vendredi 7 juin 2013

Gabriel Garcia Marquez - Chronique d'une mort annoncée

Fiche technique :

Titre : Chronique d'une mort annoncée
Auteur : Gabriel Garcia Marquez
Date de première publication : 1981
Nombre de pages : 200
Taille de l'écriture : Grande

Quatrième de couverture :

Ce jeune homme qui rentre à l'aube d'une nuit blanche passée avec les derniers fêtards d'un mariage ignore, en regagnant sa demeure, que le destin l'attend et qu'il mourra poignardé. Pourtant tout le monde le sait et Santiago Nasar, livré à ses bourreaux avec l'assentiment collectif, sera la victime de ce crime d'honneur. Qu'il soit ou non coupable, il n'échappera pas à cette mort annoncée. Car la mariée n'était plus vierge. Honteusement répudiée, et sommée par ses frères de nommer le coupable, elle a désigné Santiago Nasar.

Mon avis :

   Gabriel Garcia Marquez (et non pas Gael Garcia, ça c'est pour Bernal), ça vous dit quelque chose ? Cent ans de solitude ? Un Prix Nobel de Littérature ? Je ne vous jetterai pas la pierre de ne pas l'avoir lu, ne l'ayant moi-même pas (encore) fait. Quoiqu'il en soit, avant d'attaquer un jour ce pavé, j'ai découvert du même auteur, suite à la chronique de Julien, le Naufragé Volontaire, merci à lui, Chronique d'une mort annoncée.
« Le jour où il allait être abattu, Santiago Nasar s'était levé à cinq heures et demie du matin pour attendre le bateau sur lequel l'évêque arrivait. »
   Si ça ce n'est pas un incipit qui envoie de la tartiflette ! Oui, Chronique d'une mort annoncée est bien l'histoire de Santiago Nasar. Mais pas l'histoire de sa vie. Non, l'histoire de sa mort. En effet, le narrateur, un proche de l'événement, a décidé de narrer cette incroyable histoire. C'est raconté tel un reportage, avec des faits entrecoupés de témoignages et de retours sur le passé. Et c'est étonnamment prenant. Pire : j'ai ressenti une tension et un suspense jusqu'à la dernière page.

   L'idée de base est vraiment intelligente : commencer par ce qui pourrait être le dénouement. C'est un vrai travail de plume que de réussir à garder l'envie du lecteur de continuer. Mais il faut dire que la dernière journée de Santiago Nasar est tout à fait particulière : c'est la foire aux invraisemblances et aux impossibilités. Tout le monde sait qu'il va mourir (sauf lui), mais personne ne le sauvera, volontairement ou non. C'est à la fois complètement fou, et terriblement addictif. Je pense qu'une des grandes forces de ce livre est l'opposition entre le réalisme et l'objectivité avec lesquels l'histoire est racontée, et l'improbabilité de cette même histoire. Cela apporte deux choses : un flou sur quoi penser, et une sorte d'atmosphère de doux absurde.

   C'est un court roman (je pense pouvoir dire novella ?) qui se lit bien. J'ai peut-être eu un peu de mal à vraiment entrer dedans après le superbe incipit, et il y a quelques moments où ça redescend un peu. Mais dans l'ensemble, c'est super. Une pure perle de talent d'écriture.

Conclusion :

4/5 : A lire, pour une idée géniale et la joie de l'improbable.

Malade 2006 by Hocus Pocus on Grooveshark
Parce que les maladies chroniques...

2 commentaires:

Julien le Naufragé a dit…

Lu il n'y a pas si longtemps également. Le prochain pour moi de l'auteur sera "100 ans de solitude"

Baroona a dit…

J'en attends ta lecture (et ta chronique) avec impatience !