Si ce n'est en aucun cas une baffe littéraire, il ne peut pas faire de mal de se remettre en mémoire le message diffusé par cette nouvelle.

mardi 22 novembre 2016

Laurent Alexandre & David Angevin - L'Homme qui en savait trop

L'Homme qui en savait trop, Laurent Alexandre & David Angevin, 2015, 332 pages.

Mathématicien et cryptologue, entre autres qualités, de la première moitié du XXème siècle, Alain Turing est notamment le fondateur conceptuel de l'ordinateur et l'un des participants au décryptage d'Énigma, la machine à coder nazie. Il aura pourtant fallu attendre les années 2000 pour que ses actions pendant la guerre soient officialisées et qu'il soit réellement sur le devant de la scène : des excuses publiques du gouvernement anglais en 2009, une grâce en 2013 par la reine Élisabeth II pour sa condamnation en 1952 pour homosexualité, un film à succès sur sa période de cryptologue en 2014 (l'excellent - bien qu'imparfait historiquement - "Imitation Game") et donc ce livre.

À la différence de "Imitation Game", L'Homme qui en savait trop s'emploie à décrire l'ensemble de la vie d'Alan Turing, passant finalement rapidement sur le décryptage effectif d'Énigma. En cela, les deux œuvres ne sont pas redondantes et se complètent même agréablement.

L'Homme qui en savait trop est un roman efficace. Écrit comme un thriller, les chapitres sont courts et sont surtout portés par la passionnante vie d'Alan Turing. Très prenant au démarrage, le récit a pourtant tendance à s’essouffler. Car si les chapitres concernant Alan Turing restent intéressants, le désintérêt pointe rapidement concernant la seconde trame du livre. En effet, jouant sur le doute concernant la mort du mathématicien et le contexte politique de l'époque, les auteurs proposent une petite chasse à l'assassin.

Finalement, le seul véritable problème de ce livre est qu'il a tendance à ne pas trouver son style, ou en tout cas à ne pas l'assumer jusqu'au bout. Le titre, le bandeau de couverture, la quatrième de couverture,... laissent à penser qu'il va y avoir plus que la simple vie d'Alan Turing. Or cette partie-là est franchement faible et globalement inutile. Et si l'intérêt de l'oeuvre se trouve juste d'être une bonne biographie romancée d'Alan Turing, alors elle se serait suffit en soi et toute la partie "sensationnaliste" se trouve être de trop.

Je reconnais parfaitement que ma légère déception provient d'une mauvaise attente de ma part vis-à-vis de ce livre - une attente bien guidée par les atours du roman - m'attendant à quelque chose de plus qu'une simple biographie romancée. Malgré ça, la lecture reste globalement passionnante tant il est intéressant d'en apprendre plus sur Alan Turing. N'hésitez donc pas à le lire si vous avez envie d'en savoir plus - si vous avez aimé "Imitation Game" par exemple. Mais lisez-le bien en tant que biographie romancée, et ayez bien à l'esprit que finalement, vous ne serez jamais certain de ce qui est vrai et de ce qui est inventé...

vendredi 18 novembre 2016

Pierre Pevel - Le Royaume immobile

Le Royaume immobile, Pierre Pevel, Tome 3/3 du Paris des Merveilles, 2015, 377 pages.

Après Les Enchantements d'Ambremer et L'Élixir d'oubli, Le Royaume immobile est le troisième et dernier tome du cycle du Paris des merveilles. Et il est parfaitement au niveau de ses prédécesseurs !

Anecdotiquement, ce roman a été écrit et est paru 12 ans - ! - après le second tome. Je l'écris vraiment pour le caractère surprenant de l'information car cela ne se ressent absolument pas à la lecture tant il n'existe aucune rupture de style entre les deux livres. C'en est prodigieux de maîtrise.

Par rapport aux deux premiers tomes, il n'y a ici rien à ajouter, ni à enlever. Toutes les qualités d'écriture de Pierre Pevel sont au rendez-vous : c'est fluide, il n'est pas possible de s'ennuyer et les personnages sont appréciables. Les péripéties et thématiques sont peut-être un peu plus graves, mais cela apporte simplement une petite touche de nouveauté, sans bouleverser le plaisir existant. Surtout, Pierre Pevel n'est pas redondant. Ce n'est pas l'histoire de trop, ça ne commence pas à devenir lassant. Au contraire, cette histoire apparait comme essentielle et se lit avec le même plaisir que le premier volume.

