dimanche 29 septembre 2013

Yukio Mishima - Le soleil et l'acier

Fiche technique :

Titre : Le soleil et l'acier
Auteur :  Yukio Mishima
Date de première publication : 1968
Nombre de pages : 121
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Le soleil et l'acier est la seule confidence que nous ait laissée Yukio Mishima sur sa formation : comment il a découvert, tardivement, la vie du corps, et par elle une vie nouvelle de l'esprit. Il établit une étrange opposition entre le pouvoir corrosif du langage et le pouvoir constructif du soleil et de l'acier. En même temps, c'est pour offrir à la mort, bien suprême et suprême tentation, un objet digne d'elle qu'il s'astreint à l'ascèse d'un entraînement physique. Cette démarche essentiellement romantique n'a rien à voir avec le principe grec d'une âme saine dans un corps sain, mais débouche sur le suicide rituel, qui fut en effet accompli par Mishima, en public, en novembre 1970.
Le soleil et l'acier constitue un testament spirituel qui éclaire d'un jour insolite toute l'œuvre du grand écrivain japonais.

Mon avis :

   La lecture japonaise du mois de septembre, toujours dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana. Ce mois-ci est consacré à Yukio Mishima. J'ai choisi de lire Le soleil et l'acier un peu par fainéantise, et aussi parce que l'idée pouvait sembler prometteuse : un livre quasi-testament pour un auteur qui se fera seppuku deux ans plus tard. 

   J'ai hésité à chroniquer ce livre, puisque je dois avouer que je n'en ai pas compris grand chose. C'est un essai où l'auteur discute de plusieurs sujets tous plus philosophiques et abstraits les uns les autres. On suit sa démarche pour unir le monde des mots, le monde de l'esprit et le monde du corps, pour s'assurer de la réalité en se désolidarisant de tout imaginaire, tout en flirtant avec la mort.

   Je signale que ma dernière phrase est plus concrète et simple que le moindre paragraphe que vous pourrez trouver dans ce livre. Clairement je n'étais pas au niveau pour lire un tel livre, demandant énormément d'attention et d'intelligence. D'accord, peut-être qu'en pensant 20 minutes sur chaque page et en analysant tout, j'aurais pu en comprendre plus. Mais je n'en ai pas le courage. J'ai quand même tout lu, et j'y ai malgré tout trouvé des choses intéressantes dans les bribes que j'ai comprises. 

   Étonnamment, je ne suis pas dégoûté de Yukio Mishima. Au contraire, je suis plutôt intrigué par cet auteur, et particulièrement par sa vie. J'essayerai peut-être un(e) de ses romans/nouvelles, et j'aimerais encore plus trouver une bonne biographie de cet homme singulier.



Conclusion :

2/5 : À réserver à ceux capables de le comprendre.

Man of Steel by Hans Zimmer on Grooveshark
Parce qu'il est question d'acier dans les deux titres...

vendredi 27 septembre 2013

Ayerdhal - Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé

Fiche technique :

Titre : Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé
Auteur : Ayerdhal
Date de première publication : 1997
Nombre de pages : 309
Taille de l'écriture : Moyenne-basse

Quatrième de couverture :

« On ne bâtit rien sur le désespoir, fors la haine, mais avec la colère et l'usure des souffrances qui se répètent, avec la faim et la peur du lendemain, avec nos seuls coudes serrés pour nous tenir chaud, et nos larmes en écho, et nos rires enfuis, un jour, avec juste ça, entre hommes et femmes, nous n'aurons plus besoin que d'un rêve pour nous éveiller. »

Ce rêve, c'est Parleur, marcheur venu de nulle part, qui va l'apporter aux gueux et aux roturiers de la Colline, une année où l'hiver, la dîme et la disette se conjuguent pour les condamner à choisir entre la mort et la révolte. Histoire d'une utopie impossible, rêve d'une autarcie fouriériste où se reconstruirait un monde préservé, humain et libre, ce roman inclassable et brillant utilise le merveilleux pour mieux mettre en question le réel.
Ayerdhal, avec son goût pour la subversion des modèles, a réussi là un magnifique récit d'aventure et de révolte qui détourne les éléments du roman de quête pour leur donner une profondeur nouvelle.

