mardi 29 janvier 2013

Isaac Asimov - I, Robot

Fiche technique :

Titre : I, Robot
Auteur : Isaac Asimov
Date de première publication : 1950
Nombre de pages : 319
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Dans le futur, les robots sont devenus progressivement indispensables à l'homme, en étant toujours plus sophistiqués, plus puissants - mais aussi, parfois, plus dangereux. Heureusement, les humains sont bien protégés par la Première Loi, qui rend les androïdes inoffensifs. Mais qu'adviendrait-il si son interprétation était biaisée ? Et si des machines s'imposaient à des postes clés de notre société ? Et si les robots venaient à diriger le monde ?

Mon avis :

Tiens, du Asimov, ça faisait longtemps, n'est-ce pas ? Pourtant, on change un peu de domaine, puisqu'aujourd'hui on se tourne du côté des robots, et plus précisément dans le premier livre faisant partie du Cycle des Robots. Vu que j'ai passé un peu de temps à comprendre comment fonctionnait ce cycle, je vais commencer par vous l'expliquer.

Le Cycle des Robots est un ensemble de 6 livres, ayant pour trait les robots (je sais, c'est une grande révélation). Ces 6 livres peuvent se séparer en deux groupes : d'une part les 2 premiers livres (Les Robots (ou I, Robot en version originale et pour certaines versions françaises) et Un défilé de robots), qui sont des recueils de nouvelles traitant des trois lois de la robotique et des débuts de la robotique ; d'autre part les 4 romans (Les cavernes d'acier, Face aux feux du soleil, Les robots de l'aube, Les robots et l'empire), qui sont des histoires complètes, dans un futur plus lointain, centrées sur le personnage d'Elijah Baley.

Nous sommes donc ici dans le premier livre du cycle. Et comme la couverture ne l'indique pas, ce n'est pas le récit du film I, Robot que nous allons lire, mais bien 9 nouvelles évoquant les 3 lois de la robotique (que je suis obligé de citer) :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
  2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi.
  3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi.

Evidemment, il va y avoir quelques petits problèmes avec ces lois, qui amèneront généralement Susan Calvin (dont les souvenirs forment la trame du recueil) ou Powell & Donovan à devoir les comprendre et les résoudre.

J'ai beaucoup moins accroché à I, Robot que je ne l'avais fait avec Cailloux dans le ciel ou The Early Asimov. J'ai trouvé ça moins fluide, beaucoup plus compliqué et technique. Il y a de bonnes idées, mais on peine à avancer dans le développement. J'ai aussi eu un peu de mal avec certains personnages, notamment le duo Powell/Donovan (qui enchaînent trois nouvelles en plus, c'est bête...). Et je ne sais pas quoi ajouter.

Une petite déception dans mon élan asimovien.

Conclusion :

3/5 : A réserver aux fans de robotique.

Superstition by Stevie Wonder on Grooveshark Parce que la première scène du film...

samedi 26 janvier 2013

Keigo Higashino - La Maison où je suis mort autrefois

Fiche technique :

Titre : La Maison où je suis mort autrefois
Auteur : Keigo Higashino
Année de première publication : 1994
Nombre de pages : 254
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu'elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas...
Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.
Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’évènements tragiques…

Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

Mon avis :

Une lecture faite dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana, qui permet de découvrir chaque mois un auteur japonais différent. Ma connaissance de la littérature japonaise se limitant aux mangas, c'est un bon moyen de pallier ce manque. Le mois de janvier étant consacré à Keigo Higashino, je me suis essayé à La Maison où je suis mort autrefois, l'un de ses trois livres traduits en français.

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas lu de polar. Encore moins un de ce genre (l'avais-je déjà fait ?). Nous ne sommes pas dans un roman bourré d'actions et d'aventures, où tout s'enchaîne sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Non, ici, seulement deux personnages (physiquement présents) et, globalement, un lieu, une maison.

J'ai eu un peu peur d'une mauvaise ambiance "film d'horreur", d'un huis-clos oppressant. Pas du tout. Pas de monstres sortant des placards, juste des souvenirs et un passé oublié. Ce qui n'en est pas moins stressant (dans le bon sens). On rentre complètement dans cette maison, on l'imagine, on la visualise. Là est le gros point fort : l'immersion dans une atmosphère toute particulière.
Ajoutez à cela des personnages pas tout à fait lisses, et une intrigue qui se dévoile petit à petit (j'ai plusieurs fois cru comprendre certains éléments en avance... en fait non), et vous obtenez un bon moment à passer.