Le lecteur qui aura apprécié le(s) (deux) premier(s) tome(s) pourra sans hésitation se jeter sur celui-ci sans prendre aucun risque : Pierre Pevel sait construire des trilogies de qualité et d'intérêt égaux jusqu'à la fin. D'ailleurs, au petit jeu des comparaisons, la trilogie du Paris des Merveilles se place en bonne position dans la bibliographie de Pierre Pevel : bien meilleure que Les Lames du Cardinal, elle se situe juste derrière la Trilogie de Wielstadt, qui aurait dû partager son rang si le chevalier Kantz ne la rendait pas intouchable.

Amateurs de magie discrète, d'univers à taille humaine, de personnages sympathiques et d'aventures aux relents d'enquêtes saupoudrées d'actions qui sentent bon le fer et la poudre, n'hésitez plus : le Paris des Merveilles vous attend !

lundi 14 novembre 2016

Jean-Philippe Jaworski - Chasse Royale

Chasse Royale, Jean-Philippe Jaworski, Tome 2a/3 de Rois du Monde, 2015, 282 pages.

Clash Royale poursuit l'exploration de l'univers découvert dans Clash of Clans. Sur une base de personnages similaires, l'aventure prend ici une tournure plus simple ou tout du moins plus abordable pour le joueur casual. Supercell continue de faire ce qu'il sait faire, et il le fait bien, voire très bien, continuant de s'imposer comme une référence - si ce n'est pas la référence - du genre !

Hein ? Quoi ? Ce n'est pas de Clash Royale que je dois parler mais de Chasse Royale ? Oh. D'accord, je me suis peut-être légèrement mélangé, mais relisez-bien - et remplacez quelques mots - car c'est finalement exactement ce que je viens de faire.

Étonnamment, le démarrage de Chasse Royale se passe très bien. Malgré la densité de l'univers et du premier tome, les souvenirs reviennent bien vite. S'il m'a peut-être manqué quelques subtilités qu'une relecture de Même pas mort m'aurait offertes, les premières pages redonnent astucieusement tous les éléments nécessaires pour nous replonger pleinement en Gaule.

Plus linéaire que son prédécesseur, Chasse Royale en devient plus facile à la lecture, mais sans perdre pour autant sa densité. À celle-ci s'ajoute une intensité incroyable : les 250 pages se déroulent pourtant quasiment en une seule journée, mais sans baisse d'intérêt ou de tension. Une performance en soi.

Chasse Royale est donc un très bon roman, peut-être moins fort stylistiquement que le premier tome mais surement meilleur en matière de plaisir pur. Son seul défaut est d'être seulement la première moitié du second tome tel que Jean-Philippe Jaworski le conçoit. Sans fin digne de ce nom, la lecture laisse véritablement le sentiment de ne pas être achevée. Cela donne évidemment l'envie de lire la suite, mais laisse en attendant un goût amer en bouche, à l'instar des découpages en deux tomes de L'Assassin Royal par Pygmalion. Dommage.

jeudi 10 novembre 2016

L.C. Tyler - Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex

Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex, L.C. Tyler, Tome 3/? des Aventures d'Elsie et Ethelred, 2010, 287 pages.

Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex (dont on ne citera le nom entier qu'une fois car c'est tout de même un peu long - ce qui n'empêche pas de souligner l'excellent travail de l'éditeur au niveau des titres qui compensent allégrement les jeux de mots intraduisibles des originaux), Mort mystérieuse... donc, est la troisième aventure d'Ethelred, écrivain de polar de troisième zone, et d'Elsie, son agent littéraire.

L.C. Tyler poursuit sa série de polars humoristiques en s'attaquant cette fois à deux nouveaux classiques du genre : le meurtre en chambre close et... le Cluedo. Comme d'habitude, les idées de base sont bonnes et l'humour est présent dans les dialogues et remarques des deux narrateurs tout comme une certaine dose de métafiction, souvent simple et efficace (et ce dès le début : alors que le chapitre 1 vante les mérites de ne pas utiliser de flashback dans un roman, le chapitre 2 commence évidemment par un flashback...).