Mon avis :

   Une couverture rouge ? Un personnage au poing levé ? Un rêve ? Un parleur ? Oui, il y a des livres comme ça où l'on sent très rapidement ce qu'on attend d'eux. Alors, Ayerdhal va t-il réussir à réveiller nos instincts révolutionnaires ?

   La réponse est oui. Parleur est l'histoire d'une "utopie", le rêve d'une société juste, la révolte du peuple contre les élites, mais pacifiquement. Et on a envie d'y croire, envie que cela réussisse. On regrettera peut-être un petit peu de manichéisme, les choses paraissant parfois un peu faciles. Mais j'ai préféré y voir une note d'espoir. Aussi, certains pourront peut-être trouver un manque de mise en application de cette nouvelle société. Il est vrai que l'on reste dans les grandes lignes et, hormis la question de l'argent, on voit peu de discussions sur les problèmes concrets que pose une autarcie. Ça ne m'a pas particulièrement gêné : ce livre n'est pas une utopie concrète, c'est un rêve.

   Le personnage essentiel de l'histoire est, comme le titre l'indique, Parleur, l'orateur qui canalise ces idées de révolte. Mais c'est aussi Karel, qui n'apparaît jamais mais qui est présent dans l'esprit de tous, lui qui en premier a écrit et décrit cet esprit de révolte. J'ai bien aimé tout au long du récit cette réflexion sur comment naît le changement, le rôle des précurseurs, toujours trop tôt pour leurs temps, et de ceux qui vont reprendre ces idées pour les concrétiser. Car au final, le personnage central du roman, ce sont les idées.

   Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé est un livre vraiment beau, qui donne envie de se lever et de changer les choses. Il fait assurément rêver, et n'est-ce pas tout ce que l'on demande ? Et puis, les amoureux de citations pourront se faire plaisir, puisque ce roman est rempli de phrases que l'on a envie de noter. Je ne vous gâche pas le plaisir de les découvrir, et n'en donne qu'une :
« - Si le monde ne te convient pas, tu n’as qu’à le changer. »

Conclusion :

5/5 : A lire absolument avant de partir faire la révolution.

Talk by Coldplay on Grooveshark
Parce qu'il talk très bien...

mercredi 25 septembre 2013

Christopher Priest - Le Prestige

Fiche technique :

Titre : Le Prestige
Auteur : Christopher Priest
Date de première publication : 1995
Nombre de pages : 409
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley rencontre une jeune femme, Katherine Angier. Elle lui annonce qu'il s'appelle en fait Andrew Borden, et qu'une guerre oppose les familles Borden et Angier depuis la fin du XIXe siècle. Une lutte insensée prenant ses racines dans la rivalité entre deux prestidigitateurs : Alfred Borden et Rupert Angier, célèbres à leur époque pour leurs numéros de téléportation. Et quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais.

Mon avis :

   Je garde un souvenir mitigé de ma découverte de Christopher Priest avec La Séparation. Mais comme une lecture n'est pas suffisante pour se faire un avis définitif, il me fallait réessayer. Alors quand j'ai entendu parler en bien du film Le Prestige, forcément, en toute logique, cela m'a donné envie de lire le livre.

   Ah, la magie. Un thème sympathique, même si les grandes illusions, la magie la plus développée ici, n'est pas vraiment ma tasse de thé. Le défi de faire de la magie le centre d'un roman, c'est de réussir à en parler sans trop en dévoiler (pour moi, la magie doit rester mystérieuse), mais tout en étant tout de même pas complètement flou. Et si vous voulez comprendre concrètement ma dernière phrase, lisez Le Prestige, puisque Christopher Priest réussit ça parfaitement.