Pour finir, un dernier élément : la crédibilité. Forcément relative quand il s'agit d'un roman, mais tout de même, l'histoire se tient bien, et on n'a pas vraiment d'éléments sortis de nulle part. Ça laisse toujours un meilleur goût en bouche.



Conclusion :

4/5 : A lire, pour l'atmosphère unique entre mystère et tranquillité.

Breakthrough by Eyeshield 21 on Grooveshark
Parce que Japon...

mercredi 23 janvier 2013

Daniel Keyes - Des fleurs pour Algernon

Fiche technique :

Titre : Des fleurs pour Algernon
Auteur : Daniel Keyes
Date de première publication : 1966
Nombre de pages : 311
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Il s'appelle Charlie Gordon, c'est un simple d'esprit, un minable, employé aux plus basses besognes dans une usine. Algernon, elle, est une souris de laboratoire et le traitement du Professeur Nemur et du Docteur Strauss vient de décupler son intelligence. Les deux savants tentent alors d'appliquer leur découverte à Charlie avec l'assistance de la jeune psychologue Alice Kinnian.

C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence de ce cerveau demeuré. Charlie découvre avec passion un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui ne tarde pas à naître entre Alice et lui achève de le métamorphoser.

Mais un jour, les facultés supérieures de la souris Algernon déclinent. Pour Charlie commence alors le drame atroce d'un homme qui peu à peu se sent retourner à l'état de bête.

Mon avis :

J'ai toujours un peu peur quand j'ouvre un livre en ayant de lui une grande attente. Ce fut le cas ici, puisque j'avais lu l'avis du Dévoreur de livres, qui lui avait donné sa note maximale, 10/10.
Je me suis lancé. Je n'ai pas été déçu. Merci à lui.

Que dire ? Ce livre est magnifique. Pourtant, ce n'est pas la première réaction que l'on a en l'ouvrant. Je pense que mon expression faciale après quelques pages devait pouvoir se résumer par des yeux exorbités, et une phrase du genre "Waouh, mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Où est-ce que je suis tombé ?". Vous ferez peut-être même comme moi et irez directement voir quelques pages plus loin, pour vérifier que ce n'est pas une erreur. Ce n'en est pas une. C'est même une idée de génie. Je ne vous en dévoile pas plus, c'est une surprise qu'il faut se garder.

Plus on avance dans la lecture, plus on se retrouve pris dans les mailles de l'histoire. Absorbé par le récit, mais surtout par son personnage principal, Charlie Gordon. On le suit, on s'y attache, on l'apprécie, on le perd, on s'en rapproche, on le pleure, on le vit.
Et on se questionne, car Daniel Keyes nous apporte de quoi réfléchir, notamment sur ce qu'est un être humain ou notre rapport aux autres.

Mais si ce livre serait surement bon s'il n'y avait que l'histoire, il devient une véritable merveille combiné à la manière dont il est écrit. C'est la réunion parfaite du fond et de la forme. Une combinaison qui évolue en parallèle, magistralement. Et il vous faudra le lire pour bien comprendre ce que je veux dire.

Il arrive parfois que je lise un livre et qu'une fois terminé je sois encore dedans. Que je sois bouche bée, encore déconnecté de la réalité. Autant triste que cela soit terminé, qu'heureux que cela soit ainsi, et de l'avoir lu. Des fleurs pour Algernon fait partie de cette catégorie.

Conclusion :

Coup de Flamme : A lire absolument, chef-d'oeuvre.

hakuna matata by Le roi lion on Grooveshark
Parce que c'est un livre sur l'évolution, et que l'évolution de Simba sur le tronc d'arbre, ça claque.

dimanche 20 janvier 2013

Bernard Werber - Troisième Humanité

Fiche technique :

Titre : Troisième Humanité
Auteur : Bernard Werber
Date de première publication : 2012
Nombre de pages : 584
Taille de l'écriture : Moyenne 

Quatrième de couverture :


Nous sommes à l'ère de la deuxième humanité. Il y en a eu une avant. Il y en aura une... après.

Mon avis :


Enfin ! Enfin j'ai pu lire le dernier livre de Bernard Werber.

Je dois commencer par me confesser : je crois qu'on peut dire que je suis "fan" de Werber. J'ai lu la totalité de ses romans, et je ne peux pas dire que je suis très objectif. D'un autre côté, nous ne sommes pas là pour être objectif, ça tombe bien.