Si les éléments habituels sont bien présents, Mort Mystérieuse est pourtant clairement le moins bon tome de la série car deux défauts principaux viennent entacher le tableau. Premièrement, l'impression d'être pris pour un idiot ou, au choix, le sentiment que les personnages sont complètement idiots, assez frustrant à la longue. Deuxièmement, la compréhension de la résolution de l'histoire après seulement un tiers du roman. Si quelques détails et explications ne sont découverts que logiquement à la fin du récit, les grandes lignes ne sont presque jamais mystérieuses. Et un polar sans mystère, ça perd grandement de son charme.

Ainsi, ce troisième volume est une déception. S'il se lit malgré tout très bien et qu'il reste globalement amusant, le manque d'une intrigue forte et d'un vrai suspense en font un polar seulement passable. Mieux vaudra attendre le quatrième tome avant de se lancer sur celui-là, histoire de savoir si ce n'était qu'une petite sortie de route ou déjà la fin d'un bon procédé.
« - Ce n’est pas un diner : on recommence une partie de Cluedo.
- Seulement si l’un d’entre nous se fait assassiner, répondis-je, le sourire confiant. Quelle est la probabilité, à ton avis ? »

dimanche 6 novembre 2016

Pierre Pevel - L'Élixir d'oubli

L'Élixir d'oubli, Pierre Pevel, Tome 2/3 du Paris des Merveilles, 2003, 379 pages.

Deuxième tome des aventures de Griffont et Isabel de Saint-Gil dans le Paris des Merveilles. Si vous avez aimé le premier, celui-ci devrait de la même manière vous ravir. Et prolonger la visite de Paris, en en parcourant de nombreux lieux et rues, agrémentés parfois de quelques éléments historiques. On n'ira pas jusqu'à citer Neverwhere de Neil Gaiman, mais presque.

Pour autant, L'Élixir d'oubli n'est pas simplement une redite des Enchantements d'Ambremer car Pierre Pevel en fait plus. Il reprend certes son écriture fluide et son narrateur sympa, mais il densifie son intrigue pour en faire une vraie enquête digne d'un polar, tout en gardant, sans le rendre omniprésent, cet univers magique si particulier. Cette densité provient aussi de l'ajout d'un second fil narratif, approfondissant autant la grande histoire des personnages que la présente aventure.

L'Élixir d'oubli est une nouvelle réussite. Il parvient à prolonger le plaisir du premier tome et même à le surpasser grâce à une intrigue plus dense. Intelligemment, Pierre Pevel propose un certain renouvellement avant même qu'une quelconque habitude - et son risque de lassitude - puisse s'installer. L'envie de lire le troisième tome s'en trouve grandie !

mercredi 2 novembre 2016

Pierre Pevel - Les Enchantements d'Ambremer

Les Enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel, Tome 1/3 du Paris des Merveilles, 2003, 382 pages.

Si la couverture de ce premier tome du Paris des Merveilles - anciennement Cycle d'Ambremer - est magnifique, elle est aussi quelque peu effrayante. Quelle nouvelle histoire pleine de clichés de steampunk (ou de fantasy urbaine) va-t-on bien pouvoir lire ? Et pourtant, pas de panique à avoir car un nom doit vous rassurer : Pierre Pevel.

Paris au début du XXème siècle, la Belle Époque. Tel que vous avez pu l'apprendre dans les livres d'Histoire. Ou presque. Car ici, le monde ancien de la magie - avec ses fées, ses dragons, ses gnomes et toute sa ménagerie - ne s'est pas éloigné petit à petit avec le passage des siècles. Au contraire, les deux univers, la Terre et l'Outremonde, sont plus que jamais unis et se côtoient ouvertement. C'est dans ce bi-univers que se déroulent les aventures de Griffont, mage et héros de cette trilogie.

La première qualité des Enchantements d'Ambremer est de ne pas être une simple visite guidée où l'auteur servirait toutes ses trouvailles les unes à la suite des autres au détriment d'une vraie histoire. Si l'univers est riche, il n'est pas foisonnant et ne donne ni sensation d'overdose ni la lecture d'une suite sans répit de péripéties et d'actions.