   Pour le reste, je ne sais pas si je peux le dire après seulement deux lectures, mais Priest fait du Priest. J'ai été assez impressionné par le nombre de points communs et parallèles que j'ai pu faire entre Le Prestige et La Séparation. Que cela soit la thème de la gémellité, la manière d'encadrer le récit sous la forme de livres dans le livre ou bien le doute constant sur le vrai et le faux, j'ai vraiment l'impression que l'auteur a des sujets qui l'obsèdent. Et puis, il y a ce style très consistant, l'impression d'avoir devant soit un bloc.

   J'ai préféré Le Prestige à La Séparation. L'histoire m'a semblé plus complète et moins flou (ce qui peut s'expliquer par le thème du doute qui est moins majeur dans ce roman). À froid et objectivement, j'apprécie la gestion du récit et la capacité de l'auteur à tout emmêler et à faire réfléchir. Mais dans le feu de l'action et en terme de plaisir pur, je ne m'y retrouve pas. Passer tout un roman à se demander "Pourquoi ?" (que ce soit pour de petits détails, ou pour trouver un but global au récit), ça peut passer. Mais le refermer en se demandant toujours "Pourquoi ?", c'est gênant. J'ai toujours l'impression qu'il manque une partie, ou du liant. Christopher Priest n'a pas l'air fait pour moi.

Conclusion :

4/5 : À réserver aux fans de magie ou de flou.

Magic (feat. Rivers Cuomo) by B.o.B on Grooveshark
Parce que c'est un livre sur la magie (et que je n'ai rien trouvé avec prestige)...

vendredi 20 septembre 2013

Maurice Leblanc - Les Trois Yeux

Fiche technique :

Titre : Les Trois Yeux
Auteur : Maurice Leblanc
Date de première publication : 1920
Nombre de pages : 222
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Maurice Leblanc, père d'Arsène Lupin, a imaginé dans Les Trois Yeux une des plus curieuses histoires fantastiques.
Rayon B... Berge... La mort n'a pas permis au savant Noël Dorgeroux d'achever son message. Voulait-il révéler la formule de sa découverte ou le nom de son meurtrier ?
Mais certains veulent s'approprier le Rayon B, croyant, par ce moyen, faire fortune. C'est qu'ils ignorent l'étrange pouvoir des trois yeux...

Mon avis :

   Maurice Leblanc, ça vous dit quelque chose ? Vous ne trouvez pas quoi ? Allons, quand même, Arsène Lupin ! Bon, je dois tout de même avouer que je ne savais pas qu'il avait écrit autre chose que des histoires du gentleman cambrioleur. C'est donc tout surpris que je découvris ce court roman, que je ne pouvais pas laisser passer.

   Je dois tout d'abord aborder un petit problème de classification. La quatrième de couverture annonce une histoire fantastique. Peut-être que je n'y comprends plus rien, mais pour moi c'est de la science-fiction (ou roman d'anticipation si on veut respecter les termes en usage à l'époque). Je voulais juste le dire.

   Les Trois Yeux repose sur un mystère, et comme tous les livres reposant sur un mystère, on ne peut pas en dire grand chose. Si ce n'est qu'une partie de la résolution semble un peu facile. À froid, il s'avère que l'autre partie n'est finalement pas si mal, avec une réflexion intéressante sur un sujet toujours traité aujourd'hui. C'est surtout impressionnant quand on se rappelle que l'écriture a eu lieu avant 1920.

   On reconnait la maîtrise de Maurice Leblanc pour les intrigues emmêlées dans la façon où il parvient, avec peu de personnages, à multiplier les surprises et les retournements de situation. Malheureusement, ce n'est pas suffisant pour porter le livre sur toute sa longueur, puisqu'il y en a (des longueurs).

   Ce roman n'est pas bien long, mais il aurait pu être meilleur en étant plus court, puisqu'au final les choses véritablement intéressantes ne durent pas longtemps. Entre temps, on a une histoire d'amour qui sent le factice, et une attente qui se révélera infructueuse. Un livre intéressant en 1920, mais qui aujourd'hui n'a surtout d'intérêt qu'en tant que pièce d'histoire.