Tout d'abord, avis à ceux n'ayant jamais lu de Werber : vous devez essayer. Prenez la Trilogie des Fourmis, ou si vous avez peur que cela fasse beaucoup, tentez l'un de mes préférés, Le Papillon des Etoiles. Pour moi, les livres de Werber ont tous des éléments communs qui les rendent si bons : des sujets de récit innovants, un apport de connaissance incroyable, des histoires à plusieurs entrées relançant continuellement l'action, des énigmes, des rebondissements et du suspense. Toujours un savant mélange de science et d'aventure, dont personnellement je suis friand. Dans Troisième Humanité, on retrouve une nouvelle fois tous ces éléments.

Pour parler de l'histoire en elle-même, je vais citer le site internet de Bernard Werber, qui offre un synopsis non-présent sur la quatrième de couverture :

"En Antarctique, le paléontologue Charles Wells et son expédition découvrent, tout au fond d'un lac souterrain, les restes de squelettes humains d'environ 17 m.
A Paris, son fils David Wells voit son projet d'étude sur le rapetissement humain sélectionné par un tout nouveau programme de recherches consacré à "l'évolution future de l'humanité".  
Le premier a trouvé l'ancienne humanité, le second entrevoit la prochaine humanité, mais ils sont loin encore de savoir la vérité.  
C'est grâce au soutien et à la passion amoureuse d'une femme, Aurore Kammerer, spécialiste dans la connaissance des Amazones, que sera révélé le plus surprenant des secrets et réalisée la plus folle des expériences, modifiant à jamais l'avenir des générations futures."

Du Werber classique, avec peut-être un peu plus de géopolitique que d'habitude. Peut-être aussi un peu moins de gros rebondissements. En tout cas, beaucoup de références à ses anciens romans (dont la lecture n'est pas nécessaire pour comprendre, ce sont plus des clins d'oeil), avec notamment le retour de l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Ah, ça donne envie de relire les Fourmis.

Conclusion :

4/5 : A lire, parce que Werber.

La Peste by La Maison Tellier on Grooveshark
Parce qu'on ne sait jamais, peut-être...

jeudi 17 janvier 2013

Isaac Asimov - Dangereuse Callisto & Noël sur Ganymède

Fiche technique :

Titre : Dangereuse Callisto
Auteur : Isaac Asimov
Date de première publication : 1972
Nombre de pages : 314
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

En vingt-cinq ans, sept missions spatiales se sont posées sur Callisto et nul n'en a plus jamais entendu parler. Pourquoi devrait-il en être autrement de la huitième? Peut-être parce qu'il s'y trouve un passager clandestin... Avec les quatorze nouvelles de ce recueil (re)découvrez un Asimov en grande forme, tout autant porté par l'humour que par le romantisme.



Fiche technique :

Titre : Noël sur Ganymède
Auteur : Isaac Asimov
Date de première publication : 1972
Nombre de pages : 199
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Des sang-mêlé, métissés de Terriens et de Martiens, vivent sur Vénus, sans embêter personne. Mais voilà qu'un groupe de “Terrestres” débarquent, envahisseurs contre lesquels il leur faudra bien se résoudre à se défendre... Deux jumeaux élevés chacun sur une planète différente se rencontrent pour la première fois, étrangers du cosmos qui ont pourtant le même sang. Comment se passera la rencontre ? Des ouvriers extraterrestres qui, ayant entendu parler de la légende du Père Noël, exigent – sous peine d'une grève qui paralyserait la planète – que le merveilleux bonhomme à barbe blanche descende du ciel pour leur apporter des cadeaux...

Mon avis :
Oh ? Qu'est-ce donc que cela ? Un avis sur deux livres en même temps ? Pourquoi pas quatre livres tant qu'on y est ? Et pourquoi ne pas faire la roue en mangeant des spaghettis aussi ?

Stop ! Arrêtez les questions, je vais m'expliquer. Deux livres aujourd'hui, c'est exact, les images parlent d'elles-mêmes. Mais deux livres en version française. En effet, si l'on se réfère à la version originale, ces deux livres n'en forment qu'un : The Early Asimov. Et encore, je ne suis pas tout à fait correct, car The Early Asimov a été traduit en français en quatre livres (Dangereuse Callisto, Noël sur Ganymède, Chrono-minets et La mère des mondes), et jamais en un seul volume. Je n'en présente que deux car ça prend déjà de la place, et surtout parce que je n'ai pas encore lu les deux derniers...

