jeudi 23 juillet 2015

Xavier Bruce - La République des enragés

La République des enragés, Xavier Bruce, 2015, 297 pages.

En 1952, 9 enfants aux talents particuliers, cobayes du professeur Frédéric Heintelle, s’évadent de l’institut qui les retient. En Mai 1968, tous ont grandi et plusieurs se retrouvent mêlés au fameux événement historique.

Rares sont les romans d’imaginaire à traiter de Mai 68, pour ne pas dire qu’ils sont inexistants. À ce titre, La République des enragés est déjà rafraîchissant et marque des points avant même de démarrer. La lecture ne fait que confirmer cette impression : le cadre soixante-huitard est bien présent, d’autant plus grâce à plusieurs faits et anecdotes réels, et donne une vraie atmosphère au récit.

Logiquement, La République des enragés est de fait un roman au parfum politique, que cela soit dans les messages que dans l’intrigue qui navigue dans ce Mai 68. Pour autant, ce n’est pas un récit purement et essentiellement politique, et ce n’est pas forcément ce qui marquera le plus le lecteur. Surtout que Mai 68 reste bien le cadre et non l’intrigue de l’œuvre.

L’intrigue – les intrigues – est teintée de fantastique et alterne différents fils narratifs dans de courts chapitres découpés selon la trame horaire de l’action. Cela en fait un récit très vif et rythmé où il n’est pas permis de s’ennuyer. D’autant plus que les personnages ont de fortes personnalités et attirent l’attention.

Pour être complet, il faut tout de même rajouter qu’un autre aspect est fortement présent dans le récit : la sexualité. Rien de cru ou d’osé ici, rien qui puisse contre-indiquer la lecture, mais le plaisir charnel est un élément moteur des pensées, des relations et des actions des personnages et pèse un poids important dans le récit. Heureusement, l’écriture de Xavier Bruce fait passer cela très naturellement.

La République des enragés est un très bon roman. Presque uchronique, il navigue entre art et politique au cours d’une intrigue très rythmée mais toujours maîtrisée. La bonne plume de Xavier Bruce en fait un livre à la fois plaisant et intelligent.


Cinquième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

6 commentaires:

Xapur a dit…

Je l'ai dans ma PAL et je le craignais un peu, vu le sujet, ton avis me rassure.

Lune a dit…

Jamais pu le finir, vraiment pas terrible pour moi.

Lorhkan a dit…

Le sujet ne me passionne guère, mais il est dans ma PAL, et comme pour Xapur, ce que tu en dis me rassure.

BlackWolf a dit…

Je ne suis jamais rentré dans ce livre, que ce soit les personnages ou l'intrigue rien n'a réussi à me captiver.

Vert a dit…

Le cadre a le mérite d'être surprenant en tout cas !

Baroona a dit…

@Xapur -> J'attends de lire le tien alors !

@Lune -> Oh. Pour quelles raisons ?

@Lorhkan -> Le sujet n'est finalement pas si essentiel que ça (si on parle bien de Mai 68), l'intrigue peut s'apprécier en tant que telle.

@BlackWolf -> Arf, dommage. =/

@Vert -> Il l'est en effet, ça change !