Conclusion :

3/5 : À lire pour pouvoir dire qu'on a lu autre chose de Maurice Leblanc qu'Arsène Lupin.

Arsene Lupin by Jacques Dutronc on Grooveshark
Parce que Maurice Leblanc est à jamais associé à Arsène Lupin...

mardi 17 septembre 2013

Oliver Peru - Druide

Fiche technique :

Titre : Druide
Auteur : Oliver Peru
Date de première publication : 2010
Nombre de pages : 603
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au coeur du monde. Détenteurs d'une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d'une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt et un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l'entraînant toujours plus loin dans l'horreur...

Mon avis :

   C'est le mois d'Oliver Peru chez Book en Stock ! Bon, d'accord, c'était au mois d'avril, mais j'y suis presque, non ? Et puis son chat s'appelle Gilead, alors cela méritait que je m'y intéresse. Tant que je donne des informations utiles, avez-vous noté que c'est Oliver (nom d'auteur), et non pas Olivier (nom réel) ? Oui, c'est assez insignifiant, mais ça m'a pris pas mal de temps avant de le remarquer, et ça m'a fait un choc.

   La particularité de Druide est d'être autant un roman de fantasy qu'un polar. Bien sûr, les deux ne sont pas de base incompatibles, mais il n'est pas pour autant fréquent de les rencontrer ensemble. Tout commence donc avec un meurtre, ou plutôt un massacre, dans le genre du Mystère de la chambre jaune. Sur fond de conflits entre royaumes, le druide Obrigan a 21 jours pour résoudre l'énigme, et éviter une guerre.

   J'ai été étonné par le rythme du roman. Les jours s'enchaînent rapidement, tout comme les avancées et révélations de l'enquête. Après 200 pages, j'avais vraiment un doute sur le fait que cela puisse durer 600 pages. Et finalement, oh étonnement, si.

   Une autre chose que j'ai appréciée est la gestion des personnages, ou plutôt le flou qui entoure les notions de bien et de mal. Il n'y a (presque) pas de personnage qui ne soit pas un peu mauvais, mais dans le même temps chacun a ses raisons pour agir, des raisons souvent compréhensibles qui font que chaque individu pour être aimé (ou détesté, ou entre les deux). Et puis, il y a des druides. Alors même si cela me fait toujours penser soit à Panoramix, soit à des elfes avec bien moins de super-pouvoirs, c'est sympa puisque non habituel.

   Malheureusement, je dois finir avec une note un peu plus négative. Et c'est ironique que je finisse avec ça, puisque je n'ai absolument pas aimé la fin. À une exception près, j'ai trouvé ça très prévisible et décevant. Alors qu'il y avait de bonnes idées auparavant, cela retombe à plat.

   Au final, Druide est un livre qui se lit bien. Surprenant par sa forme, un policier dans un monde de fantasy, le fond ne m'a pas convaincu jusqu'au bout. Bon sans être exceptionnel.

Conclusion :

4/5 : A lire, pour un bon mélange entre enquête et lutte politique, dans un contexte fantasy.

Thème d'Astérix by Gérard Calvi on Grooveshark
Parce que druide -> Panoramix -> Astérix...

samedi 14 septembre 2013

Meyer Levin - Crime

Fiche technique :

Titre : Crime
Auteur : Meyer Levin
Date de première publication : 1956
Nombre de pages : 387
Taille de l'écriture : Moyenne-basse

Quatrième de couverture :

Cette fiction (1956), qui fit comparer Meyer Levin à une sorte de Dostoïevski américain, se fonde sur un fait-divers authentique auquel l'auteur en sa jeunesse avait été mêlé malgré lui.
Dans le Chicago des années 20, deux garçons surdoués, promis à un brillant avenir, croient pouvoir exécuter un crime parfait... et y réussissent presque.
Crime, qui suscita l'enthousiasme de Hemingway (et inspira un film fameux avec Orson Welles), avait disparu des tables de la librairie. Sa remise au jour en 1996 fut saluée par toute la presse.

