lundi 17 novembre 2014

Glendon Swarthout - Homesman

Homesman, Glendon Swarthout, 1988, 281 pages.

Dans les plaines de l'Ouest américain, au milieu du XIXème siècle, l'hiver touche enfin à sa fin. Durant cette période d'isolement et de solitude pour les nouveaux propriétaires terriens, quatre femmes sont tombées dans la folie. Il est décidé de les renvoyer à l'Est, où leurs familles pourront s'occuper d'elle. Mary Bee Cuddy, ancienne institutrice, les y accompagnera, avec l'aide de Briggs, un voleur sans morale qu'elle a sauvé de la pendaison.

Point de cap à l'Ouest pour ce western. Au contraire, c'est vers l'Est que chevauchent les protagonistes. Mais cela ne change rien au décor et à l'ambiance, poussiéreuse à souhait. On y croise des indiens, des caravanes de colons, des paysans éparpillés dans les grandes plaines, des hommes qui prennent les armes,... Et même une paire de mules attachante.

Si la quatrième de couverture annonçait l'aventure d'une femme forte, j'ai trouvé que ce n'était nullement le cas. Refrénez vos ardeurs féministes, la population féminine de ce roman est loin d'être mise en valeur. Au contraire, elles n'apparaissent que comme incapables de survivre aux conditions difficiles de l'Ouest ou nécessitant en toutes occasions la protection d'un homme.

Peu importe. Briggs est là. Voleur sans scrupule, bandit sans morale, taiseux et sale, il est l'archétype du personnage qu'on ne devrait pas aimer mais qu'on ne peut s'empêcher d'adorer. Surtout, l'évolution de son caractère et de son attitude est menée de main de maître par Glendon Swarthout. Il est rare d'apprécier pleinement le devenir d'un personnage mystérieux qui, à la fin de son aventure, ne correspond souvent plus à ce qui nous avait charmé au départ. Pourtant, Glendon Swarthout y parvient, ne perdant rien de l'attrait de son "héros" tout en parvenant à le faire évoluer sans tomber dans certaines facilités.

L'évolution, c'est l'une des plus grandes forces d'Homesman. Car outre celle de ses personnages, il faut évoquer la qualité croissante de ce roman qui ne cesse de s'améliorer et d'être de plus en plus prenant au fil des pages. Pourtant, ce n'est pas un voyage de tout repos ou d'agrément que nous propose l'auteur, qui n'épargne pas ses personnages et se tient loin de toute gentillesse inutile. Mais malgré la dureté et la rudesse du récit, de celles qu'on peut attendre de ce genre de livre, la lecture s'avère toujours agréable. Et Homesman d'être un grand western.

4 commentaires:

Vert a dit…

Ah tiens je savais pas qu'il y avait un roman derrière le film (en même temps ça n'a rien de surprenant xD). Le personnage de Mary Bee est plutôt mis en valeur dans le film je trouve (si tu l'as vu), même si le vaurien finit par lui voler la vedette bien sûr.

Baroona a dit…

Je n'ai pas vu le film, mais ça me taraude pour savoir si le réalisateur a osé suivre le livre. ^^

Tigger Lilly a dit…

En effet le personnage de Mary Bee est très fort dans le film, même si ça finit par tourner mal pour elle. Evidemment c'est loin du féminisme moderne mais pour l'époque tenir sa ferme toute seule, oser demander les hommes en mariage par pur opportunisme, je l'avais trouvée culottée. Pas un personnage aimable mais intéressant. Je serais intriguée de lire le bouquin.

Baroona a dit…

Je suis d'accord sur ces points-là qui font d'elle une femme forte. Mais dans le même temps, elle pense nécessiter absolument un homme pour l'accompagner (dans son voyage comme dans sa vie), ne pas pouvoir sans sortir sans lui et se retrouve presque continuellement en position d'infériorité...