De nouveau du Asimov, pour continuer ma plongée dans son univers. Une plongée en haut profonde, car ces deux livres sont des recueils de nouvelles des débuts d'Isaac Asimov, dans les années 1940. Des nouvelles en tout genre, de la science-fiction pure à des récits beaucoup plus portés sur l'humour, en passant par "Le Sens Secret", moment de poésie et de réflexion assez original. On accroche plus ou moins à chaque histoire, appréciant que cela ne soit qu'une nouvelle, ou au contraire en désirant plus. Un souhait parfois réalisé, car il arrive que certaines nouvelles soient en partie liées, apparaissant dans un même univers. D'ailleurs, on sent bien qu'Asimov se crée au fur et à mesure une base d'éléments qu'il peut réemployer à sa guise.

Mais l'aspect le plus important de ces livres, selon moi, sont les commentaires qu'apportent Isaac Asimov entre chaque nouvelle. Il explique sa situation au moment de l'écriture, son histoire et le contexte de publication. Outre le fait que cela lie les nouvelles entre elles, cela apporte une idée sur le parcours d'Asimov, et c'est très agréable à lire.

Conclusion :

4/5 : A lire, rien que pour les passages autobiographiques d'Asimov.

Reach Out I'll Be There by Four Tops on Grooveshark
Parce qu'en fait, c'est 4 livres...

lundi 14 janvier 2013

Dostoïevski - L'Idiot

Fiche technique :

Titre : L'idiot
Auteur : Fiodor Dostoïevski
Date de première publication : 1869
Nombre de pages : 900
Taille de l'écriture : Moyenne-petite

Quatrième de couverture :

Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meilleur enfoui en chacun. La trop belle Anastasia, achetée cent mille roubles, retrouve la pureté, Gania Yvolguine le sens de l'honneur et le sanglant Rogojine goûte, un instant, la fraternité.
Dostoïevski voulait représenter l'homme positivement bon. Mais que peut-il face aux vices de la société, face à la passion ?
 Récit admirablement composé, riche en rebondissements extraordinaires, "L'Idiot" est à l'image de la Sainte Russie, vibrant et démesuré. Manifeste politique et credo de l'auteur son oeuvre a été et sera un livre phare, car son héros est l'homme tendu vers le bien mais harcelé par le mal.

Mon avis :

Je vous vois. Je vois vos visages surpris en découvrant le livre du jour. Assurément une expression proche de la mienne pendant le début de ma lecture. Pendant une grande partie de ma lecture en fait. Comment vous en expliquer simplement la raison... Je sais comment résumer (en réalité, ça m'a pris un peu de temps pour trouver le bon mot, mais je vous épargne l'attente) : ce roman est surréaliste.
Par ce terme, je n'évoque par le mouvement culturel (que je suis bien incapable de définir d'ailleurs), mais la sensation de folie et d'absurde qui se dégage de ce livre. Il se veut réaliste, et je pense que dans un certain sens il l'est, mais toute l'histoire est tellement déconnecté de notre époque que j'ai eu du mal à y accrocher et y donner du crédit.

Pour moi, il y a deux problèmes majeurs.
Le premier est, comme je viens de le dire, la déconnexion avec notre réalité. A l'inverse de ce que j'ai écrit il y a quelques jours au sujet d'Isaac Asimov, ce livre est daté. Nous sommes dans la Russie du XIXème siècle, et il faut continuellement s'en souvenir pour comprendre les choses (ou au moins ne pas se dire que c'est totalement n'importe quoi), et même ainsi... C'est particulier. J'ai souvent eu l'impression d'être dans une pièce de théâtre, une pièce de boulevard, une pièce de "portes qui claquent".
La deuxième gêne que j'ai eu a plus rapport avec le fond. La plupart des scènes sont de grandes discussions entre plein de personnages, sur divers sujets (dont peu font véritablement avancés l'histoire). La plupart du temps, cela amène à des débats philosophiques ou métaphysiques, à demi cachés dans les répliques. Avec de l'envie, il y a surement de bonnes choses à en ressortir, mais personnellement je suis un peu passé à travers. Comme le livre en général, les controverses sont plutôt datées, ou ne m'intéressent pas énormément.