Mon avis :

   Cela fait des années que je connais vaguement ce livre, me l'ayant vu conseiller mais sans jamais le trouver (ou véritablement y penser). Et bien voilà, ça y est. Et l'attente valait le coup, ne serait-ce que pour la couverture : tout le monde ne peut pas se targuer d'avoir en couverture un extrait d'un tableau d'Edward Hopper (Room in New York pour être précis).

   La particularité de Crime est que le récit est basé sur une histoire vraie. Mais ce n'est pas n'importe quel fait divers que l'auteur aurait choisi de mettre sur le papier, puisque l'auteur a réellement vécu l'affaire Leopold & Loeb (affaire ayant donné lieu à plusieurs autres adaptations, dont un film d'Hitchcock), en tant qu'ancien camarade de classe et reporter. C'est donc d'un point de vue un peu particulier que se déroule l'histoire. Et bien qu'elle s'avère forcément en partie romancée et qu'il faille toujours lire ce genre de chose avec un esprit critique, je pense que l'on peut dire que l'histoire est proche de la réalité.

   Je ne peux pas parler de Crime sans évoquer Les mille et une vies de Billy Milligan, puisqu'on y retrouve nombre de faits communs. Outre qu'il s'agisse dans les deux cas d'histoires vraies romancées par un auteur impliqué dans le récit, ces deux affaires ont fait acte de jurisprudence dans la justice américaine. C'est encore plus remarquable dans Crime où le livre est divisé en deux parties : le crime (où s'emmêlent le présent après l'acte, et le passé) et le procès. On notera aussi que les deux livres ne sont pas forcément objectifs, ayant tendance à mettre en avant et à rendre sympathiques les coupables, ne serait-ce que par l'absence d'importance donnée aux victimes. Je peux comprendre le but de ce procédé, mais je sais aussi que cela pourra en rebuter certains.

   Pour en revenir plus précisément à Crime, je l'ai trouvé simplement fascinant. Ce n'est pas du voyeurisme autour d'un crime, ce qui importe n'est pas l'acte en lui-même mais bien plus l'approche psychologique et philosophique qu'on peut en avoir (comme l'Übermensch de Nietzsche qui est partie intégrante du récit). Et en me relisant je découvre toute l'ironie de cette dernière phrase, puisque c'est globalement la même optique que Leopold & Loeb.

   Ce n'est assurément pas un livre que tout le monde aimera. Mais il ne pourra pas non plus vous laisser indifférent. Et il vous donnera de quoi occuper votre cerveau pendant quelques temps.

Conclusion :

5/5 : A lire absolument, parce qu'il questionne des éléments essentiels d'humanité et de justice.

Funky Crime by Red Hot Chili Peppers on Grooveshark
Parce que non, ce n'est pas vraiment funky...

mercredi 11 septembre 2013

Terry Bisson - Meucs

Fiche technique :

Titre : Meucs
Auteur : Terry Bisson
Date de première publication : 2003
Nombre de pages : 289
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

C'est vrai, on ne pense pas assez aux familles des victimes ! Alors, tant qu'à appliquer la peine de mort, si on faisait appel à elles pour « jouer » les bourreaux ? (Meucs).
Allumez le feu ! Mais si l'humanité vient tout juste de le découvrir, peut-être vaut-il mieux ne pas l'éteindre... (Le Feu premier).
Pour un trou qui s'agrandit dans la couche d'ozone, même le mariage est à reconsidérer... (Suivant !).
Quand on est un employé bien obéissant travaillant dans la grisaille virtuelle, quel plaisir de s'évader dans Avril à Paris !

Préfacé par James Morrow, ce recueil nous fait frissonner de Meucs (Grand Prix de l'Imaginaire) jusqu'à sa dernière braise avec Les ours découvrent le feu, qui a obtenu trois prix (Hugo, Nebula, Theodore Sturgeon Award).

Quinze récits.
Beaucoup d'humour... noir.
Un feu d'artifice d'inventivité !