Construit à partir de cours chapitres, presque des scénettes, le récit est pourtant complet et facile à suivre. Il en est de même avec les personnages : brossés rapidement, sans longues descriptions, ils sont pourtant très visuels et facilement sympathiques. L'écriture de Pierre Pevel fait son oeuvre : c'est subtil, clair et délié. Avec en petit bonus un narrateur externe sympa qui, quelque fois, n'hésite pas à prendre à partie le lecteur pour donner un peu de peps à la lecture.

Les Enchantements d'Ambremer est donc un très bon premier tome avec une intrigue simple mais bien menée qui alterne les scènes de recherche et les quelques scènes d'action. Un sympathique moment à passer dans un style bien fluide qui ne peut que donner envie de retrouver les personnages dans un deuxième tome.

À noter que cette réédition de Bragelonne est complétée d'une courte nouvelle : un petit hommage à Jules Verne qui n'a rien d'extraordinaire ou de bien particulier mais se laisse lire. On préfèrera largement retenir le récit principal qui est, rappelons-le une dernière fois, de très bonne facture !

dimanche 30 octobre 2016

George R.R. Martin - Le Volcryn

Le Volcryn, George R.R. Martin, 1980, 173 pages.

Le Volcryn, c'est pour moi la première excursion dans la bibliographie de George R.R. Martin en dehors de l'univers du Trône de fer. Et comme, peu importe ce qu'il écrit, Monsieur Martin n'est pas le premier venu, ce court roman a obtenu le prix Locus en 1981 et a sa - bonne - réputation.

Réputation méritée. Le Volcryn tient toute son intrigue, et sa force, dans son titre : mais que sont les volcryns ? En quête de réponses, neuf scientifiques prennent place dans un vaisseau et partent en expédition. Mais bien vite, au mystère initial s'ajoute celui du vaisseau dont le capitaine refuse de se montrer...

Livre court et mystérieux oblige, il est nécessaire d'en préserver le suspens. Qu'il soit tout de même dit que le récit monte en puissance au fil des pages, à la fois prenant et stressant. Si la résolution n'est pas extraordinaire, elle reste tout à fait acceptable.

Livre court, il ne laisse malgré tout aucune impression de trop peu. Histoire en huis-clos, elle ne laisse pourtant aucune sensation de claustrophobie. Avec Le Volcryn, George R.R. Martin parvient à tirer le maximum d'un lieu unique et d'un nombre de pages limité. Si ça ne deviendra pas forcément un coup de coeur extraordinaire, cela reste une bonne raison de le lire.

jeudi 27 octobre 2016

Laurent Kloetzer - Vostok

Vostok, Laurent Kloetzer, 2016, 421 pages.

Station scientifique russe située au pôle sud géomagnétique - la plus isolée de tout l'Antarctique - Vostok est la preuve qu'il n'y a pas toujours besoin de changer de planète pour découvrir un autre monde. Endroit inhospitalier par excellence, ses plaines blanches à perte de vue - quand la vue n'est pas brouillée par les tempêtes - peuvent faire rêver mais n'ont rien d'une partie de plaisir.

C'est pourtant là qu'une poignée de personnages, menée par la jeune Léo, doit se rendre pour percer les mystères du lac Vostok, le lac le plus austral de la Terre, situé juste sous la base. Roman aux pointes de science-fiction, Vostok est surtout un thriller palpitant dans un cadre somptueux.

Si la quatrième de couverture argue l'utilisation du même univers qu'Anamnèse de Lady Star, précédente oeuvre de L.L. Kloetzer, les liens ne sont que minimes. Chacun peut se lire de manière totalement indépendante mais, surtout, leurs écritures sont parfaitement différentes. Là où Anamnèse était un récit ardu, voire obscur, mais hypnotisant dans son ingéniosité, Vostok est lui bien plus classique, avec une chronologie limpide et une lecture fluide. La comparaison est donc impossible mais la conclusion évidente : les deux oeuvres sont excellentes.

Le seul défaut de Vostok est peut-être le caractère si incroyable de cette expédition, préparée relativement rapidement. "Est-ce vraiment possible, surtout pour une si jeune fille ?". Malgré tout, c'est seulement après coup, et après réflexion, que le problème se pose. Car pendant la lecture, tout suit son cours logiquement, sans répit et sans envie de lâcher le livre.