Tout n'est pas à jeter, il y a des bons passages et un potentiel pour ceux qui aiment ce genre de littérature. Trouvons même quelques points positifs : le personnage du prince Muichkine (l'idiot) est intéressant, et la fin est assez géniale. Cela sauve un peu le livre.

Pour finir, un petit bonus, un élément que je n'ai pas abordé : les noms des personnages. Le roman commence par un index des personnages de deux pages. Vous rirez peut-être en le voyant, pensant vous souvenir aisément de la vingtaine de noms et ne voyant pas pourquoi il existe. Vous rirez moins quand vous aurez commencé la lecture : les noms russes sont vraiment difficiles à mémoriser (tout du moins sans en avoir l'habitude, j'imagine). Ils ont tendance à se confondre phonétiquement, mais le plus gros problème est ailleurs : chaque individu a un patronyme composé de trois mots ; ajoutez à cela un surnom, un grade et une situation familiale, et vous obtenez au moins 5 façons d'appeler chaque personne. Honnêtement, c'est suffisant pour parfois s'y perdre un peu.

Conclusion :

2/5 : A réserver aux fans d'embrouilles familiales, ou à ceux voulant tenter une expérience de folie et de surréalisme.

Les Cons by Zoufris Maracas on Grooveshark
Parce que... vous devez avoir saisi le rapport.

vendredi 11 janvier 2013

Isaac Asimov - Cailloux dans le ciel

Fiche technique :

Titre : Cailloux dans le ciel
Auteur : Isaac Asimov
Date de première publication : 1950
Nombre de pages : 254
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :

Joseph Schwartz, paisible tailleur retraité, se promène tranquillement dans les rues de Chicago quand un étrange phénomène le propulse des milliers d'années dans le futur. Où la Terre n'est plus qu'une petite planète d'intérêt stratégique secondaire au sein d'un vaste empire galactique. Joseph y est en danger de mort puisque les lois visant à limiter la population frappent d'euthanasie tous les résidents de plus de soixante ans. Or il est âgé de soixante-deux ans... Son destin va heureusement croiser celui de Bel Arvadan, un archéologue sirien qui défend une thèse proprement invraisemblable : la Terre serait le berceau de l'Humanité !

Mon avis :

Je dois avouer une chose : je n'avais jamais lu de livre d'Isaac Asimov. Moi-même je ne sais pas trop comment cela est possible, mais l'erreur est réparée (ou tout du moins en cours de fixation). En cherchant, je peux tout de même dire que j'ai vu le film I, Robot. Ça reste limité.

Bref, je me suis lancé, pour le meilleur et pour le pire. Seulement pour le meilleur en fait, car j'ai vraiment apprécié ce livre. Le gros point fort pour moi est la manière dont Asimov déroule son histoire : pas de temps mort, pas de moments d'ennui, on passe d'une action à une autre simplement, sans avoir des paragraphes et des paragraphes de "blabla" pas forcément utile. C'est simple, c'est clair, c'est fluide.
Attention, ce n'est pas pour autant juste des péripéties lancées les unes après les autres sans logique ni réflexion, il y a une trame et de la cohérence. En parlant de cohérence, on a même le droit à quelques passages d'explications scientifiques pour éclairer certains phénomènes - oui, ma naïveté fait que quelques mots compliqués dans un même paragraphe me donne l'impression que l'auteur cherche une certaine crédibilité (même si personnellement, je ne vois aucune bizarrerie dans le fait de changer d'époque en enjambant une peluche dans la rue).

Une dernière petite chose m'ayant marqué : on ne sent absolument pas que le livre date de 1950. Cela pourrait tout à fait être une oeuvre actuelle, cela passerait de la même manière. Un livre intemporel pour une histoire de saut dans le temps.

Conclusion :

4/5 : A lire, pour passer un bon moment et découvrir le futur de la Terre.

The Scientist by Coldplay on Grooveshark   
Parce que les scientifiques ont une certaine importance dans ce livre.

mardi 8 janvier 2013

Grand Corps Malade - Patients

Fiche technique :

Titre : Patients
Auteur : Grand Corps Malade
Date de première parution : 2012
Nombre de pages : 164
Taille de l'écriture : Moyenne-Grande

Quatrième de couverture :

« J’ai envie de vomir. J’ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J’ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture… Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c’est un vrai calvaire. Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l’ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l’ambulancier qui s’affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d’autres trucs bizarres. Il a de l’eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse. Je sors tout juste de l’hôpital où j’étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés… Bref, je sens qu'on va bien s’amuser. »

A vingt ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine et se déplace les vertèbres. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Il relate ici, dans le style poétique, drôle et incisif qu'on lui connaît, les péripéties truculentes, parfois cocasses, vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation pour handicapés. Jonglant entre émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance.