Mon avis :

   Et paf, encore une lecture pour le JLNN de Lune, avec ce recueil de 15 nouvelles par Terry Bisson, auteur dont je n'avais absolument jamais entendu parler. La couverture n'était pas moche, et la quatrième de couverture avait quelques arguments, alors je me suis finalement laissé tenter (après l'avoir laissé dans les rayons une précédente fois).

   Mais avant d'évoquer les 15 nouvelles, il faut parler de la préface de James Morrow, Vous allez rire, M. Bisson, qui est quasiment une nouvelle à part entière. C'est une manière très originale de parler des nouvelles qui vont suivre, à la fois inventive et intéressante. Autant dire que l'on entame la première nouvelle dans un état d'esprit positif (et avec l'envie de découvrir James Morrow).

   Alors quand la première nouvelle, Meucs, qui donne son titre au recueil, s'avère être géniale, tant par son mode de narration que par l'idée sous-jacente, j'avoue avoir été au bord de l'hystérie. Surtout que la deuxième nouvelle, Ils sont faits de viande, était tout aussi bien, et dans un registre bien différent. Étais-je tombé sur le livre parfait ? Malheureusement pas tout à fait, puisque ces deux premières nouvelles s'avérèrent être finalement, à mon goût, les deux meilleures (avec Suivant! et Choisissez Anne tout de même).

   La force de ce recueil est à coup sûr la manière dont les nouvelles arrivent à se renouveler. Les sujets abordés sont variés, tout comme le traitement apporté : il y a des nouvelles drôles, des nouvelles qui portent un message, des nouvelles poétiques, des nouvelles scientifiques, des nouvelles philosophiques,... Surtout, on notera des variations dans le style proposé (et je me rends compte après coup que mes nouvelles préférées sont celles qui présentent une forme différente).

   Néanmoins, si la diversité des nouvelles est à coup sûr une force, c'est peut-être aussi une faiblesse, dans le sens où il est difficile d'être touché par tous les genres. Personnellement, je suis plus ou moins passé à côté de certaines, notamment les plus poétiques, ainsi que celles s'installant plus durement dans la science-fiction.

   Au final, malgré une lecture en dents de scie, je garde un bon souvenir de Meucs. J'y ai trouvé 4 très bonnes nouvelles (Meucs, Ils sont faits de viande, Suivant! et Choisissez Anne), et je suis sûr que vous saurez vous aussi trouver votre bonheur au coin de l'une (ou de plusieurs, j'espère) de ces 15 nouvelles. Et puis, comment ne pas être intrigué par une nouvelle au titre si sympathique, et à l'histoire aussi ovniesque qu'on peut l'imaginer : Dites-leur d'arrêter leurs conneries et d'aller se faire foutre.



Conclusion :

4/5 : A lire, parce que vous y trouverez forcément une nouvelle qui vous plaira.

Mon petit mec et moi by Les Wriggles on Grooveshark
Parce qu'avouez que Meucs et Mec, ça se ressemble...

lundi 9 septembre 2013

Scott Lynch - Des Horizons rouge sang

Fiche technique :

Titre : Des Horizons rouge sang
Auteur : Scott Lynch
Date de première publication : 2007
Nombre de pages : 640
Taille de l'écriture : Moyenne

Série : Les Salauds Gentilshommes
Tome : 2/7

Quatrième de couverture :

Locke Lamora, l'ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d'un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s'attaquer à L'Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l'élite et voler son incommensurable trésor.
Il n'existe qu'une façon de s'approprier l'argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu'il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts.
Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues... et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord !
Et pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés et croit avoir échappé à leur châtiment: un certain Locke Lamora.

Mon avis :

   C'est avec un mélange d'envie et de peur que je me suis attaqué au deuxième tome des Salauds Gentilshommes. D'envie, et même plus, parce que j'avais adoré le premier tome, Les Mensonges de Locke Lamora. De peur, parce que Scott Lynch était-il capable de faire aussi bien, de ne pas gâcher ce premier tome ?