En résumé, Vostok allie un cadre unique et superbe, une histoire forte, un mystère passionnant, une base historique qui donne envie d'en apprendre plus et un rythme maitrisé à la perfection. Faut-il vraiment encore d'autres raisons pour vous donner envie de le lire ?

lundi 24 octobre 2016

Robin Hobb - En quête de vengeance

En quête de vengeance, Robin Hobb, Tome 8a/9 du cycle de L'Assassin royal, 2015, 461 pages.

Suite des aventures de Fitz, du Fou, d'Abeille et de tous les personnages des Six-Duchés (voire même d'ailleurs), qui sont désormais bien plus que de simples personnages. C'est d'ailleurs la bonne nouvelle de cette première partie du deuxième tome : tous les personnages sont sympathiques, ou tout du moins appréciables à suivre, même ceux qui semblaient encore un peu en retrait auparavant (Abeille, pour ne pas la citer).

L'autre bonne surprise, c'est que ça bouge de plus en plus et que le prochain tome promet d'être palpitant. C'est logique me direz-vous, et vous auriez raison, mais cela fait tout de même plaisir à voir. Et entendons-nous bien : le tome présent est déjà bien palpitant. Mais le prochain le sera encore plus !

Du côté du négatif, la page est presque blanche. La fin du roman est abrupte, mais c'est là un problème éditorial et non une volonté de l'auteure. Ce petit goût d'inachevé n'en reste pas moins dommageable. Je n'ai pas non plus ressenti d'émotion intense en lisant une des scènes cruciales du livre, scène espérée depuis de nombreuses années et qui ne m'a pas paru si extraordinaire que ça en comparaison de l'impact monumental qu'elle a pour Fitz.

Cela reste néanmoins un défaut à la marge. En Quête de vengeance est un nouveau très bon récit de Robin Hobb avec tous les éléments habituels de la série. Les fans apprécieront et ne retiendront qu'une chose : vivement la suite !

vendredi 21 octobre 2016

George R.R. Martin - Le Chevalier errant / L'Épée lige

Le Chevalier errant/L'Épée lige, George R.R. Martin, 1998/2004, 270 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

Deux nouvelles dans l'univers du Trône de Fer, avant l'histoire éponyme, mettant en scène Dunk et l'Oeuf. Ayant fait les choses à l'envers, j'avais déjà rencontré les deux personnages dans la nouvelle L'Oeuf de dragon. Et comme pour cette dernière, le niveau est ici aussi au rendez-vous.

La première nouvelle, Le Chevalier errant, est excellente. La seconde, L'Épée lige, est bonne mais un peu en-dessous. Notez que mon jugement sur celle-ci est biaisé : les ressemblances sont fortes avec la nouvelle Le Service des dames de Jean-Philippe Jaworski et j'ai donc eu parfois une impression de déjà-vu (ou plutôt de déjà-lu en l'occurrence).

Mais dans l'ensemble, qu'il est bon de parcourir Westeros sous le format court, en compagnie de personnages moins habituels mais tout autant agréables à suivre ! Deux bons récits qui en plus ajoutent du fond au fond : à lire impérativement pour tous les fans de l'univers. Ou pour le découvrir ?

mercredi 19 octobre 2016

Fredric Brown - Martiens, go home !

Martiens, go home !, Fredric Brown, 1955, 216 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

L'un des sujets les plus classiques de la science-fiction, l'arrivée d'extraterrestres sur Terre, à la sauce Fredric Brown. Soit quelque chose d'un peu moins classique, mais beaucoup plus amusant. Extraterrestres loufoques, scènes cocasses, absurdités à tous les coins de pages, Martiens, go home ! est drôle.

L'idée de base - simple et efficace - est bonne et fonctionne pendant la majeure partie du roman. On s'amuse, mais pas que : s'il propose une oeuvre humoristique, Fredric Brown en profite aussi pour faire une critique de nombreux aspects de la société, américaine notamment. Ça part un peu dans tous les sens, mais c'est intelligent et ça fait mouche.