Mon avis :

Il est vrai que mes lectures principales se trouvent du côté de la science-fiction/fantasy/..., mais je ne me fixe aucune limite (oui, c'est mon côté rebelle). Ainsi, je me suis donc retrouvé à lire Patients. Enfin, je dis "lire", mais je devrais peut-être plutôt dire "dévorer", car en à peu près 2 heures il n'en restait rien.
Bon, il n'est pas bien long, ça aide. Mais au-delà de ça, je l'ai lu d'une traite sans avoir eu une fois l'envie de le quitter, ce qui me semble être un signe d'appréciation. Pour employer une expression totalement dénuée de sens : "ça se lit tout seul" !

Pourtant, l'histoire n'est pas des plus joyeuses : la vie dans un centre de rééducation.
Je vais essayer d'éviter les stéréotypes, du genre "on comprend ce que ça fait d'être tétraplégique". Je ne pense pas qu'on puisse réellement imaginer ce qu'endurent les handicapés en général. De toute manière, ce n'est pas le but ici. Enfin, pas le but premier en tout cas : Grand Corps Malade n'écrit pas pour faire pleurer dans les chaumières (soit dit en passant, plus personne n'a de chaumière), ni pour s'apitoyer. On n'est pas dans le larmoyant, ni dans le documentaire télévisuel chiant.
Non, dans ce livre, Grand Corps Malade exprime simplement les choses telles qu'elles sont, telles qu'il les a vécues, avec le plus souvent une pointe d'humour rendant le texte irrésistible. Je ne vais pas m'éterniser sur cela, la quatrième de couverture l'exprime très bien.

Un livre parfois triste, parfois drôle, parfois les deux en même temps. En tout cas, un livre qui se lit toujours avec plaisir. Et puis, si vous connaissez un peu Grand Corps Malade et que vous appréciez ses textes, foncez, c'est dans la même veine. Si vous ne le connaissez pas (mais si, vous savez, le monsieur avec une canne, qui a popularisé le slam en France), cela sera l'occasion !

Conclusion :

4/5 : A lire, pas trop long, pas trop con.

Les voyages en train by Grand Corps Malade on Grooveshark

samedi 5 janvier 2013

J.R.R. Tolkien - Le Silmarillion

Fiche technique :

Titre : Le Silmarillion
Auteur : J.R.R. Tolkien
Année de première parution : 1977
Nombre de pages : 478 (environ 400 de récit)
Taille de l'écriture : Moyenne-petite

Quatrième de couverture :

Les Premiers Jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d'apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d'Angband. Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toute les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l'Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore.

Mon avis :

Amis de la généalogie et de la cartographie, ce livre est pour vous !
En effet, avec 20 personnages et 15 lieux différents par page, il vous faudra des connaissances dans ces deux domaines pour espérer suivre complètement l'histoire. Mais ne nous précipitons pas, et commençons par le commencement.

Ah, Tolkien. Tolkien ! Que celui n'en ayant jamais entendu parler me jette le premier hobbit !
Le Seigneur des Anneaux est un classique, Bilbo le Hobbit aussi dans une moindre mesure (mais son statut est définitivement en cours de modification). Le Silmarillion était pour moi la dernière pierre du triptyque des oeuvres majeures de Tolkien, et la seule que je n'avais pas encore lue. Je me suis donc attelé à corriger mon ignorance, profitant de la sortie de la première partie du Hobbit (que j'ai, au passage, trouvé très bon) pour me faire une période Tolkien. J'en parle car je pense que cela m'a aidé dans ma lecture : j'étais déjà dans l'univers, j'avais envie d'en savoir plus. Sans cela, je pense que j'aurais eu un peu plus de mal.

Mais Le Silmarillion, qu'est-ce que c'est ? C'est une oeuvre posthume, publié quelques années après la mort de Tolkien par son fils Christopher, qui compile 5 histoires (4 courtes et 1 longue) : 3 sur la création du monde et le Premier Age (dont la partie sur les Silmarils, la plus importante, qui donne son nom au livre) ; 1 sur le Second Age et le Royaume de Numenor ; 1 sur le Troisième Age et les anneaux de pouvoir.