   Ne ménageons pas le suspense pour rien : Des Horizons rouge sang est à la hauteur de mes attentes (même si je n'aurais pas su définir mes attentes, mais passons). On y découvre nos Salauds Gentilshommes deux ans après la fin du premier tome, en pleine action dès les premières pages. Un nouveau coup, pour sûr, mais pas dans n'importe quel lieu : dans un casino. Ou plutôt ce qui en s'en rapproche le plus dans ce monde. Il m'a fallu à peu près 10 pages pour être sûr que j'allais aimer.

« La véritable magie de cet établissement émanait de son élitisme versatile : refusez quelque chose à suffisamment de gens et, tôt ou tard, cette chose se parera d’une aura de mystère aussi épaisse qu’une nappe de brouillard. »
   Parce que je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai toujours aimé les histoires qui mettaient en scène des jeux et des duels. Autant dire que la première partie est plus qu'appréciable. J'ai par contre un doute : est-ce l'élément que j'ai préféré, ou bien est-ce plutôt les pirates ? Oui, c'est la fête, il y a aussi des pirates !

   J'ai beau chercher, je n'arrive pas à trouver quelque chose que je n'ai pas aimé. Dans le registre des détails, peut-être la carte, dont l'orientation m'a paru étrange (et fausse par moment). Je pourrais aussi critiquer le prologue, dont la chute est évidente, mais il fait le boulot en nous mettant tout de suite dans l'action et en nous faisant écarquiller les yeux. Ou bien ce fusil de Tchekhov (terme appris dans La Horde du Contrevent, et que je n'ai depuis de cesse d'utiliser dans mon esprit) étonnamment non-utilisé dans ce tome, mais que je n'oublierai pas pour la suite. 

   Non, vraiment, ce livre est très bon. Les personnages sont toujours attachants, et se dotent d'encore un peu plus de profondeur. L'histoire se tient et on la finit comblé et rassasié par tant d'aventures. Enfin, jusqu'à pouvoir lire la suite, et la résolution de ce semi-cliffhanger énorme, qui sortira le 8 octobre aux Etats-Unis, et j'espère très vite en France.

Conclusion :

Coup de Flamme : A lire absolument, dans la même veine que le premier tome.

Sunday Bloody Sunday by U2 on Grooveshark
Parce que ça se passe un dimanche sang -> sanglant -> bloody...

jeudi 5 septembre 2013

Roland C. Wagner - Celui qui bave et qui glougloute

Fiche technique :

Titre : Celui qui bave et qui glougloute
Auteur : Roland C. Wagner
Date de première publication : 1999
Nombre de pages : 88
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

1890, dans l'Ouest américain. Les derniers rapports des Tuniques bleues relatent d'étranges événements. Les Indiens, soutenus par des alliés invincibles, mènent des combats d'une force insoupçonnée et refoulent, pour la première fois, l'armée vers l'est. La rumeur tend à justifier ce revirement : leurs alliés seraient-ils des esprits démoniaques ? Des monstres venus d'une autre planète ?
Kit Carson — chasseur de prime — , le professeur Lévêque et le séduisant détective Nat Pinkerton forment l'équipe intrépide qui dénouera la vérité dans une quête périlleuse à travers le mythique Far West et ses légendes : Calamity Jane, Jesse James, les Dalton.
Cette grande nouvelle totalement débridée est un pur bijou steampunk !

Mon avis :

   Ayant il y a peu de temps bien aimé Le Serpent d'angoisse, j'ai décidé de tenter une nouvelle novella de Roland C. Wagner, toujours chez ActuSF et leurs couvertures qui attirent l'oeil. Evidemment, c'est aussi une lecture dans le cadre du JLNN de Lune.

   Autant le dire tout de suite, j'ai un petit problème avec ce livre : je ne m'en souviens plus vraiment. Ça ne fait pourtant pas si longtemps que ça que je l'ai lu, et cela me confirme donc dans mon ressenti : je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture.