Tout semble donc bien aller. Jusqu'au dénouement, malheureusement un peu attendu et décevant. Cela n'enlève en rien au bon moment passé précédemment, mais cela limite l'impact et la postérité de l'oeuvre. Martiens, go home ! ne peut donc pas se targuer d'être un très grand roman. Mais cela reste un récit tout à fait plaisant.

lundi 17 octobre 2016

Cédric Ferrand - Sovok

Sovok, Cédric Ferrand, 2015, 219 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

Sovok, c'est avant tout un cadre incroyable. Une Russie du futur - les ambulances volantes rendant la chose indéniable - mais un futur qui est loin d'être clinquant. Quasiment un post-apo tant il s'agit d'une lutte contre la pauvreté, contre la saleté, contre le froid. La vie est loin d'être rose dans cette Russie rétro-futuriste : elle est blanche, mais d'un blanc très sombre.

Et dans ce cadre incroyable, l'histoire ne démérite pas et prend peu à peu de l'ampleur. Ce n'est certes pas une histoire incroyable qui se suffit à elle-même et nous tient en haleine à chaque page. Mais elle est parfaite dans sa mise en valeur de son univers. L'un et l'autre fonctionnent car ils sont ensembles.

Sovok n'est peut-être pas le livre de l'année, pas un roman qui prend aux tripes, mais c'est un bon moment à passer, un voyage dans un monde singulier. Et même si ce dernier n'est pas fondamentalement sympathique, on finit tout de même par le quitter avec regret.

samedi 15 octobre 2016

Laurent Genefort - Lum'en

Lum'en, Laurent Genefort, 2015, 299 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

Quel dommage que je n'ai rien écrit sur ce livre juste après sa lecture. Car Lum'en est un grand livre. Un grand roman, on peut le dire, même si sa forme tient plus du fix-up de nouvelles. Mais un roman tout de même car cette suite de textes forme un véritable tout, uni, logique.

Lum'en n'est pas l'histoire d'une colonisation. Ce n'est pas le peuplement d'une planète, la mise en place d'un système, les problèmes inhérents à la présence humaine. Ce n'est pas un planet opéra centré l'homme. C'est un planet opéra au sens le plus littéral : c'est Garance, la planète, qui est au centre de tout et est le personnage principal de ce roman.

Pour autant, et je ne me contredis pas, Lum'en est un récit, des récits, complètement humain(s). C'est bien ça qui fait tout sa force, et peut-être cela qui me m'a manqué auparavant pour apprécier pleinement le travail de l'auteur. Car, parole de quelqu'un qui n'a jamais grandement apprécié les quelques oeuvres de Laurent Genefort qu'il a lu, Lum'en est d'un tout autre calibre et doit être lu, tant pour sa forme que par son fond.

jeudi 13 octobre 2016

Serge Brussolo - Le Syndrome du scaphandrier

Le Syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo, 1992, 188 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

Ce n'est pas avec regret que mes souvenirs de ce roman (?) sont flous. Si l'idée de base - ramener dans la réalité les découvertes faites dans ses rêves - pouvait être bonne, c'est bien tout ce qui est à retenir de ce livre.

Le principal problème est, à égalité, une narration très lourde et une histoire sans intérêt. La lecture n'est ni fluide ni plaisante tant il faut faire des efforts pour parvenir à comprendre l'histoire et à avoir l'envie de la poursuivre. Le récit pourrait avoir un certain côté onirique, mais aucune poésie ou lyrisme ne vient donner un aspect positif à cette sensation de flou.

Un roman très bizarre, mais malheureusement pas dans le bon sens du terme, l'incompréhension et le désintérêt prenant trop rapidement le pas sur la surprise. À éviter.

mardi 11 octobre 2016

Fabien Cerutti - Le Fou prend le Roi

Le Fou prend le roi, Fabien Cerutti, Tome 2/? du Bâtard de Kosigan, 2015, 412 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

Ah, le plaisir de retrouver une série dont on avait apprécié le premier tome... et de ne pas voir ce plaisir gâché ! Car Le Fou prend le Roi est une nouvelle réussite pour Fabien Cerutti qui parvient à poursuivre les aventures de son Bâtard en étoffant son univers peu à peu.

On retrouve la joie de suivre les péripéties de ce "anti-héros", qui a pourtant bien tout du héros si ce n'est une partie de ses activités. Si l'histoire est cette fois plus dans l'enquête que dans la grande duperie, le charisme du personnage et le respect gagné dans le premier tome ne font pas regretter ce léger changement.

Le troisième tome est en cours d'écriture. Une bien bonne nouvelle !