Deux choses importantes : si vous n'avez jamais lu de Tolkien, ne commencez pas par celui-ci ; si vous en avez déjà lu, ne vous attendez pas à la même chose. Le Silmarillion est différent, plus compliqué. Vous aurez plus à faire à un manuel d'histoire qu'à un roman. Il y a réellement un nombre considérable de noms de personnages et de lieux, qui rendent la lecture parfois un peu difficile. Pour preuve, à la fin vous trouverez une cinquantaine de pages hors récit, avec notamment un index des personnages, quelques arbres généalogiques et des cartes.

Vous en êtes arrivés à la conclusion que je n'ai pas aimé ? Et bien non ! Malgré quelques passages où j'ai un peu lâché prise, j'ai apprécié ce livre. On rentre dans les fondements d'un univers mythique et on découvre des tonnes de choses. En en sortant, j'ai eu l'impression d'avoir acquis un savoir. Bien sûr, je n'ai pas pu tout ingurgiter, mais pourquoi ne pas y revenir y lire un chapitre, au hasard, ou bien pour chercher un élément précis.

Pour terminer, deux petites remarques : si vous êtes fan des elfes, vous en aurez pour votre argent ; ne vous fiez pas à la couverture, Gandalf contre le Balrog ce n'est pas dans ce livre.

Conclusion :

3/5 : A réserver aux fans de l'univers de Tolkien, en connaissance de cause.

jeudi 3 janvier 2013

Andreas Eschbach - Des milliards de tapis de cheveux

Fiche technique :

Titre : Des milliards de tapis de cheveux
Auteur : Andreas Eschbach
Année de première parution : 1995
Nombre de pages : 316
Taille de l'écriture : Moyenne

Quatrième de couverture :


Quelque part aux confins de l’Empire, sur un monde oublié de tous... une petite planète apparemment anodine. Sauf que depuis des temps immémoriaux, les hommes s'y livrent à une étrange occupation : Tisseurs de père en fils, ils fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le Palais des Étoiles de l'Empereur.
Pourtant, une étrange rumeur circule. On raconte ça et là que l'Empereur n'est plus. Qu'il serait mort, abattu par des rebelles. Mais dans ce cas, à quoi peuvent donc servir ces tapis ? Et qui est cet homme si étrange qui prétend venir d'une lointaine planète ? Lui aussi affirme que l'Empereur est mort...


Mon avis :

   Je crois que la lecture d'un livre de science-fiction allemand était une première pour moi. Et même si le caractère germanique de l'oeuvre importe peu quand on lit en français, c'est tout à fait symbolique (et insignifiant) qu'elle soit ma première critique.

   Mais son pays d'origine n'est pas la seule originalité de ce titre. En effet, la narration de l'histoire n'est pas tout à fait habituelle, suivant un (ou quelques) personnage/héros au fil d'une histoire, du début à la fin. Non, ici, chaque chapitre suit un personnage différent, avec sa propre histoire. Le tout s'imbrique par des références à de mêmes évènements d'un chapitre à l'autre, et par la trame de fond : les tapis de cheveux.
Et cette particularité (que j'ai un peu de mal à expliquer) est à la fois un point positif et un point négatif.
D'un côté, c'est un peu perturbant. On s'attend à revoir un personnage, à connaitre la suite de son histoire, on s'attache un peu, ... et non, on ne le revoit jamais, on en saura pas plus, ou seulement en arrière-plan dans un autre chapitre. Cela peut être un peu frustrant. Mais, positivement, cela donne aussi au roman un rythme et un renouvellement constant. Pas le temps de s'ennuyer, ou de sortir du livre.

   Personnellement, après un petit temps d'adaptation, j'ai réussi à abandonner les points négatifs, et à admirer cela comme un cachet tout particulier. A chacun de voir comment il le vit.
Concernant le fond, nous ne sommes pas ici dans de la science-fiction avec énormément d'action. C'est plutôt calme. On s'installe dans un univers, on apprend à le connaitre, puis on résout le mystère petit à petit. Simple et efficace.

   Une raison bonus de le lire ? La couverture que j'ai trouvé vraiment belle (et qui a du sens, vous la comprendrez en lisant), qui permet de rentrer dans le livre avec un esprit positif.

Conclusion :

4/5 : A lire, au moins pour essayer cette forme originale.