   L'idée de base était plutôt alléchante, avec les Indiens qui se trouvent des alliés intergalactiques, et la Terre qui se retrouve finalement au milieu de quelque chose de bien plus grand. Sauf que cet aspect est finalement retombé assez vite, se concentrant plus sur le côté mystère et créatures bizarres. En plus, je n'ai étonnamment pas vraiment accroché à cet univers Far West combiné à des extraterrestres (dont les références se révèlent assez anecdotiques).

   A côté de ça, il me faut souligner les autres clins d'oeil intégrés par Roland C. Wagner, dont ceux à H.P. Lovecraft, que bien qu'étant complètement inculte j'ai cru pouvoir déceler. Vous verrez assurément plus de choses que moi.

   Au final, je suis plutôt passé à côté de ce livre, qui bien que commençant bien, a évolué sur des territoires qui ne sont pas mes préférés (ni ceux que je connais le mieux). Mais elle pourrait tout de même vous plaire, vu tout le bien dont j'en ai lu ailleurs.


Conclusion :

3/5 : A réserver aux amateurs de mélanges originaux.

Méfie-Toi L'escargot by Mickey 3D on Grooveshark
Parce que même si je ne crois pas qu'il glougloute, il peut être celui qui bave...

lundi 2 septembre 2013

Jean-Philippe Jaworski - Gagner la guerre

Fiche technique :

Titre : Gagner la guerre
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Date de première publication : 2009
Nombre de pages : 684
Taille de l'écriture : Moyenne

Univers : Récits du Vieux Royaume

Quatrième de couverture :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier ». 
Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. 
Je me gourais sévère. 
Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. 
Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. 
Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon...

Mon avis :

   Dire que Le Dévoreur de livres m'a légèrement incité à lire ce livre serait peu dire. Et même les dévoreurs, puisque à la fois Kissifrott et Eäron Valil l'ont encensé. Et même si j'avais promis de le lire il y a de ça quelques mois, mieux vaut tard que jamais et patati patata, non ?

   Un livre qui commence par une bataille navale marque tout de suite de bons points. Mais un livre qui utilise son premier chapitre pour complètement berner le lecteur et faire un énorme rebondissement passe presque aussitôt dans la catégorie des bons livres. Il ne reste plus qu'à confirmer dans les quelques 600 pages restantes.

   Et c'est le cas. Les héros voleurs et/ou assassins sont une valeur sûre en fantasy, et sont toujours plaisants à suivre. D'autant plus quand les implications dans les intrigues politiques sont importantes. Si vous aimez Le Trône de fer mais avez toujours trouvé que les manigances et ruses mettaient du temps à se mettre en place, la première partie de Gagner la guerre devrait vous satisfaire.

   Par la suite, une part plus importante est donnée à l'action/aventure, mais cela reste bien sympathique, surtout que cela reste, relativement, réaliste. Cela va de pair avec notre protagoniste principal, Benvenuto Gesufal, qui n'a rien d'un super-héros : intelligent, cynique et conscient de ce qu'il est. Le tout offre un sentiment de vérité.

   J'ai trouvé la plume de Jean-Philippe Jaworski à la fois fluide et dense, dans un bon compromis, et l'histoire bien menée, même l'interlude, avec son lot de bons rebondissements. La taille du livre fait un peu peur au départ, mais n'est finalement pas une difficulté. On s'attache à Benvenuto, dont les réparties ne sont jamais dénuées d'humour, et qui s'offre parfois quelques envolées à l'attention directe du lecteur, brisant le quatrième mur, qui sont quasiment pour moi les meilleurs moments du livre (et dont l'auteur n'a, très intelligemment, pas abusé). Et si vous n'êtes pas convaincu, un dernier argument, et pas des moindres : Gagner la guerre est un one-shot, avec un début et une fin.
« Notre destin, c’était de gagner la guerre, quitte à détruire ce que nous croyions défendre. »
Conclusion :

5/5 : A lire absolument, de la grande fantasy française !

Hang Me Up to Dry by Cold War Kids on Grooveshark
Parce que ce sont les "Cold War Kids", donc war, donc guerre...